Sondage Léger Marketing - Couillard propulse le PLQ au premier rang

17 mars 2013 à l’aréna de Verdun: Philippe Couillard salue les militants après avoir été élu chef du Parti libéral du Québec.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir 17 mars 2013 à l’aréna de Verdun: Philippe Couillard salue les militants après avoir été élu chef du Parti libéral du Québec.

Le docteur Couillard était peut-être l’élixir dont avaient besoin les libéraux. L’arrivée de Philippe Couillard comme chef du Parti libéral du Québec (PLQ) permet en effet à la formation politique de distancer le Parti québécois (PQ), en tête des intentions de vote, révèle un sondage Léger Marketing.

Ce n’est pas nécessairement une lune de miel éclatante, mais l’effet est néanmoins réel. Si des élections avaient eu lieu cette semaine, le PLQ aurait obtenu 33 % des votes, contre 29 % pour le PQ de Mme Marois et 20 % pour la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault (pour ce dernier, les appuis sont stables depuis trois mois). Québec solidaire aurait obtenu 9 %, le Parti vert 4 %, et Option nationale 3 %. Le sondage a été préparé pour Le Devoir et The Gazette.


C’est la première fois depuis septembre 2011 que les libéraux détiennent une avance de plus de deux points sur le PQ (selon les mesures de Léger). Si l’on se reporte à décembre dernier, on remarque que le tableau politique a passablement changé : le PQ dominait avec 33 % des intentions de vote, alors que les libéraux et les caquistes étaient à 27 %.


« Philippe Couillard a un impact, peut-être pas très gros, mais quand même, souligne Jean-Marc Léger, président de la firme. On a déjà eu des lendemains de course au leadership où un parti gagnait 10-12 points. Ce n’est pas le cas ici, mais M. Couillard permet aux libéraux de s’améliorer un peu partout, et on voit que le congrès à la chefferie a eu un effet positif pour le parti. »


Le PLQ arrive premier dans les intentions de vote à Montréal (37 %, dix points de plus que le PQ) et à Québec (33 %, une avance de cinq points sur la CAQ). Le Parti québécois conserve toutefois un léger avantage dans le reste du Québec (33 %, cinq points devant le PLQ). Chez les francophones, les libéraux remontent à 24 %, mais demeurent significativement loin du PQ (36 %).

 

Le meilleur premier ministre


Interrogés à savoir qui ferait le meilleur premier ministre, les répondants au sondage choisissent d’abord Philippe Couillard (25 %), puis Pauline Marois et François Legault (17 % chacun). Jean-Martin Aussant (Option nationale) et Françoise David (Québec solidaire) suivent avec 7 %. Près du quart des répondants ne savent pas quoi répondre à cette question. Fait à noter, six électeurs péquistes sur dix ont choisi Pauline Marois comme meilleur premier ministre… ce qui en laisse près de 40 % avec une confiance relative.


« Ça reste des taux faméliques, commente M. Léger. C’est une bonne nouvelle pour Philippe Couillard, mais il ne dépasse pas la catégorie de ceux qui ne savent pas… Il y a un big bang politique au Québec qui fait que tout est dispersé. Aucun leader ne se démarque vraiment. Et dans chaque parti, le chef est moins populaire que le parti. »


Philippe Couillard apparaît être le plus compétent en matière de santé, alors que François Legault est le choix des répondants en matière d’économie (voir tableau). Pauline Marois se distingue pour la défense des intérêts du Québec et, dans une moindre mesure, l’intégrité.

 

Un effet positif pour le PLQ


Un répondant sur trois (34 %) a indiqué que l’élection de Philippe Couillard a eu un « impact positif » sur leur opinion à l’égard du PLQ. Pour 12 % des gens, cet impact est négatif. Une majorité de 41 % n’y voit aucun impact. « Le rapport positif/négatif est de trois pour un, c’est bon », dit Jean-Marc Léger.


Sauf que le sondeur croit que l’élément important de cette question se cache ailleurs : là où on indique que 34 % des électeurs de la CAQ ont une opinion plus positive du PLQ depuis l’arrivée de Philippe Couillard. « Ça nous montre que la CAQ est fragile, et qu’il y a proximité entre leur électorat », remarque M. Léger.


