Londres aurait reconnu un Québec indépendant

L’historien Frédéric Bastien en conférence de presse lors du lancement de son essai intitulé La bataille de Londres, lundi à Montréal.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’historien Frédéric Bastien en conférence de presse lors du lancement de son essai intitulé La bataille de Londres, lundi à Montréal.

Ces notes internes décrivent aussi un Québec indépendant comme étant susceptible de « jouer un rôle sérieux au sein de la communauté internationale ».

En plus de la reconnaissance de Londres, le gouvernement du Parti québécois pouvait compter sur une politique de « non-ingérence » de Washington : l’ancien ambassadeur des États-Unis à Ottawa, Ken Curtis, en poste en 1980, indique dans cet essai que les États-Unis devraient s’adapter à « toute décision prise » par les Québécois au sujet de leur avenir.

« Le gouvernement Thatcher était prêt à reconnaître l’indépendance du Québec », a dit Frédéric Bastien au cours d’un point de presse pour le lancement de son livre La bataille de Londres, lundi à Montréal.

L’historien a fouillé durant près de huit ans les archives du Foreign Office, à Londres, pour documenter les dessous du rapatriement de la Constitution par le gouvernement libéral de Pierre Elliott Trudeau, en 1982. L’auteur a mis la main sur des notes confidentielles laissant croire que le Parti québécois de René Lévesque - puis de Jacques Parizeau en 1995 - aurait pu compter sur la reconnaissance du Royaume-Uni à un Québec souverain.

Il s’agit d’une question cruciale pour les gouvernements péquistes successifs, qui ont tous cherché à obtenir des appuis sur la scène internationale. La récolte a été plutôt mince. De l’aveu même des souverainistes, seule la France aurait reconnu un Québec indépendant en 1980 et en 1995.

Il faut désormais ajouter à cela l’appui potentiel de Londres - et peut-être aussi de Washington -, selon Frédéric Bastien. Quatre représentants haut placés du gouvernement britannique, dont un ministre, indiquent dans La bataille de Londres que le gouvernement britannique était prêt à reconnaître l’État québécois. Il s’agit de Martin Berthoud, chef de la division Amérique du Nord au Foreign Office au tournant des années 1980 ; John Rich, consul général à Montréal en 1980 ; John Ford, haut-commissaire à Ottawa à la même époque ; et Malcolm Rifkind, ex-ministre de Margaret Thatcher et secrétaire du Foreign Office sous John Major, au moment du référendum de 1995.

« […]un Québec indépendant pourrait, à mon avis, être un État viable à l’échelle des pays scandinaves et jouer un rôle sérieux au sein de la communauté internationale », écrit le diplomate John Rich dans une note interne datée du 11 mars 1980.

« Quels que puissent être les changements politiques, nos relations commerciales actuelles vont sans doute se maintenir en l’état », écrit pour sa part John Ford, dans une note du 27 mars 1980.

Leur patron de l’époque au Foreign Office à Londres, Martin Berthoud, a confirmé à l’auteur Frédéric Bastien qu’il partageait l’analyse de ses diplomates qui se trouvaient en sol canadien. « Nous pensions effectivement à l’époque que nous accepterions un Québec séparé du Canada », écrit le diplomate britannique, dans un courriel à l’auteur cité dans le livre.

L’ancien ministre Malcolm Rifkind est allé dans le même sens, dans une correspondance avec Frédéric Bastien. L’historien québécois a questionné le politicien britannique sur « l’attitude qu’adopterait son pays en cas de victoire serrée du oui ». « […] dans la tradition diplomatique britannique, reconnaître un gouvernement n’a jamais signifié qu’on approuvait ou soutenait ce gouvernement. Il s’agissait plutôt de reconnaître que ce gouvernement exerçait de facto le pouvoir et que le statut international du pays en question n’était pas contesté », écrit Rifkind.

« C’est pour ces raisons que le Royaume-Uni a été l’un des premiers pays à reconnaître l’Union soviétique dans les années 1920 et la République populaire de Chine à une époque où les États-Unis ne voulaient pas proclamer une telle reconnaissance », ajoute-t-il, dans un courriel du 20 janvier 2008.

