Couillard prend ses distances du financement à la Charest

Philippe Couillard s’est dit heureux des changements apportés dernièrement au financement des partis politiques
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Philippe Couillard s’est dit heureux des changements apportés dernièrement au financement des partis politiques

Québec — Philippe Couillard a soutenu qu’il n’a jamais fait de financement sectoriel en faisant la tournée de bureaux de comptables, d’avocats ou de chefs d’entreprise, à l’instar de Jean Charest.


« Quand on parle de financement sectoriel, on veut dire cibler un secteur particulier. Je n’ai jamais vu ça. Je n’ai vu que du financement légal avec des gens qui recueillaient des fonds selon les directives du DGE [Directeur général des élections] », a déclaré l’ancien ministre de la Santé et des Services sociaux.


Le chef libéral réagissait à la divulgation par La Presse d’informations provenant d’anciens agendas de Jean Charest alors qu’il était chef de l’opposition officielle, agendas dont le quotidien a obtenu une cinquantaine de pages.


Ces agendas montrent que Jean Charest était impliqué au quotidien dans le financement « sectoriel » du parti, selon ce qui est rapporté, avec un de ses proches et un collecteur de fonds émérite du PLQ, Marc Bibeau, chef des entreprises Shockbéton et Beauward.


Ainsi, le 28 novembre 2001, le chef libéral s’était programmé, à compter de 14 h, une tournée des bureaux de la Place Ville-Marie où loge le cabinet du chef de l’opposition officielle. Il va serrer les mains de hauts gradés chez Desjardins Valeurs mobilières au 26e étage, Transcontinental au 33e et Samson Bélair au 30e. Inscrit à l’agenda du chef libéral : « Marc Bibeau-sectoriel » ou encore « sectoriel-MB ».


Pour sa part, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a rappelé que le Parti québécois recourait également au financement sectoriel quand il était ministre. « Par contre, se promener d’étage en étage à la Place Ville-Marie, c’est assez particulier », a-t-il fait observer. Selon lui, Marc Bibeau est « quelqu’un qui devrait être entendu à la commission Charbonneau ».

 

532 entreprises


Dans un décompte qu’il a rendu public au début d’avril, le directeur général des élections du Québec (DGEQ), Jacques Drouin, a évalué que des employés de 532 entreprises et leurs proches ont versé près de 13 millions à des partis politiques entre 2006 et 2011, surtout au PLQ. Le financement dit sectoriel provient de plusieurs personnes liées à des entreprises - firmes d’ingénieurs, entreprises de construction, cabinets d’avocats, bureaux de comptables. Ce financement peut être fait en toute légalité, mais il peut aussi être intimement lié à l’usage des prête-noms, avait prévenu le DGEQ, qui mène actuellement une enquête.


Philippe Couillard s’est dit heureux des changements apportés dernièrement au financement des partis politiques. « L’environnement dans lequel on va faire de la politique maintenant […] est considérablement plus agréable lorsqu’on n’a pas cette pression de financement qui existait auparavant », a affirmé le chef libéral.

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