Gentilly-1: le plus tôt sera le mieux, selon Québec

Québec — La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, s’est dite « préoccupée » par la décision d’Énergie atomique du Canada limitée (EACL) de reporter le démantèlement de Gentilly-1 de 40 à 90 ans, comme révélé par Le Devoir lundi.

« Je veux bien que la responsabilité appartienne au gouvernement fédéral, mais Gentilly-1 est sur le territoire québécois, répond Martine Ouellet en entrevue au Devoir. Je pense qu’il est de notre devoir de faire connaître notre volonté que la centrale soit démantelée le plus rapidement possible. »


Les suivis sur le démantèlement de Gentilly-1, en dormance depuis près de 35 ans, ont fait défaut à Québec, concède la ministre. « Je ne suis là que depuis septembre, se défend la ministre. Mais ce que je peux vous dire, c’est que j’ai déjà donné des directives au ministère pour qu’on suive de façon beaucoup plus proactive le démantèlement de Gentilly-1 et les échéanciers. »


Martine Ouellet note que dans sa dernière mise à jour des plans de déclassement, EACL prend en considération des arguments hautement technologiques, comme la disponibilité du site d’entreposage sécurisé pour les déchets radioactifs et la sécurité, mais également des critères beaucoup plus subjectifs tels que les « priorités du moment », ce qui la pousse à croire qu’il faut mettre de la pression pour que l’intérêt des Québécois ne soit pas oublié.


Coordination


La ministre souhaite coordonner les activités d’Ottawa et de Québec, respectivement responsables de Gentilly-1 et 2. « Il serait vraiment souhaitable qu’on puisse essayer de coordonner les démantèlements des deux centrales nucléaires. C’est la même expertise qui est nécessaire et il ne faut pas pelleter par en avant et laisser aux générations futures des dépenses qui ont été générées, dans le cas de G1, à plus de 30 ans. »


L’incertitude concernant le futur site d’entreposage sécurisé ne doit pas empêcher Québec et Ottawa de regarder les options pour procéder à un démantèlement plus rapide, estime la ministre, qui veut aller voir les techniques européennes pour voir si celles-ci sont transposables au Québec. « Est-ce qu’on peut développer des solutions alternatives qui seraient d’entreposer de façon temporaire ces composantes-là comme ça se fait ailleurs ? Ces options-là doivent être analysées. »


Il existe une autre option, celle d’envoyer les déchets radioactifs en France pour les décontaminer. Mais la ministre n’est pas chaude à l’idée. « C’est sûr que dans une optique de développement durable, on aurait tout avantage à gérer nos déchets le plus près possible de la source. Ce n’est clairement pas la première option. »

À voir en vidéo