Bernard Trépanier admet avoir reçu de l'information privilégiée de Robert Marcil

Bernard Trépanier<br />
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Bernard Trépanier

L'ex-directeur du financement d'Union Montréal, Bernard Trépanier, a fini par admettre, jeudi devant la Commission Charbonneau, avoir reçu des informations privilégiées de la part de Robert Marcil, afin de les transmettre à des firmes de génie-conseil.

Interrogé par le procureur chef adjoint de la commission, Me Denis Gallant, M. Trépanier a admis que l'ex-directeur de la réalisation des travaux à la Ville de Montréal l'informait des projets à venir et du moment de leur réalisation. M. Trépanier communiquait ensuite ces informations aux firmes de génie.

«Est-ce qu'on peut considérer que c'est de l'information jugée confidentielle? Que cette information-là, M. Marcil aurait dû la garder pour lui?» lui a demandé Me Gallant.

«Peut-être... Je ne peux dire... C'est un avantage que j'avais de le savoir», a fini par admettre M. Trépanier.

«Et voilà!» s'est exclamé Me Gallant.

M. Trépanier a assuré que M. Marcil ne lui disait toutefois pas le coût estimé des projets par la Ville.

M. Trépanier a lui-même admis que ces informations lui facilitaient la tâche pour pouvoir ensuite solliciter des contributions politiques auprès des firmes de génie-conseil.

«Vous savez que quand on fait du financement sectoriel, la loi électorale est bafouée, ultra bafouée. Ce qui est important pour vous, c'est des chèques. Que ça soit Joe Tartempion qui soit écrit sur le chèque ou que ce soit Monica Lewinsky ou n'importe qui qui soit écrit sur le chèque, ça vous importe peu. Ce qui est important c'est de remplir vos objectifs [de financement]. On est d'accord?» a demandé Me Gallant.

«Exact», a simplement répondu M. Trépanier.

Me Gallant a fait des recoupements entre les relevés téléphoniques et les dates de la tenue des comités de sélection pour conclure qu'il y avait alors souvent des appels téléphoniques entre MM. Trépanier et Marcil, de même qu'avec les ingénieurs Michel Lalonde, de Génius – qui a admis avoir été le porte-parole du cartel des ingénieurs – et Rosaire Sauriol, de Dessau.

Malgré tout, M. Trépanier a juré: «Je n'ai jamais donné d'argent à M. Marcil».

Me Gallant a toutefois douté du fait que ce haut-fonctionnaire des travaux publics ait ainsi risqué son poste pour donner gracieusement des informations privilégiées au responsable du financement du parti politique au pouvoir.

«Vous savez que M. Marcil a un devoir de loyauté envers son employeur, qui est la Ville de Montréal, et que l'information qu'il vous donnait était peut-être passible pour lui de perdre son emploi?» lui a demandé Me Gallant.

«Ça, je ne le savais pas, par exemple», a répondu M. Trépanier.

M. Trépanier poursuivra son témoignage le lundi 15 avril, puisque la commission fait relâche pendant deux semaines pour la fête de Pâques.


2 commentaires
  • André Lefebvre - Inscrit 28 mars 2013 16 h 53

    Et voilà! Quoi?

    M. Trépanier recevait des informations "privilégiées" sur les futurs projets de la ville qui allaient être publiques deux ou trois semaines plus tard. Est-ce grave? Peut-être comme dit M. Trépanier.

    Ces infos ne donnaient pas l'estimation du contrat. Elles ne donnaient que la date de la future demande de soumission.

    M. Trépanier a aussi affirmé qu'il appelait M. Marcil pour connaître le "gagnant" d'un contrat qui avait été "organisé d'avance". Quand M. Trépanier apprenait cette information "confidentielle", il s'empressait d'avertir le gagnant de "l'heureuse nouvelle". C'est curieux que maître Galant n'ait pas relevé le fait que puisque les gagnants étaient déjà déterminés à l'avance, pourquoi M. Trépanier perdait-il son temps à "annoncer" une nouvelle que les intéressés savaient d'avance?

    Pour moi, le fait de vouloir annoncer la "bonne nouvelle" confirme que M. Trépanier ne connaissait rien de la collusion et qu'il est le bouc émissaire de tout le système.

    D'ailleurs, après quelques questions de la part du commissaire M. Lachance, la preuve fut démontrée que M. Trépanier ne sait même pas ce qu'est un "consortium".

    Après avoir vu témoigner M. Trépanier, quels sont ceux qui peuvent croire que cet homme, ayant une 12e année C, qui ne cherche qu'à augmenter sa renommée d'un "gars qui a plusieurs contacts", peu avoir mis sur pieds un système comme celui qu'on découvre et qu'il ait pu diriger et contrôler les vice-présidents de toutes les grandes firmes internationales de génie-conseil de la ville de Montréal, tout autant que de ses grandes entreprises en construction?

    Moi, cela m'est impossible.

    Quand j'imagine une photo avec M. Zampino, M. Sauriol, M. Tremblay, M. Tomassi et M. Arcuso et que j'y ajoute M. Trépanier, j'ai de la difficulté à croire que les autres personnages puissent considérer M. Trépanier comme un égal; à moins qu'il leur serve, à tous, de bouc émissaire. Ils ne sont pas du tout de la même "école".

    André Lefebvre

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 29 mars 2013 07 h 40

    Un con... quoi ?

    «Un consortium ? Ben oui, j'en ai un dans le sud avec deux ou trois de mes chums. On est installé back à back sur le bord de la plage !»

    «La col.. ? y a la collusion avenir Québec qui ont ravalé l'André-Q à Mario, à par celle-là, j'en connait pas d'autres !» «Moé, j'vend des tabes, pis j'en vend ben parce que je connais tout le monde !»

    C'est ça le cerveau derrière toutes les manigances ? Ouais, shure !

    Essayez d'imaginer la conversation entre Trépanier et Zampino le cromé, ça devait pas être trop long ! J'ai hâte de le voir celui-là ! Il ne pourra pas jouer le même jeu que ga-ga Tremblay, ni le «J'me rappelle plus» à Millioto !