 

Adaptation des États-Unis

Ken Curtis, ancien gouverneur du Maine et ambassadeur des États-Unis à Ottawa en 1980, confirme qu’il voyait les choses du même oeil que les diplomates britanniques. « C’était aux Canadiens de régler cette affaire, et j’aurais préféré que le Canada demeure un pays pleinement uni. Mais le maintien de leurs relations avec le Canada exigerait des États-Unis qu’ils s’adaptent à toute décision prise à ce sujet », écrit l’ex-diplomate américain à Frédéric Bastien.

L’historien québécois souligne que la relative sérénité de Londres et de Washington devant une possible sécession du Québec tranche avec les propos alarmistes des libéraux de Pierre Elliott Trudeau, durant la campagne référendaire. « Le gouvernement fédéral présentait la souveraineté du Québec comme un retour à la préhistoire ! », a-t-il dit au Devoir.

100 commentaires
  • Djosef Bouteu - Inscrit 9 avril 2013 00 h 23

    Nos voisins étatsuniens respecteront notre décision.

    À la bonne heure! Comme nos voisins étatsuniens respecteront la souveraineté du Québec, il est tout aussi inutile que malhonnête d'essayer de faire peur aux Québécois en évoquant une non-reconnaissance ou une guerre.

    Ce que certains fédéralistes évoquant ces chimères avouent accidentellement, c'est qu'eux-même ne reconnaîssent pas la légitimité d'un Québec souverain et donc font de la projection.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 9 avril 2013 05 h 45

      Et est-ce que les journaux anglo vont répandre cette nouvelle que leur «mère partie», menée par la femme la plus dûre au monde, aurait reconnu un Québec indépendant ?

      Ce serait le fun que Frédéric Bastien se fasse interviewer par Peter Mansbridge, quitte à avoir un interprète au cas ou.

      Ou même Chantale Hébert pourrait répandre la bonne nouvelle, elle est «fluante» dans les deux langues elle.

    • Yves Perron - Inscrit 9 avril 2013 07 h 51

      Pensez-vous vraiment que les médias anglophones vont relayer ça...Jamais les Anglos ne sauront ça pour la bonne raison que leurs médias continuent à leur raconter ce qu'ils veulent entendre de peur de perdre leurs lecteurs. Le Canadien Anglais moyen n'aime pas se faire dire le contraîre de ce qu'il aime croire.
      Je les connait bien pour avoir vécu et voyagé dans ce pays depuis 45 ans et ce trait de caractère m'est bien familier, et combien de fois ais-je entendu '' I like French and I wish I could speak it '' Puis dans une conversation serrée si vous mentionnez que le Québec est une Nation , vous les mettez sur la défensive et le chat sort du sac, genre : '' Anyway , you lost the war in 1760 and you should all speak English ''

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 9 avril 2013 12 h 39

      De toutes façons, il faut le gagner avant d'en parler.... quelle perte de temps....

    • Georges Washington - Inscrit 9 avril 2013 14 h 03

      @Yves Perron,

      le National Post a déjà relayé la nouvelle: http://goo.gl/aNiGY

  • Marc Bégin - Inscrit 9 avril 2013 04 h 52

    La peur

    Depuis le début du mouvement indépendantiste que les hordes fédéralistes,libérales surtout,faisaient de l'instabilité et de la viabilité du Québec séparé leur principal argumentaire. Enfin on en revient à la question originelle :voulons nous prendre notre destin en main.On nous a assez menti,les nations civilisés respecteront celle qui se respectera elle-même.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 9 avril 2013 12 h 23

      La peur était aussi économique, et Jean-Martin Aussant a été le premier à briser ces fausses assertions des fédéralistes. Étonnant, quand on sait que Parizeau était aussi économiste...

    • Pierre Brosseau - Abonné 9 avril 2013 16 h 40

      Mme Massicotte,
      votre commentaire, si je le comprends bien, signifie que "Jean-Martin Aussant a été le premier à briser ces fausses assertions des fédéralistes" (la peur économique), comme si M. Parizeau ne s'y était pas consacré depuis qu'il s'est joint à René Lévesque dès le début des années 1970. Je ne vous comprends vraiment pas.

  • Daniel Bouchard - Inscrit 9 avril 2013 05 h 27

    Les Historiens c'est bien utile pour l'histoire, mais....

