Crise étudiante - L’opposition se moque de la commission d’examen

Le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron

Les principaux partis d’opposition ont tourné en dérision, jeudi, la Commission spéciale d’examen des événements du printemps 2012, annoncée la veille par le gouvernement péquiste. Ne manque que l’ex-leader étudiant Gabriel Nadeau-Dubois pour siéger à la commission, a ironisé le député libéral Robert Poëti, au cours d’une période de questions houleuse qui a porté presque exclusivement sur le sujet.

« Serge Ménard, ancien ministre péquiste et ex-député du Bloc, présidera la commission. Ce n’est pas un ami, ça ? Ce n’est pas partisan ? Avez-vous pensé, monsieur le ministre, à demander à Gabriel Nadeau-Dubois d’agir comme secrétaire de la commission ? », a-t-il lancé à l’intention du ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron.


Huis clos dénoncé


Libéraux et caquistes jugent que cette commission, dépourvue du pouvoir de contrainte à témoigner et tenue à huis clos, est teintée de partisanerie politique. Selon eux, l’exercice est également partial contre la police, comme en fait foi son mandat d’examiner les techniques utilisées par les forces policières lors des manifestations. « Vous pensez que les policiers ne font pas un bon travail au Québec ? En demandant aux gens “Venez vous plaindre”, c’est un désaveu. Vous avez perdu la confiance de vos policiers », a argué le député de Marguerite-Bourgeoys, Robert Poëti.


La nomination par décret de l’ancienne présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, au poste de commissaire illustre aussi le préjugé de la commission en faveur des manifestants, a soutenu le député Gérard Deltell de la Coalition avenir Québec (CAQ). À l’appui de ses dires, il a cité un texte signé par Mme Carbonneau le 10 août dernier dans lequel elle vante la « maturité » du mouvement étudiant et dénonce « l’approche méprisante et matamore à l’égard de la jeunesse ». « [La CSN] a financé au moins pour 35 000 $ les carrés rouges, elle a publié six communiqués qui attaquaient les policiers et elle a engagé Gabriel Nadeau-Dubois », a soulevé le député de Chauveau.


Le ministre Stéphane Bergeron s’est évertué à défendre l’indépendance de la commission dirigée par l’ancien ministre péquiste Serge Ménard, aux côtés de Mme Carbonneau et de l’ex-juge Bernard Grenier. Que ce soit à propos du travail des policiers ou des gestes commis par les « agitateurs », la commission entendra « tous les Québécois et toutes les Québécoises » qui veulent donner leur point de vue, a-t-il insisté.

À voir en vidéo