L’assurance autonomie et les femmes

Les conditions de travail des femmes qui oeuvrent en soutien à domicile devraient s’améliorer grâce à l’assurance autonomie, selon le ministre de la Santé, Réjean Hébert. « Les conditions de travail, c’est lié au financement, et le financement, avec l’assurance autonomie, est au rendez-vous », estime le ministre dans un enregistrement obtenu par Le Devoir. Pour le ministre, le sort des proches aidantes, bénévoles et bénéficiant de peu de soutien, est le plus préoccupant.

Il s’exprimait ainsi lors de la période de questions qui a suivi son allocution au colloque de l’Association québécoise de gérontologie, le 22 mars dernier. L’AQG n’a publié que l’allocution officielle sur son site, mais elle a fourni la suite à la demande du Devoir.


Dans Le Devoir de lundi, la chercheuse Louise Boivin soutenait, recherche à l’appui, que les économies faites grâce au virage vers les soins à domicile risquent de se faire « sur le dos des employées qui dispenseront ces services », faiblement rémunérées.


À un intervenant qui soulevait les mêmes inquiétudes que Mme Boivin lors du colloque, le ministre avait répliqué que les salaires des femmes « vont augmenter parce qu’on va mieux financer ». Le ministre ajoutait que ces emplois valent mieux que le statu quo : « des femmes ne reçoivent rien pantoute et s’occupent de leurs parents à domicile dans des conditions extrêmement difficiles, sans qu’il y ait aucune rémunération, aucun soutien social. Ces femmes, souvent, sont obligées de quitter leur emploi rémunérateur pour être capables de s’occuper de leurs parents et leurs grands-parents. Ça, ça me préoccupe encore plus ».


Comme il s’est penché sur les impacts du Plan Nord sur les femmes, le Conseil du statut de la femme pourrait examiner ceux de l’assurance autonomie. L’étude de Louise Boivin « semble démontrer ce qu’on affirme historiquement, c’est-à-dire que même si les conditions de travail des femmes dans ce secteur se sont améliorées, elles ne donnent pas encore entière satisfaction », dit Marie-Andrée Lefebvre, relationniste au CSF.

 

Place du privé : confiance au marché


À une question d’une intervenante qui s’inquiétait de l’accès aux services à domicile dans certaines régions, Réjean Hébert répond, toujours dans l’enregistrement du colloque de l’AQG, que le marché devrait équilibrer l’offre et la demande. « Quand ouvre le marché aux entreprises d’économie sociale, aux organismes communautaires, aux entreprises même lucratives, on développe un marché », indique le ministre, ajoutant que, « si dans une région comme la Gaspésie le réseau public n’a pas développé les services de soins à domicile, il y a un marché intéressant pour les autres acteurs ».


Lors de cette période de questions, le ministre précise également qu’il souhaite encadrer les prestataires privés en instaurant un mécanisme d’accréditation.


Réjean Hébert souligne également que la formation devra être développée davantage pour soutenir le déploiement de l’assurance autonomie.

LE COURRIER DE LA COLLINE

Nouvelle infolettre

Chaque jeudi, l'équipe du Devoir à Québec résume l'essentiel de la semaine parlementaire. Retrouvez aussi la note de Michel David, notre chroniqueur politique. Inscrivez-vous, c'est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.