    On aurait beau avoir eu quelques reconnaissances que ce soient, la viabilité de cette supposée séparation est bien loin d'avoir été prouvée! Au dernier référendum, il a été établi que 28% des vontants pour le oui, croyaient que le Québec demeurerait une province du Canada. C'est ça quand on essaie d'entraîner des gens dans ce genre de projet basé sur de la sémentique!! Une décote de notre crédit au lendemain d'un référendum gagnant qui entraînerait des coupes importantes dans les système sociaux, entraînerait du même coup un grand refroidissement dans le camp du oui, des actes violents de la part d'une petite minorité dIrréductibles refroidiraient les votants du oui plus mous! La grande majorité des votants du non, représentent la grande majorité des payeurs de taxes, du moins au total du fardeau fiscal, plusieurs voudraient partir et ça créerait un chaos économique et un afaiblissement du Québec en tant que forc. Oubliez les pays scandinaves (exemple usé) et soyez réaliste! Ce n'est pas de se faire des peurs, c'est tout simplement une analyse éclairée!!

    • Serge Lemay - Inscrit 9 avril 2013 07 h 57

      Monsieur Bouchard, la violence dont vous parlez serait venue de la part des irréductibles Canadiens qui auraient anticipé l'apocalypse au lendemain d'un vote pour l'indépendance. J'en veux pour preuve, le respect du vote des indépendantistes durs, qui malgré les tricheries du fédéral, sont restés très calmes compte tenu des méthodes employées; naturalisation massive d'étrangers, parade de l'amour des anglos (où sont-ils maintenant?) et discours politiques de la peur. J'imagine facilement l'armée Canayenne prendre position dans tous les ports et les aèroports afin d'effrayer les mous comme vous les appelez.

    • Sylvain Auclair - Abonné 9 avril 2013 08 h 01

      Et combien votaient pour le non uniquement pour les pensions de vieillesse? Il y des imbéciles dans tous les camps.

    • Yves Perron - Inscrit 9 avril 2013 08 h 11

      M' Bouchard, on voit que vous avez bien appris votre leçon de petit (Canadien Français de service)mais contraîrement à ce que vous croyez, lorsque le québec deviendra indépendant, le reste du monde dira à peu près ceci :
      Il existe un petit peuple au nord de l'Amérique qui rayonne dans le monde , un peuple fier , tenace , créatif qui produit à lui seul des milliers de créations , qui est riche d'un sol et sous-sol pleins de richesses naturelles. Un peuple qui a inventé la motoneige , les souffleuses, réinventé le cirque , qui crée de nouvelles façons de faire malgré les contraintes imposées par leurs conquérants.
      Un peuple qui a su découvrir la moitié de l'Amérique et qui y a laissé sa trace indélébile contre vents et marées. Un peuple qui s'est battu pendant 400 ans pour conserver ses traditions sans écraser les autochtones mais en se mêlant à eux.
      Un peuple qui aime la justice et la paix et qui désire la même chose pour les autres . Un peuple joyeux et festif qui ne s'est pas laissé dominer par 300 millions d'étrangers à sa porte qui n'ont de cesse d'essayer de le réduire. Un beau peuple distinc et fier de l'être.
      Je me souviens

    • Gilles Théberge - Abonné 9 avril 2013 08 h 23

      La viabilité dans sa simenson économique a été admise par votre copain Jean charest. Il l'a dit lors d'un des nombreux voyages qu'il a fait en France à vos frais mon ami.

      Il avait déclaré que de toute évidence le Québec est viable sur le plan économique.

      Quand est-ce que les gens comme vous vont cesser de dire n'importe quoi ?

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 9 avril 2013 09 h 51

      M Bouchard, les souverainistes québécois savent que leur pays est viable et enviable. C’est pourquoi ils veulent être Maîtres chez eux et construire le Québec de demain.

      En 2006, le PIB du Québec s'élèvait à 230,6 milliards de $ US PPA, soit 19,7 % du PIB canadien. En 2006, l'État du Québec se situait ainsi au 22e rang dans monde quant à son produit intérieur brut (PIB) par habitant de 30 143 $ US, derrière Singapour et la France, mais devant l'Italie et l'Espagne. Sur le plan de la superficie de son territoire (1 667 441 km2), le Québec souverain se placerait au 18e rang dans le monde et, en regard de la population (7 651 531 habitants), il se situerait au 94e rang. Dans le même peloton que plusieurs pays européens de taille comparable (Norvège, Danemark, Suède, Suisse, Irlande, etc). Cela malgré le fait que nous n'ayons pas le plein contrôle de nos impôts, et malgré l'histoire séculaire d'un Québec rapetissé par les politiciens fédéraux.