Moins de sept mois après son élection, Pauline Marois présente par ailleurs un taux d’insatisfaction digne des derniers mois du régime de Jean Charest. Un total de 69 % des répondants au sondage se sont dits insatisfaits du gouvernement actuel, contre 28 % de satisfaits (un sondage publié dans Le Journal de Montréal il y a deux semaines donnait les mêmes résultats). En un mois, Mme Marois a vu le soutien à son gouvernement fondre de près de 10 points. Un électeur péquiste sur cinq est aussi insatisfait…


Mais tout mis ensemble, les Québécois ne désirent pas que les libéraux renversent le gouvernement Marois et déclenchent des élections dans un avenir proche. Près de six personnes sur dix (58 %) sont opposées à cette idée, alors que trois sur dix (28 %) y seraient favorables.


Le sondage a été réalisé en ligne entre le 25 et le 28 mars auprès de 1001 personnes. Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de 3,1 % dans 19 cas sur 20 (les sondages menés en ligne ne comportent officiellement pas de marge d’erreur).
 










138 commentaires
  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 29 mars 2013 00 h 53

    Très loin

    Il y a loin de la coupe aux lèvres pour les Québécois. Ce sondage démontre l'inculture générale. On endosse encore les théorie fumeuses du PLQ. Le loup est dans la bergerie.

    • Raymond Chalifoux - Abonné 29 mars 2013 09 h 13

      ... comme vous dites... l' "inculture générale" - en ce qui concerne la politique en tout cas -, semble être le fait des Québécois qui comme le démontre l'histoire, sont si faciles à emberlificoter: le plus doué des beaux parleurs y parvenant chaque fois, "docteur".

      Et de surcroît, ils ont toujours été davantage malmenés quand l'un des leurs s'est retrouvé à la tête de la fédération.
      (Règle à laquelle l'actuel big boss viendra peut-être créer l'exception...: il lui reste combien de budgets à utiliser, déjà, d'ici la prochaine élection?)

    • Solange Bolduc - Inscrite 29 mars 2013 10 h 46

      M. Francoeur, je crois que les Québécois sont pas si bêtes, le score de Couillard n'a rien de très significatif !

      L'habit ne fait pas le moine !

    • Louka Paradis - Inscrit 29 mars 2013 12 h 47

      Voici ce que j'écrivais le 18 mars, au lendemain de la victoire de Couillard : Show de boucane
      D'ici peu de temps, paraîtra un beau sondage déjà tout prêt pour nous convaincre que le PLQ est en avance et gagnera le prochain scrutin. Pouf ! Avec un nouveau chef, le tableau est effacé... Voici le «nouveau grand bâtisseur», un autre messie... Pourtant, la feuille de route de M. Couillard n'est guère impressionnante et comme gestionnaire, il s'est associé à l'un des plus grands fraudeurs qui a volé les Québécois. Malheureusement pour les faiseurs de miracles, les gens ont de la mémoire et de la cocologie. La pensée magique : non merci ! Les shows de boucane à des centaines de milliers de dollars : non merci !»
      Louka Paradis, Gatineau

    • Mathieu Bouchard - Inscrit 29 mars 2013 14 h 08

      Un des problèmes de ce sondage est qu'on demande lequel chef est le mieux pour tel ou tel domaine, alors que la qualité première du chef est de bien s'entourer, de faire travailler les ministres ensemble, et de les faire travailler dans le sens de l'intérêt de la nation et du programme politique du parti. Si, pour la santé, on avait demandé de comparer Couillard avec Réjean Hébert (PQ), Gaëtan Barrette (CAQ), Amir Khadir (QS) et Guillaume Langlois (ON), les résultats auraient été différents, parce qu'il s'agit de 5 médecins, qui sont tous porte-parole du domaine de la santé pour leur parti. Mais ça serait pas suffisant pour avoir une bonne idée, parce qu'il n'y a pas eu de débat entre ces cinq porte-parole non plus.

      Un autre gros problème est que les répondants (dans l'ensemble des sondages politiques depuis longtemps) répondent moins sérieusement quand ils sentent pas qu'une élection s'en vient ; et ils répondent encore moins sérieusement quand un parti a un nouveau chef (Ignatieff, Trudeau jr, Couillard) ou quand une vedette part un nouveau parti (Legault), un phénomène d'enthousiasme temporaire qu'on appelle une lune de miel.

    • Solange Bolduc - Inscrite 29 mars 2013 20 h 29

      Oui, M.Bouchard, vous raisonnez comme la minorité, alors qu'il faudrait vous mettre dans la peau de la majorité ! Rien de moins !

  • Yves Claudé - Inscrit 29 mars 2013 02 h 45

    Couillard : public, privé, public … privé de public ?

    Le “bon docteur” Couillard grimpe dans les sondages … Soit !

