Onde de choc au congrès de l’UMQ

L’arrestation de Gilles Vaillancourt a créé une onde de choc au Palais des congrès, où s’ouvraient, jeudi matin, les 92es Assises annuelles de l’Union des municipalités du Québec (UMQ). Bien que les déboires du maire de Laval et les questions d’intégrité aient accaparé les conversations, les élus municipaux ont tenu à ce que leurs revendications en matière de réforme fiscale et d’autonomie soient entendues.

Les scandales qui secouent plusieurs administrations municipales au Québec éclaboussent toute la classe politique, a déploré le président de l’UMQ, Éric Forest, lors de son discours d’ouverture. « Les élus municipaux ont souvent l’impression d’avoir servi de chair à canon au cours des dernières années », a-t-il avancé.


Selon lui, la très grande majorité des 8000 élus municipaux au Québec n’enfreignent pas les règles. « La réglementation abusive n’est pas la solution aux problèmes du Québec. Ce dont le monde municipal et les citoyens ont besoin, c’est d’une plus grande transparence, d’une meilleure reddition de comptes envers les citoyens, afin de regagner leur confiance », a expliqué M. Forest, qui a été réélu mercredi soir à la présidence de l’UMQ pour une durée d’un an.


Révision de lois


Présente pour l’ouverture des Assises, la première ministre Pauline Marois s’est montrée favorable à la révision des lois municipales visant notamment à accorder une plus grande autonomie aux municipalités. « Ça va bien au-delà des questions de fiscalité parce que l’entente devra prévoir, sur une période de 10 ans, des revenus stables et prévisibles pour les municipalités tout en tenant compte de la capacité financière du gouvernement, a-t-elle dit. Le Livre blanc que vous avez préparé contient des pistes de réflexion très intéressantes et qui nous inspirent. »

 

Livre blanc


Le gouvernement péquiste a entamé des discussions avec les municipalités québécoises pour conclure prochainement une nouvelle entente de partenariat. Dans le Livre blanc sur l’avenir des municipalités rendu public en novembre dernier, l’UMQ revendique notamment de nouveaux revenus tels que le remboursement de la Taxe de vente du Québec.


«Je suis rassurée par l’ouverture démontrée par la première ministre envers le Livre blanc. Je suis très conscient de la situation actuelle des finances publiques du Québec», a commenté Éric Forest.


Les chefs du Parti libéral du Québec et de la Coalition avenir Québec ont également profité de leur passage aux assises de l’UMQ en fin de journée pour appuyer l’idée d’une entente incluant un nouveau pacte fiscal et une charte des municipalités. Ils souhaitent que cette entente n’augmente pas le fardeau des contribuables, mise sur une plus grande décentralisation et évite une application « mur à mur » sans tenir compte des particularités de chaque région.


« Même s’il y a deux ordres de gouvernement dans cette discussion, n’oublions pas qu’il y a un seul ordre de contribuables », a souligné Philippe Couillard.


« Ceux qui sont les mieux placés pour répondre aux besoins des citoyens sont ceux qui sont près des citoyens. Il faut transférer les fonds [aux municipalités] », a pour sa part noté François Legault.