      Les souverainistes québécois veulent construire le Québec de demain. Malgré les entraves d'Ottawa, nous avons réussi à nous imposer dans plusieurs domaines dans le monde. Il est temps que le Québec soit le maître de son avenir. Nous avons pleinement le droit d'être ce que nous sommes. Il faut faire la souveraineté du Québec.

      Le Québec est une nation pacifique avec ses caractéristiques distinctes qui mérite de se perpétuer dans son identité francophone et selon ses propres choix.

      Par toutes sortes de moyens, les pseudo-fédéralistes à Ottawa ne cessent d'étendre leurs tentacules étouffantes dans les champs de compétence du Québec. Il ne s'agit pas de sortir le Québec du Canada, il s'agit de sortir le Canada du Québec. Que le Canada enlève ses grosses pattes dans nos affaires!

      Le Québec, 22e économie mondiale (quant au PIB par habitant, classement de 2006), est capable de s'occuper de SES affaires. Vivement sortir le Canada du Québec! Tout le monde va être content: le ROC et le Québec. Vive le Québec souverain!

    • François Thivierge - Abonné 9 avril 2013 12 h 20

      M. Bouchard: Je me demande sérieusement à quel point point il fait clair lorsqu'on invente une foule d'arguments aussi noirs!!!

      Je crois qu'un retour à la base serait de mise.

      C'est en étant réaliste, justement, mais surtout informé, que l'on peut constater que le Québec a tout le nécessaire pour devenir un pays prospère.

      Incluant un bon niveau de scolarité, une grande capacité à innover, et des ressources naturelles.

    • Daniel Bouchard - Inscrit 9 avril 2013 13 h 08

      Les réponses à mon intervention tiennent de la poésie! Malheureusement ça ne met pas quoi à manger dans les assiettes! Vos arguments sont totalements dénués de fondements et de compréhension du monde de la finance! Je suis dans les affaires et je peux vous dire en ce moment qu'il y a une grande quantité de Français qui cherchent à vendre leurs affaires en France et à sortir du Pays. Je travaille avec ces gens là? Pourquoi? À cause des mesures à Holland!! Les autres pays ont beau reconnaître la France, mais ça ne règle rien aux problèmes de la France!! Mettez-vous dans les souliers des gens d'affaires qui ont tout à perdre au Québec avec votre projet mort-née! Avant les dernières élections, il y a déjà un certain nombre de gens d'affaire qui ont passé du côté de l'Ontario et ce ne sont pas tous des Anglos ou Allophones, oui il y a plusieurs Québécois de souche! Oui je suis un Canadien Français, aussi un Québécois comme beaucoup d'autres d'ailleurs. Ne déclarez pas le Québec votre pays avant qu'il n'en soit devenu un!! Ça n'arrivera possiblement jamais, mais vous aurez fait beaucoup de dégâts!

    • - Inscrit 9 avril 2013 13 h 25

      Si la logique de M. Bouchard avaient conduit l'Histoire, l'Empire romain existerait encore et peut-être même l'Empire mésopotamien ou Égypte des pharaons. Rien ne peut justifier le changement selon M. Bouchard.

    • Claude Jacques - Inscrit 9 avril 2013 16 h 35

      Comme plusieurs québécois, vous désirez demeurer locataire car il y a certains risques d'être propriétaire. Moi, je suis propriétaire, j'assume les risques et après du travail, la propriété m'appartient et j'aimerais bien faire de même pour mon pays francophone qui n'existe pas encore dans les deux amériques. J'ai payé des impôts pendant 50 ans et je continue à en payer et si un jour on peut tomber sur des René Lévesque ou Bernard Landry au lieu de gens qui ne visent que leurs intérêts personnels, autant libéraux que péquistes, je voterai encore pour le oui car c'est constructif et non défaitiste.

