La CAQ décidera du sort du projet de loi 14

Le refus net de l’opposition libérale d’appuyer le gouvernement au sujet du projet de loi 14 n’étonne pas la ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane De Courcy.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Le refus net de l’opposition libérale d’appuyer le gouvernement au sujet du projet de loi 14 n’étonne pas la ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane De Courcy.

Le sort du projet de loi 14 sur la langue française repose sur les épaules de la Coalition avenir Québec (CAQ).


L’opposition libérale a indiqué jeudi qu’elle votera contre le principe même du projet de loi qui modifie la Charte de la langue française, refusant ainsi d’en faire l’étude article par article. De ce fait, elle laisse à la CAQ la responsabilité de permettre ou non au gouvernement minoritaire d’enclencher la réforme.


Mais la formation de François Legault fait durer le suspense. Le parti est « en réflexion » et prendra une décision en caucus, a indiqué un porte-parole de l’aile parlementaire.


Au cours des dernières semaines, la commission parlementaire a entendu 76 groupes et individus et reçu 86 mémoires. Certains participants, comme le Barreau du Québec et la Commission des droits de la personne, ont exprimé des inquiétudes quant à certaines dispositions du projet de loi, notamment au chapitre de la protection des minorités.

 

Pas une surprise


Le refus net de l’opposition libérale d’appuyer le gouvernement n’étonne pas la ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane De Courcy. « Je n’avais pas physiquement déposé le projet de loi qu’ils avaient déjà décidé de voter contre », a-t-elle dit avec un brin d’ironie.


De son côté, la CAQ s’oppose à ce que les militaires francophones perdent le droit d’envoyer leurs enfants à l’école anglaise, aux exigences de francisation imposées aux entreprises de 26 à 49 employés et au retrait du statut bilingue que détiennent certaines municipalités.


Si la ministre est prête à concéder quelques amendements et aménagements réglementaires, elle ne semble pas vouloir fléchir sur les points litigieux, comme la question des militaires, la francisation des petites entreprises et l’accès aux cégeps anglophones. Elle insiste aussi sur l’exigence, posée aux entreprises, de justifier l’imposition du bilinguisme comme condition d’embauche.


Le français a « reculé » ces dernières années et un coup de barre s’impose, a signifié Mme De Courcy, déterminée à inscrire dans la Charte des droits et libertés de la personne « le droit de vivre et de travailler en français au Québec ».


Pour la suite des choses et dans l’attente de la décision de la CAQ, la ministre a promis de faire preuve de « sensibilité » à l’égard des objections exprimées et d’oeuvrer pour que le projet de loi mène à « une zone de confort collectif ».


D'après La Presse canadienne

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