Québec investira 92,3 milliards sur 10 ans dans ses infrastructures

Stéphane Bédard a déclaré que c'était «fini la frime» et qu'il souhaite «rétablir cohésion entre les choix d'investissement et la capacité de payer des Québécois».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Stéphane Bédard a déclaré que c'était «fini la frime» et qu'il souhaite «rétablir cohésion entre les choix d'investissement et la capacité de payer des Québécois».

Le gouvernement du Québec injectera 92,3 milliards au cours des dix prochaines années dans des travaux d'infrastructures.

Présenté jeudi, le Plan québécois des infrastructures (PQI 2013-2023) s'étale sur une décennie plutôt que sur cinq ans comme c'était le cas auparavant. Pour l'année courante, il prévoit des investissements de l'ordre de 11,08 milliards.

De ce montant, 2,5 milliards seront consacrés à des travaux routiers et une somme presque équivalente, 2,4 milliards, pour des projets reliés au secteur de la santé. Les infrastructures municipales, les établissements scolaires et universitaires de même que les équipements culturels se partageront près de 3 milliards.

D'autres investissements sont prévus notamment en matière de transport collectif (986 millions), pour les logements sociaux (361 millions) et en ressources informatiques (561 millions .

Le PQI ne comprend pas les investissements d'Hydro-Québec et des différentes sociétés d'État.

Pour améliorer la supervision et le suivi des dossiers, le PQI 2013-2023 comporte trois catégories qui se déclinent ainsi: projets à l'étude (300 millions), en planification (22 milliards) et en réalisation (70 milliards). Deux dossiers d'envergure, l'échangeur Turcot et l'hôpital de Baie-Saint-Paul, figurent parmi les projets libellés «en cours de réalisation».

Le classement de chacune des catégories sera révisé chaque année.

«Les projets seront dorénavant inscrits et déposés à chaque année, et les Québécois pourront suivre, peu importe où ils se trouvent au Québec, l'avancement des projets», a indiqué le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, en conférence de presse.

Surveillance serrée


Québec entend exercer une surveillance serrée des projets pour éviter des dérapages et des annonces improvisées «non budgétées», une pratique mise en lumière l'automne dernier dans un rapport de la firme KPMG.

«On avait pris des engagements envers la population, et on ne pouvait les honorer, tout simplement parce que l'ancien gouvernement avait décidé de ne pas provisionner et d'y aller avec des annonces purement électoralistes sans se soucier que les sommes étaient au rendez-vous», a expliqué M. Bédard.

Désormais, «un ministre ne pourra plus, comme on a vu, se promener un peu partout en région, surprendre même, dans certains cas, les agences régionales, [et] annoncer des projets qui n'étaient pas prévus», a-t-il précisé.

Pour colmater toutes les brèches, le mécanisme d'autorisation des grands projets d'infrastructure sera revu. Le ministre Bédard a convié les partis d'opposition à appuyer le projet de loi en ce sens qui sera déposé «dans les prochains jours».

L'investissement annuel moyen pour les cinq prochaines années sera de 9,5 milliards et diminuera à 8,9 milliards pour les années subséquentes. L'écart s'explique par le fait que les grands projets hospitaliers montréalais (CHUM, CUSM, Sainte-Justine) «ont un impact à court terme» sur le PQI, a souligné le président du Conseil du trésor.

La CAQ critique


En réaction, la Coalition avenir Québec (CAQ) a reproché au gouvernement Marois de «renier» son engagement pris l'automne dernier de publier la liste de tous les projets dont le financement figure au plan des infrastructures.

Le PQI 2013-2023 se limite à inscrire les montants alloués pour chacun des secteurs (route, santé, éducation, etc.) sans identifier de projets précis.

Or, sans ces données, les parlementaires «sont laissés dans l'obscurité», a dénoncé le député Éric Caire, en point de presse.

