Hydro-Québec: Péladeau assure qu'il prendra les précautions nécessaires

Pierre Karl Péladeau devrait s'absenter de toute délibération à la société d'État où il est question de Québecor.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Pierre Karl Péladeau devrait s'absenter de toute délibération à la société d'État où il est question de Québecor.
Québec — Québecor confiera à son secrétariat corporatif le mandat de déterminer comment le président et chef de la direction Pierre Karl Péladeau évitera les situations de conflit d'intérêts lorsqu'il est question d'Hydro-Québec dans le cadre des activités de son entreprise, a indiqué lundi un porte-parole.

La semaine dernière, le ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée, a déclaré qu'un «mur de Chine» devrait être érigé entre les activités de M. Péladeau à Québecor et à Hydro-Québec, dont il sera président du conseil d'administration.

Le bureau de M. Lisée a par la suite précisé que M. Péladeau devrait s'absenter de toute délibération à la société d'État où il est question de Québecor, mais aussi lors des discussions dans son entreprise où des dossiers concernant Hydro-Québec sont abordés.

Le vice-président affaires publiques de Québecor, Martin Tremblay, a déclaré lundi que M. Péladeau se conformera au code d'éthique des administrateurs d'Hydro-Québec, qui prévoit que ses membres se retirent des délibérations où il existe un risque de conflit d'intérêts.

La gestion de ces situations au sein de Québecor sera confiée au secrétariat corporatif de l'entreprise du secteur des télécommunications et des médias, a affirmé M. Tremblay lors d'une entrevue.

Par ailleurs, en marge d'un événement du Conseil du patronat du Québec (CPQ), M. Péladeau a assuré qu'il prendra les précautions nécessaires pour éviter tout conflit d'intérêts avec ses nouvelles activités à Hydro-Québec.

«Je n'ai jamais eu à me mêler des salles de rédaction, alors je dirige les activités dans plusieurs secteurs, a-t-il dit. C'est clair qu'il y a des relations qui existent depuis de nombreuses années entre des filiales de Québecor Média et Hydro-Québec, nous allons les identifier et nous assurer qu'effectivement on puisse travailler à distance, pour assurer qu'il n'y aura aucun conflit d'intérêts.»
5 commentaires
  • Marc Blanchard - Inscrit 22 avril 2013 20 h 31

    Je trouve très bien que Péladeau soit à Hydro-Québec. Pourquoi pas?

    • Simon-Pierre Chevarie Cossette - Abonné 22 avril 2013 23 h 39

      Pour préserver une séparation des pouvoirs, dans le cas, les pouvoirs médiatique et "exécutif". Évidemment, siéger sur le CA de la vache à lait de la société québécoise, ce n'est pas comme être élu à l'Assemblée nationale, mais disons que des précautions s'imposent.

      Par ailleurs, la teneur antisociale de la majorité des quotidiens et véhicules médiatiques de Québécor laisse planer le risque qu'une telle idéologie soit importée dans l'appareil gouvernemental. On parle de privatisation, de hausse des tarifs (y compris pour les moins nantis, donc), etc.

  • André Champagne - Abonné 22 avril 2013 21 h 19

    Nomination intéressante.

    Monsieur Péladeau est un homme d'affaires d'expérience. Il saura faire la part des choses et respecter le code d'éthique d'Hydro Québec. Il faut faire confiance tout en demeurant attentif.

  • Michel Lebel - Abonné 22 avril 2013 23 h 10

    Manque de jugement!

    Cette nomination de Pierre Karl Péladeau témoigne d'un autre manque de jugement de Mme Marois. Un très influent baron des médias n'a pas sa place à la tête d'Hydro-Québec. C'est incompatible, indépendamment des "précautions nécessaires".


    Michel Lebel

  • Patrick Asselin - Inscrit 23 avril 2013 01 h 00

    "Je n'ai jamais eu à me mêler des salles de rédaction"

    "Je n'ai jamais eu à me mêler des salles de rédaction" ... surtout depuis l'affaire Louis Morissette. En effet, plus personne n'ose contredire le patron, car on sait comment le patron peut réagir.

    Curieusement, aucun journaliste du Journal de Montréal, même ceux associés à l'IEDM, ne s'est opposé au financement public de l'amphithéâtre de Québec. Un joujou financé par Québec à hauteur de 200 millions. Curieuse unanimité, fondamentalement partisane, à la limite du totalitarisme.