Commission d’examen sur l’assurance-emploi - Duceppe s’éloigne de la gouvernance souverainiste

Rita Dionne-Marsolais et Gilles Duceppe coprésideront la Commission nationale d’examen sur l’assurance-emploi.
Photo: - Le Devoir Rita Dionne-Marsolais et Gilles Duceppe coprésideront la Commission nationale d’examen sur l’assurance-emploi.

Le gouvernement Marois en a fait le premier jalon de sa « gouvernance souverainiste ». Mais le mandat de la Commission nationale d’examen sur l’assurance-emploi aurait tout aussi bien pu s’inscrire dans un contexte de gouvernance fédéraliste, a affirmé mardi son coprésident, Gilles Duceppe.

En lançant officiellement les travaux de la Commission en matinée, M. Duceppe a pris soin de ne pas trop associer la démarche au plan de gouvernance souverainiste du gouvernement. « Il y a cinq points à notre mandat, et on ne parle pas de gouvernance souverainiste », a souligné l’ancien chef du Bloc québécois lors de sa première conférence de presse depuis mai 2011.


« Le mandat qu’on a aurait tout aussi bien pu s’inscrire dans une gouvernance fédéraliste, et j’aurais accepté [d’y participer] », a-t-il dit. Interrogé pour savoir s’il n’aurait pas été plus facile pour les membres de la Commission de mener leurs travaux sans porter le sceau officiel de la gouvernance souverainiste (le gouvernement Marois a présenté la Commission comme étant le premier élément de ce plan), Gilles Duceppe a indiqué que « c’est aux élus de répondre ».


Quand la création de la Commission a été annoncée (fin mars), les deux partis d’opposition à Québec ont vivement dénoncé le choix de Gilles Duceppe comme coprésident (avec l’ancienne ministre péquiste Rita Dionne-Marsolais). Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, avait parlé d’une nomination purement partisane. « La crédibilité qu’il a, c’est d’être un agent provocateur », disait quant à lui Jean-Marc Fournier, chef de l’opposition.


Mardi, Gilles Duceppe a justifié la compétence de son équipe « multidisciplinaire » en soulignant que les quatre membres ont une « expérience et une expertise dans le domaine de l’emploi et du marché du travail, et une expertise en politiques publiques du fédéral et du Québec ». L’ancien actuaire en chef du régime d’assurance-emploi, Michel Bédard, et l’ex-haut fonctionnaire Yvon Boudreau (qui a géré Emploi-Québec) complètent le quatuor.


« Nous aurons l’indépendance nécessaire » pour remplir le mandat, a dit M. Duceppe. « Moi, je n’ai jamais tiré de conclusions avant de voir le travail fait. » Lui comme Mme Dionne-Marsolais ont soutenu qu’ils abordaient leur mandat sans a priori. « L’étude nous permettra d’évaluer la situation », a dit l’ancienne ministre.

 

Rapatriement ?


La Commission devra déterminer et documenter les impacts de la réforme de l’assurance-emploi au Québec ; documenter les avantages et les désavantages du régime actuel ; tenir des audiences publiques (à l’automne) ; proposer des modifications au régime actuel afin qu’il réponde davantage aux besoins des Québécois ; établir les paramètres d’un régime d’assurance-emploi qui concorderait avec les besoins du marché du travail québécois.


Ce dernier élément ne représente pas la première étape d’une demande officielle de rapatriement du système d’assurance-emploi, assure Gilles Duceppe. « Ce n’est pas nous [qui amènerons cette question sur le tapis] », a dit M. Duceppe.


La Commission doit rendre son rapport au gouvernement du Québec en novembre 2013. Elle dispose d’un budget de 1,5 million.

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