Projet de loi 14: le MQF veut que Québec aille plus loin

Québec — Le gouvernement est le complice de l'anglicisation des allophones à Montréal, selon le Mouvement Québec français.

Le MQF demande au gouvernement de respecter ses propres règles sur l'emploi obligatoire du français dans ses communications avec les citoyens et les entreprises.

Le MQF a comparu, mardi, en commission parlementaire sur le projet de loi 14, proposé par le gouvernement Marois, qui vise à renforcer la Charte de la langue française.

En conférence de presse, le président du MQF, Mario Beaulieu, et le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jacques Létourneau, ont manifesté leur appui au projet de loi du gouvernement, mais demandent toutefois d'aller plus loin.

M. Beaulieu soutient que les règles sur l'usage du français sont appliquées inégalement d'un organisme gouvernemental à l'autre, et que la loi actuelle est appliquée «très mollement».

Services bilingues

Selon M. Beaulieu, si tous les services sont bilingues, le gouvernement est donc bilingue. En ce sens le gouvernement du Québec est «un des principaux facteurs d'anglicisation des allophones sur l'île de Montréal», a-t-il dit.

«Chaque fois qu'on donne des services gouvernementaux en anglais, on passe le message: pas besoin d'apprendre le français, on est [dans] un État bilingue, on peut très bien fonctionner en anglais», a-t-il déploré.

La politique linguistique du gouvernement stipule qu'en général, les services de l'administration doivent être donnés en français seulement, mais dans les faits, «ce n'est pas ça qui se passe», a dénoncé M. Beaulieu, en évoquant notamment les cas de la Régie de l'assurance maladie, de la Société d'assurance automobile, de Revenu Québec, du Registraire des entreprises, etc.

Par exemple, le gouvernement communique en anglais avec des entreprises et contourne ainsi sa propre loi, a-t-il affirmé.

Le MQF exige donc que le gouvernement commence par appliquer sa politique et ses lois. Et il réclame que l'usage de l'anglais soit plus clairement balisé.

«Partout au monde où il y des systèmes basés sur le bilinguisme institutionnel, ça aboutit à l'assimilation des langues minoritaires. Même chose dans les milieux de travail, le bilinguisme, c'est ce qui nuit beaucoup au français.»

La loi 14: «un minimum»

À ce propos, M. Létourneau soutient que le projet de loi 14 est «un minimum» et souhaite «des mesures plus fortes» pour le droit de travailler en français.

Il se préoccupe de la francisation des milieux de travail de 26 à 49 employés. Il estime que le rôle de l'Office québécois de la langue française est «moins clair» et en laisse un peu trop aux entreprises.

Il ne faut pas que la francisation repose simplement sur «la bonne foi», a expliqué M. Létourneau. Et par ailleurs, il s'oppose aux discours du patronat qui refuse la mise en place de nouvelles règles contraignantes de francisation.

1 commentaire
  • Emmanuel Denis - Inscrit 9 avril 2013 19 h 41

    La loi 101 au cégep épargnerait de gros sous aux contribuables

    Laisser aux immigrants et aux allophones le libre choix d'étudier en français ou en anglais au cégep hausse le nombre de travailleurs professionels ne parlant pas français au travail : Cette hausse de travailleurs non francisés coûte beaucoup de temps et d'argent au ministère responsable de la langue française qui voit ses responsabilités, sa charge de travail et ses coûts de fonctionnement être augmentés considérablement

    Il me semble que le gouvernement pourrait agir plus efficacement et simplement en francisant les travailleurs à la ligne de départ (cégep, école professionnelle) plutôt qu'au fil d'arrivée (dans les entreprises)

    Le gouvernement épargnerait de gros sous avec une politique stable de francisation consistant à franciser les immigrants sur les bancs d'école au cégep et à l'école professionnelle via l'extension de la loi 101. Québec épargnerait plusieurs dizaines de millions en cours de francisation dans les entreprises donnés aux employés professionnels n'ayant pas initialement appris le français au cégep

    Le gouvernement doit comprendre que chaque allophone étudiant dans un cégep ou une école professionnelle anglophone finira par lui coûter des cours de francisation dans les entreprises

    Par exemple, si tous les immigrés et allophones ont étudié en français à l'école professionnelle et au cégep pour devenir infirmière, infirmière-auxiliaire, préposé aux bénéficiaires, secrétaire ou technicien dans le domaine de la santé, le gouvernement n'aurait pas à débourser des sommes d'argent pour donner des cours de francisation dans les hôpitaux

    Le gouvernement doit comparer en temps, en argent et en stabilité la loi 101 au cégep et à l'école professionnelle par rapport aux cours de francisation offerts dans les entreprises

    Québec doit aussi comparer celui qui favorise le plus le transfert linguistique vers le français entre l'extension de la loi 101 au postsecondaire et les cours de francisation au travail