Exit la souveraineté, vive l’indépendance!

Bernard Landry était au nombre des souverainistes qui ont pris la parole au rassemblement.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir Bernard Landry était au nombre des souverainistes qui ont pris la parole au rassemblement.

Québec — L’ancien premier ministre Bernard Landry croit que le mouvement souverainiste doit troquer le mot souveraineté pour celui d’indépendance.


Dans une allocution livrée samedi devant 600 personnes lors de l’assemblée des États généraux sur la souveraineté du Québec, Bernard Landry a donné son aval à un des consensus qui s’y sont dégagés. « Utilisons les bons mots. Regardons les choses en face : nous voulons l’indépendance nationale. »


Résumant les discussions qui ont eu cours dans un atelier sur la mobilisation et l’action politique, la porte-parole de la Commission nationale des États généraux, Tania Kontoyanni, a mentionné l’importance de renouveler le discours souverainiste, à commencer par les mots. On doit parler d’indépendance plutôt que de souveraineté. L’expression « Québécois de souche » est à bannir ; on doit aussi oublier le mot « référendum », a-t-elle dit, sans indiquer comment ce concept devrait désormais être nommé. Quelques participants ont insisté pour que le vocable « fédéraliste » disparaisse au profit de celui de « provincialiste ».


On entend lancer un nouvel organe d’information afin de contrer la « désinformation systématique » dont fait l’objet l’option, a-t-on indiqué.


Organisation permanente


Les États généraux sur la souveraineté ont débouché sur une volonté de transformer cette entité en une organisation permanente et non partisane visant la promotion de l’indépendance du Québec.


« On va mettre sur pied une véritable organisation de la société civile en faveur de la souveraineté », a indiqué en entrevue Gilbert Paquette, le président du Conseil de la souveraineté, l’organisme associé aux États généraux sur la souveraineté, une entité représentant la société civile et qui mène des consultations depuis un peu plus d’un an. Dans tous les pays qui ont réalisé leur indépendance, « c’est un mouvement populaire, un mouvement de la société civile » qui l’a faite, a fait observer Gilbert Paquette.


« Ce qu’on veut faire, c’est rompre avec l’attentisme ou ce qu’on pourrait appeler l’action politique “gouvernement centré”», a-t-il signalé. Il juge que, depuis 1995, la promotion de la souveraineté a fait défaut.


Tout au long de la journée, le sujet tabou, ce fut la division des forces souverainistes. L’assemblée faisait se côtoyer militants et sympathisants du PQ, de Québec solidaire et d’Option nationale. Dans un des ateliers, le président du Nouveau Mouvement pour le Québec, Jocelyn Desjardins, qui prépare sa rencontre de « Convergence nationale » du 25 et 26 mai prochain, a plaidé pour qu’intervienne une entente entre ces trois partis afin de faire élire un maximum de députés souverainistes lors des prochaines élections.

 

L’union des forces


Dans le même esprit, Jean-Martin Aussant, invité à s’adresser à l’assemblée après la plénière, a amorcé son allocution en posant la question : « Qui est en faveur de l’union des forces souverainistes ? » La réponse fut une ovation. Il a rappelé que des discussions avaient eu lieu entre les trois partis souverainistes avant l’élection du 4 septembre. Il est temps de reprendre les pourparlers, a avancé Jean-Martin Aussant.


Prenant le relais sur la tribune, le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes et à la Gouvernance souverainiste, Alexandre Cloutier, a lui-même lancé un appel à l’unité des souverainistes. « Oui, nous devons unir nos forces. Nos vrais adversaires, ce ne sont pas les souverainistes, ce sont les fédéralistes », a-t-il lancé sous les applaudissements.


Évidemment, la conception qu’on se fait de l’union des forces diffère de part et d’autre. Devant les journalistes, Alexandre Cloutier a précisé qu’en fait, il en a appelé à un ralliement au PQ.


 
70 commentaires
  • Maxime Dion - Inscrit 8 avril 2013 01 h 23

    On nous convie à un débat de sémantique… en guise de débat social

    Les États généraux sur la souveraineté... Ça me rappelle nos anciens débats de taverne des années soixante et dix, où nous parlions de… séparation et d’indépendance !

    Puis, il y a eu l’élection du gouvernement péquiste en 1976, lequel nous a copieusement roulés dans la farine du référendum, de la souveraineté-association et du Beau-risque… De la même façon qu’il nous a bernés aux dernières élections, avec l’incitation au vote stratégique pour finalement nous servir une ribambelle de mesures d’austérité.

    • Marc-André Fortier - Abonné 8 avril 2013 11 h 08

      Monsieur Dion, si aux dernières élections les québécois avaient répondu à l'appel du vote stratégique, le portrait politique du Québec serait très différent de ce qu'il est aujourd'hui.