    • Yves Perron - Inscrit 10 avril 2013 08 h 53

      J'ai fait une ''analyse éclairée'' de l'indépoendance du Québec depuis longtemps à force de voyager à travers le Canada. Ça m'a permis de constater que les autoroutes, comme les gares et les aéroports fonctionnent dans les deux sens, et que beaucoup de marchandises circulent dans les deux sens au Canada mais qu'il en rentre plus qu'il en sort. excusez-moi mais je ne voit pas comment le Canada refuserait de continuer à nous vendre leurs production et de fermer le robinet juste pour bouder.

  • Loraine King - Abonnée 9 avril 2013 05 h 58

    Evidence

    'Il s’agissait plutôt de reconnaître que ce gouvernement exerçait de facto le pouvoir ...' (Rifkind)

    Ce fut toujours ma compréhension de notre système de monarchie constitutionnelle et du rôle de la couronne du chef du Québec.

    Ceux qui étaient adultes à cette époque - et qui ne souffraient pas d'anglophobie, ce qui demeure rare au Québec - savent depuis toujours que le meilleur allié du projet d'indépendance est la Grande-Bretagne.

    Que Dieu protège notre reine !

    • Gilles Théberge - Abonné 9 avril 2013 09 h 26

      Quand on prend connaissance des journaux publiés dans la ville reine, la question qui se pose pour nous Québécois, c'est souvent de savoir s'il y a beaucoup de gens dans le ROC qui ne souffrent pas de Québécophobie. Sauf quand on fait montre de docilité.

      Dieu peut bien protéger la Reine d'Angleterre, sur un plan personnel elle peut être sympathique. Mais on peut légitimement ne pas souhaiter avoir sa présence dans nos poches, sans que cela signifie que l'on souffre d'anglophobie.

    • Loraine King - Abonnée 9 avril 2013 10 h 01

      Les gens qui vivent dans la ville reine ou ailleurs au Canada ne gouvernent pas le Québec, M. Théberge. Leur opinion du Québec est sans importance. Les Québécois se gouvernent eux-mêmes.

      Ceux qui ne respectent pas la reine du chef du Québec ne respectent pas les Québécois et leurs choix démocratiques. Le rôle de la reine du chef du Québec est d'assurer le respect de l'existence de l'état du Québec et ses pouvoirs. C'est sa raison-d'être. Notre reine s'est engagé lors du couronnement à s'assurer de l'appui du parlement, sans quoi ses pouvoirs ne peuvent être exercés par son gouvernement. C'est ce que je comprends du commentaire de M. Rifkin, qui est tout à fait dans la coutume britannique.

      On peut souhaiter ce qu'on veut, mais on ne devrait pas s'attendre à avoir un édifice solide si on ferme les yeux sur l'état du terrain sur lequel il sera construit.

      En passant, il n'y a pas de reine d'Angleterre.

    • Gilles Théberge - Abonné 9 avril 2013 13 h 07

      Il n'y a pas de reine d'Angleterre, tiens donc ? Elizabeth II, née le 21 avril 1926, est le monarque constitutionnel de 16 États souverains (appelés royaumes du Commonwealth et de leurs territoires et dépendances, ainsi que le chef du Commonwealth of Nations regroupant 54 États.

      Cela dit, bien qu'elle puisse être sympathique sur un plan personnel, on peut bien ne pas vouloir l'avoir dans la face à chaque fois que l'on sort un billet de banque ou une pièce de monnaie ni lui lécher le dos chaque fois que l'on pose un timbre sur une lettre, et ne pas être anglophobe pour autant...

      Quant aux questions de respect de l'existence du Québec et de ses choix démocratiques et bla bla bla,, d'après le livre de monsieur Bastien, on peut comprendre que dans votre patente canadienne, le respect se conjugue de façon variable selon la tête du client.

      Il y a les bons fédéralistes qui peuvent faire ce qu'ils veulent, même un coup d'État. Et même le juge en chef de la Supreme Court est sur la glace. Puis il y a les petits québécois qui n'ont que deux choses à faire: dire amen et farmer leur gueule.

      Certains n'aiment pas ça. C'est mon cas.

    • Loraine King - Abonnée 9 avril 2013 13 h 57

      Il n'y a pas de reine ou de roi d'Angleterre depuis 1707. Elizabeth II est Reine du Royaume Uni, et du Canada, de l'Australie, etc. Mais elle n'est pas reine d'Angleterre et ne l'a jamais été.