À son avis, le gouvernement du Parti québécois se réserve tout le loisir de «joue[r] avec les investissements à des fins électoralistes».

Quant à l'opposition libérale, le député Pierre Arcand a accusé le ministre Bédard de jeter de la poudre aux yeux pour occulter une baisse importante des investissements dans les grands ouvrages par rapport aux engagements du gouvernement précédent.

«Le président du Conseil du trésor essaie de masquer cette réduction de 15 milliards du programme québécois des immobilisations. Il essaie de cacher le fait que ce sont 15 milliards de moins sur une période de 10 ans qu'il propose aujourd'hui aux Québécois», a évoqué M. Arcand.

Aussi, en scrutant les chiffres, le député de Mont-Royal a dit avoir relevé une diminution de 10 % au chapitre de l'entretien des infrastructures.

«Pour nous, c'est une considération sécuritaire qui nous inquiète», a-t-il dit.
6 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 25 avril 2013 14 h 09

    Alors le coût d'un tram pour Montréal...

    n'apparaît plus si excessif, non?

  • Christian Montmarquette - Abonné 25 avril 2013 15 h 42

    92,3 milliards dans les infrastructures


    Il est stupéfiant de constater comme il semble si difficile de trouver de l'argent pour ceux qui en ont le plus besoin, et si facile de trouver des dizaines de milliards à mettre dans du béton..

    Un gouvernement qui répare les routes avant d'augmenter l'aide sociale, c'est comme un père de famille qui ferait faire sont entrée de garage avant de nourrir ses enfants.

    Christian Montmarquette
    QS-Montréal

    .

    • Marc Blanchard - Inscrit 25 avril 2013 16 h 53

      Créer des emplois sert aussi à sortir les gens de la pauvreté. Le plein emploi, c'est le moyen choisi par les pays scandinaves pour éviter que les gens soient sur l'aide sociale (ou son équivalent).

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 avril 2013 19 h 30


      À Marc Blanchard,

      «Créer des emplois sert aussi à sortir les gens de la pauvreté.»-Marc Blanchard

      Parce que vous pensez que tous les prestataires de l'aide sociale sont habiletés à travailler dans la construction ou pour la voirie ?

      Il y a sans cesse de 5 à 7% de chômage au Québec, où le plein emploi n'a jamais d'ailleurs jamais existé. Comment se fait-il alors que les 40 milliards investis par les libéraux durant leur dernier mandat n'aient strictement rien changé à la situation?

      Christian Montmarquette
      QS-Montréal

      .

  • Marc Blanchard - Inscrit 25 avril 2013 20 h 36

    5%, c'est le plein emploi.

    Arrêtez vos rengaines idéologiques

    • Christian Montmarquette - Abonné 26 avril 2013 12 h 23

      À Marc Blanchard,

      «5%, c'est le plein emploi. Arrêtez vos rengaines idéologiques»-Marc Blanchard

      Vous qualifiez de «rengaines idéologiques» une revendication pour couvrir les besoins essentiels de personnes qui manquent du minimum nécessaire? M'accordez-vous au moins le droit de trouver vos propos quelque peu condescendants?

      Selon vos propres dires donc..

      S'il est impossible de mettre «100%» de la population au travail et que malgré tous les beaux projets du gouvernement, il reste sans cesse «5%» de chômeurs au Québec..

      - Qu'est-ce que vous faites pour mettre au travail les «5%» qui sont l'aide sociale?

      Vous congédiez 5% de ceux qui travaillent pour les mettre au chômage et donnez ces emplois aux «5%» des prestataires de l'aide sociale et vous vous retrouver avec «10%» de chômeurs?

      Vous voyez bien que votre théorie ne tient pas debout.

      L'aide sociale n'a pas été créée pour mettre à l'emploi ceux qui ne travaillent pas, mais justement parce que la société est incapable d’intégrer et de fournir des emplois à tout le monde.

      Christian Montmarquette
      QS-Montréal

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