Une solution «sécuritaire» au jeu illégal

Le Casino de Montréal. Québec estime que la part des dépenses de jeu faites dans des casinos illégaux - notamment en ligne - est passée de 17,1 % à 31,8 % en sept ans, de 2002 à 2009.
Photo: - Le Devoir Le Casino de Montréal. Québec estime que la part des dépenses de jeu faites dans des casinos illégaux - notamment en ligne - est passée de 17,1 % à 31,8 % en sept ans, de 2002 à 2009.

Le gouvernement Marois affirme que la vente prochaine d’alcool aux tables de jeu dans les casinos vise à ramener les Québécois vers les établissements de Loto-Québec, qui subissent une rude concurrence des sites de jeu illégaux, selon le ministère des Finances.

Québec estime que la part des dépenses de jeu faites dans des casinos illégaux - notamment en ligne - est passée de 17,1 % à 31,8 % en sept ans, de 2002 à 2009. Ces dizaines de milliers de dollars aboutissent dans les poches d’entreprises illégales plutôt que dans les coffres de l’État québécois, fait valoir le ministre des Finances, Nicolas Marceau.


Il soutient aussi que le jeu dans les casinos québécois est mieux encadré qu’ailleurs - même avec l’offre prochaine d’alcool aux tables de poker, de black jack et de machines à sous.


« L’objectif que nous poursuivons, c’est de ramener les Québécois du cadre illégal, dans lequel ils jouent présentement, vers le cadre sécuritaire, le cadre responsable de Loto-Québec », a dit le ministre Marceau, mercredi, à la période des questions à l’Assemblée nationale.


« Il y a, dans les casinos, des gens qui sont responsables et qui détectent les gens qui sont intoxiqués, il y a des programmes d’auto-exclusion », a ajouté Nicolas Marceau.

 

Vendre son âme au diable


Les libéraux ont bombardé le gouvernement de questions après l’annonce de la fin de l’interdiction de l’alcool dans les aires de jeu des casinos, annoncée la veille par le président de Loto-Québec, Gérard Bibeau. Celui-ci a expliqué que les clients des casinos réclamaient depuis longtemps de pouvoir consommer de l’alcool dans les aires de jeu, comme ça se fait partout ailleurs en Amérique du Nord. Les quatre casinos du Québec étaient les seuls du continent à bannir l’alcool aux tables de jeu, pour empêcher les dépenses excessives dues à l’abus d’alcool.


L’opposition libérale et des experts en santé publique ont laissé entendre que le gouvernement vend son âme au diable pour atteindre à tout prix l’équilibre budgétaire. Dans son budget déposé l’automne dernier, le ministre Marceau demande à Loto-Québec de générer des revenus additionnels de 50 millions dès cette année et de 90 millions l’an prochain.


« Si les gens perdent leur contrôle [à cause de l’alcool], ils vont s’endetter plus, ça va amener des problèmes sociaux, ça va juste causer, chez des gens qui sont déjà très vulnérables, une plus grande dépendance », a dit Yves Bolduc, ancien ministre de la Santé, au cours d’un point de presse à Québec.


Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, s’est défendu en rappelant que la consommation d’alcool est déjà permise pour les adeptes des 12 000 appareils de loterie vidéo situés dans des bars. « Je pense qu’il faut arrêter de se cacher la tête dans le sable et faire en sorte que les casinos puissent être compétitifs par rapport à nos voisins et par rapport à ce qui se passe dans les réserves indiennes. »

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