      Libre à vous d'avoir de la sympathie personnelle pour Elizabeth II. Personnellement je n'en ai aucune. Je ne la connais pas. Mais j'ai du respect pour l'existence de l'état démocratique qu'est le Québec, et donc de la reine.

      Si vous n'aimez pas le bla bla démocratique, je ne vois pas pourquoi vous vous êtes attardé à lire les textes de M. Bastien. Quand il écrit sur les notes diplomatiques et décrit ses conversations avec des anciens bureaucrates britanniques, il s'agit bien de bla bla démocratique, non ? Les décisions démocratiques elles doivent passer par le parlement. Ce qui fut le cas de la loi constitutionnelle de 1982. Rien d'illégal là-dedans. Qualifier un vote démocratique de coup-d'état c'est donner une définition non-fondée à un vote majoritaire tenu selon les règles, par des députés élus légalement. Mais cela fera surement vendre un livre. Et vive la liberté d'expression !

    • Gilles Théberge - Abonné 9 avril 2013 15 h 04

      Madame King, c'est mon dernier mot là-dessus, mais je fais une nette différence entre le résultat des recherches de monsieur Bastien et l'attachement irraisonné à la couronne Britannique, dont certains se plaisent à faire état...

      Je ne suis pas Britannique, je n'ai aucun attachement à cette couronne qui a été imposée par la force à nos ancêtres et non démocratiquement. Et je ne suis canadien que de nom, tant que je n'aurais pas accès à ma véritable nationalité consacrée par une citoyenneté à laquelle j'adhère de plein gré. Je n'ai rien à ajouter là-dessus.

      Et je m'en vais de ce pas acheter le livre de monsieur Bastien que j'ai très hâte de lire en entier...

    • Gilles St-Pierre - Abonné 10 avril 2013 21 h 55

      J'abonde dans votre sens M. Théberge, peu importe que cette couronne repose sur quoi et sur qui, elle nous a été imposée et a tout fait en son pouvoir pour nous exterminer (voire la Déportation) en nous laissant notre langue pour mieux répondre à la tutelle d'un clergé vendu qui nous dominait à outrance afin de nous rendre des plus serviles à cette couronne étrangère. Tout a été bien calculé.

      Personnellement je n'ai aucun respect pour cette couronne et la ferais tomber bien volontiers ne serait-ce que pour ce qu'elle évoque comme domination écrasante partout sur le globe où elle a été imposée et ce, bien malgré la volonté des peuples autochtones et/ou colonisés de l'époque.

      Cette couronne n'a servi qu'à asservir des peuples pour s'enrichir de toutes les manières. Certe ceci est de l'Histoire mais, à partir de cette Histoire conjuguée avec le présent on peut tracer une droite pour à la fois mieux comprendre notre présent et décider plus clairement de notre avenir.

      En terminant bonne lecture et de mon côté je me procurerai sans faute cet ouvrage de M. Bastien dès demain.

  • Claude Jacques - Inscrit 9 avril 2013 06 h 04

    Devenir souverain, c'est comme devenir propriétaire d'une maison, après en avoir été locataire. Malheureusement, certains locataires craignent ce genre de responsabilité et préfèrent en laisser l'achat et la maintenance à d'autres, quitte à en payer le prix, sans l'acquérir.

    • Danielle Houle - Inscrite 9 avril 2013 08 h 31

      Excellent exemple. Pas pour rien que les anglais nous traitaient de pissous (pea soup). On a toujours eu peur de prendre notre destinée en main. On peut remercier les élus et l'église catholique de nous avoir gardés dans cet état de peur.

    • Claude Champagne - Inscrit 9 avril 2013 10 h 34

      Dans le même sens, les seules qui peut faire échec à l'indépendance, c'est le Québécois "locataire".

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 9 avril 2013 12 h 33

      Malheureusement, aussi, tant qu'on évitera le mot indépendance ça ne bougera pas fort fort.

      Lévesque avait peur de ce mot, comme il avait peur de l'intégralité de la loi 101: une chance que Laurin lui a tenu tête. Alors il serait temps qu'on sorte de cette réthorique bâtarde, et q'on aopelle un chat un chat, et ça fait très longtemps que je le dit.