      Le gouvernement de Madame Marois est minoritaire et doit composer avec cette réalité. À votre affirmation « qu'il nous a bernés aux dernières élections... » je répondrai que les québécois ont cette étrange capacité de se mentir et se berner eux même.

      C'est désolant...

    • Maxime Dion - Inscrit 8 avril 2013 15 h 30

      @Marc-André Fortier

      Je crois plutôt qu'on l'a échappé belle, que l'actuel gouvernement du PQ ne soit pas majoritaire et n'ait pas les coudées franche en matière de politiques sociales.

      À mon avis, ce qui est désolant, c'est la manière pour le moins inattendue de gouverner de Mme Marois -je songe notamment à la mise à sac de la chute de Val-Jalbert pour satisfaire des intérêts privés.

  • Catherine Paquet - Abonnée 8 avril 2013 05 h 22

    Et nous...

    ... Pensez à nous qui avions cru, comme à peu près tous les souverainistes nous le martelaient, que souveraineté et indépendance... c'était la même chose.

    • Maxime Dion - Inscrit 8 avril 2013 15 h 35

      @Georges Paquet

      … Et c’est de cette façon que le PQ téléguidé par la taupe Morin a berné ses électeurs en 1976, parce que la majorité des citoyens comme moi avait cru à l'époque qu’ils avaient porté au pouvoir un parti qui faisait la promotion de la séparation et que le PQ entamerait aussitôt élu le processus de l’indépendance du Québec…

    • Gilles Théberge - Abonné 8 avril 2013 15 h 59

      De toute façon, ni l'une ni l'autre ne vous conviennent monsieur Paquet vous l'avez affirmé maintes fois ici même.

      Alors...

    • Solange Bolduc - Inscrite 8 avril 2013 21 h 00

      M. Dion, je crois qu'on l'a échappé encore plus belle de ne pas avoir QS au pouvoir: Imaginez les promesses qui ne pourraient pas être tenues; imaginez le désordre social quand les jeunes apprendraient qu'ils n'auraient ni gratuité scolaire (avant 5 ans) ni salaire déçant; imaginez, imaginez l'nimaginale !! ...

      Sans les policiers pour protéger la population ce serait la pagaille assurée : quand on est pour la désobéissance civile, l'anarchie, aucune loi ne peut tenir !

  • Catherine Paquet - Abonnée 8 avril 2013 05 h 29

    Et madame Marois...

    ... souvenez-vous que la première ministre, dans sa lettre du 4 février 2009 au président de la France, s'est présentée comme la Chef des indépendantistes québécois.
    Les souverainistes se retrouveront-ils sans chef?

  • Gilles Bousquet - Abonné 8 avril 2013 06 h 10

    Pourquoi pas la séparation ou le divorce ?

    Sa souveraineté, l'indépendance ou la séparation, des synonymes mais, ce qui est plus clair, c'est la séparation comme dans un couple qui se sépare. On ne dit pas qu'ils deviennent souverains ni indépendants, on dit : Ils se sont séparés.

    À la rigueur, on pourrait parler de DIVORCE. La question référendaire pourrait être alors : Est-ce que vous êtes en faveur que le Québec divorce du Canada ? OUI ou NON.

    On ne peut pas être trop clair dans ce genre de choses.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 8 avril 2013 11 h 27

      Avec un conjoint comme le ROC, je crois qu'une majorité de Québécois seraient prêts à divorcer. D'accord avec votre suggestion.

  • Jean Martinez - Inscrit 8 avril 2013 07 h 11

    Erreur magistrale

    Il est évident que les fédéralistes vont sauter sur cette occasion pour créer un tabou autour du mot "souveraineté", comme ils l'ont fait avec "séparation". À l'avenir, dès qu'un politicien utilisera le mot "souveraineté", on l'accusera de ne pas dire les "vraies" affaires. Comme si les forces souverainistes avaient besoin d'un affaiblissement supplémentaire!

    • Sylvain Auclair - Abonné 8 avril 2013 11 h 00

      Il faut occuper TOUT le champ sémantique et parler d'indépendance, de souverainté et de séparation, le tout dans le même discours. Et profitons-en pour nous-mêmes qualifier nos adversaires; appelons-les provincialistes, dépendantistes, unitaristes canadiens, brito-monarchistes. On peut même les appeler des souverainistes canadiens (ou canado-souverainistes), puisque c'est aussi ce qu'ils sont, non?

      Le contrôle de la terminologie est la base du contrôle du discours.

    • André Desgagnes - Inscrit 8 avril 2013 11 h 15

      Ben oui monsieur Marticez,à l'avenir ce sera la gouvernance séparatiste.Au PQ, il n’y a plus de substance. Il n’y a que de l’ambivalence et de la connivence.