Échangeur Turcot: les nouveaux coûts seront plafonnés et les échéances revues

La reconstruction de l'échangeur Turcot prendra plus de temps et coûtera plus cher que prévu.<br />
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La reconstruction de l'échangeur Turcot prendra plus de temps et coûtera plus cher que prévu.

La reconstruction de l'échangeur Turcot ne sera pas terminée en 2017 mais plutôt en 2020 et ne coûtera pas 3 milliards $ mais bien 3,7 milliards $ – et peut-être même davantage.

Cependant, un groupe d'experts indépendants doit analyser en profondeur le projet, établir ce coût, et le gouvernement du Québec entend en faire un plafond fixe et inébranlable.

En conférence de presse lundi matin, à Montréal, la première ministre Pauline Marois a annoncé un ajout de 100 millions $ au budget du projet pour bonifier le transport collectif et l'aménagement urbain.

Mme Marois s'est dite confiante que le budget soit respecté. «Dans le 3,7 milliards $ il y a une réserve. Elle est de 700 millions $, de telle sorte que le projet pourrait être moins cher à la limite. Mais nous pensons qu'avec les réserves et les contingences, on devrait respecter ce plafond», a-t-elle précisé.

Cependant, puisque la réévaluation du projet est confiée à un groupe d'experts présumés indépendants, Mme Marois n'a pu complètement fermer la porte à une éventuelle augmentation. «Normalement, il ne devrait pas être plus [cher]», s'est-elle contentée de répondre lorsque confrontée à cette possibilité.

L'Autorité des marchés financiers (AMF) s'assurera pour sa part de la crédibilité des firmes qui effectueront les travaux en les contraignant à obtenir un certificat de conformité. La première ministre a fait valoir qu'il s'agissait du «premier grand ouvrage réalisé dans le respect des dispositions de la nouvelle loi sur l'intégrité en matière de contrats publics adoptée en décembre dernier».

«Il n'y aura pas de passe-droit», a ajouté Mme Marois, qui s'est cependant montrée prudente lorsqu'on lui a fait remarquer que tous les consortiums intéressés jusqu'ici comprennent des entreprises qui ont fait l'objet d'allégations de collusion et de corruption devant la commission Charbonneau.

«Avoir été nommé [à la commission Charbonneau] ne signifie pas qu'on a été condamné. C'est important de faire cette nuance, a rappelé Mme Marois. Les consortiums ont un an et six mois pour formuler et présenter leurs propositions pour construire Turcot et, d'ici là, ils auront à poser les gestes qu'il faut si tant est que, dans leur consortium, il y en a qui ont contrevenu aux lois.»

La première ministre a précisé que des sommes d'environ 100 millions $ seront investies annuellement dans l'entretien de la structure existante afin d'assurer la sécurité des usagers jusqu'à l'ouverture du nouvel échangeur Turcot.

«Cette sécurité ne pourra bientôt plus être garantie, compte tenu de l'âge de l'échangeur actuel», a cependant averti Mme Marois, indiquant que la situation ne permettait plus de délais. L'urgence de la situation a également empêché Québec de fignoler davantage le projet.

«Nous aurions voulu faire plus mais nous présentons aujourd'hui la meilleure solution envisageable compte tenu du projet dont nous avons hérité du précédent gouvernement», a-t-elle déclaré.

Les milieux d'affaires ont très bien accueilli l'annonce. Tant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain que le Conseil du patronat ont applaudi la décision de lancer le projet dès maintenant. Les deux organismes ont déploré le nouveau délai mais ont dit comprendre le contexte dans lequel la décision a été prise.


1 commentaire
  • Georges LeSueur - Inscrit 25 mars 2013 17 h 17

    Échangeurs à changer

    Bien des pays très peuplés et techniquement avancés n'ont pas d'échangeurs tout en ayant des infrastructures et des routes fort belles.
    Le canada, et spécialement le Québec doivent se battre avec l'hiver, le sel corrosif et la désagrégation rapide du béton.
    Comment se fait-il qu'on copie aveuglément le voisin américain en se refusant plus d'imagination et de créativité ?
    À près de quatre milliards l'investissement envisagé (pour juste une cinquantaine d'années), n'y a-t-il pas une solution plus écologique et durable sans échangeur aérien ?
    A-t-on vraiment testé les rond-points, généralisés en Europe ? Quitte à repenser l'environnement ?
    Les échangeurs: Plus de béton armé. Plus d'entretien et de réparations coûteuses.
    Les ponts Champlain et autres ne suffisent-ils pas à nous ouvrir les yeux ?