    Mais, il ne faudrait quand même pas vendre la peau de l’ours québécois, débonnaire certes, sans l’avoir au préalable dument anesthésié ! Et à ce sujet, cet ours en prétendue dormance ne peut écarter de ses songes un objet qu’il est interdit de nommer à l’Assemblée nationale, mais point encore dans nos antres et chaumières, celui qui illustre parfaitement le parcours giratoire de Monsieur Couillard, du public au privé … et du privé au public !

    À forcer les vents dans leur sens et leur contraire, on risque, de public en privé, de privé en public, d’être privé de public !

    Yves Claudé (@yclaude)

    • Solange Bolduc - Inscrite 29 mars 2013 10 h 51

      Attendez qu'il se mette à grimper dans les rideaux, vous n'aurez rien vu !

      Parcours giratoire, s'il en est : départ du PLQ pour aller travailler au public (grand ami de Porter qu'il a admis enfin à TLMP), et retour au PLQ pour s'annoncer comme le maître imposant le privé, le bilinguisme, et on n'a encore rien vu, j'imagine ?

      Peut-être u jour passera-t-il pour une belle girouette ?

    • Solange Bolduc - Inscrite 29 mars 2013 14 h 48

      J'ai fait une erreur, je voulais écrire : départ du PLQ pour aller travailler au privé (non au public). excusez-la!

  • Raymond Chalifoux - Abonné 29 mars 2013 04 h 35

    Une hirondelle...

    Une campagne à la direction d'un Parti ne provoque-t-elle pas, chaque fois, semblable remontée de sympathie?

    Mais le reste du Parti, lui, pour le moment, n'a pas changé, que l’on sache : La gang d'élus qui nous a servi la crise sociale du printemps passé, avec sa "loi des mesures de guerre" en matière de manifestation et de toute forme d’expression de désapprobation ou de mécontentement, elle, elle est toujours là, la gang.

    La Charbonneau de Commission n'a pas encore mis son nez dans leurs affaires...

    La Marois aidée de son parti qui - admettons-le quand même - met les bouchées doubles pour essayer de "faire le ménage", en fait peut-être un peu trop au goût de certains, mais peut-on vraiment condamner d'aussi bonnes intentions, d'aussi grands efforts?

    Et tous ces « reculs et volte-face » pourraient-ils être en fait quelque chose de plus gros, de plus fondamental qu’il n’y paraît; pourraient-ils participer, même, d’une nouvelle forme de gestion, d’administration des affaires publiques "adaptée", née subitement de cette nouvelle surpuissante instantanéité d’expression (qui rime avec « pression ») de la volonté des masses venue de l’accessibilité quasi généralisée à ces nouveaux canaux que sont les réseaux sociaux?

    Quoi qu’il en soit, les résultats de ce sondage, à moi, déplaisent : je suis de ceux qui n’ont pas encore fini de digérer les séquelles d’une décennie de gouvernement « à la Charest ». Je suis de ceux qui sourient encore au sdaut du lit à l'idée de les savoir partis. Je suis de ceux qui ont encore assez de patience et de tolérance envers le nouveau gouvernement et qui sont prêts à attendre encore un peu...

    Et j’ajouterai que la subite arrivée dans le décor de Duceppe et de son lourd bagage de compétences diverses, (ce qui ne semble pas faire le bonheur de Legault, en tout cas) dans une certaine mesure, tonifie l’optimisme qui me reste…

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 29 mars 2013 04 h 49

    Ouais !

    Ça sera pas drôle à la prochaine période de question à la chambre. C'est pas ce résultat là qui va calmer les yapeux !

  • Claude Lachance - Inscrite 29 mars 2013 06 h 54

    Si j'ai bien compris...

    49% de québecois seraient pour la privatisation des services sociaux-santé.., et pour la valse des P.P.P. Ce que le sesame du mot économie, malgré le grand vide de sens que ça comporte, hypnotise encore, et curieusement il semble que les québecois , si j'en crois le titre, ne veulent pas de ceux(celle) qui défend le mieux leurs intérets. Je crois rêver. Comme Disait Vian, Y a quelque chose qui cloche la dedans...j'y retourne immédiatememt.

    • André Desgagnes - Inscrit 29 mars 2013 08 h 14

      Et vos intérets c'est quoi exactement?

    • Solange Bolduc - Inscrite 29 mars 2013 10 h 54

      Pas seulement l'écocomique de Legault, M. Desgagnes, j'espère ?

    • Eloi Skelling - Inscrit 29 mars 2013 11 h 08

      @André: Le respect des compétences provinciales Canada/Qc, pour commencer...