La CAQ mise sur l’innovation pour s’étiqueter comme parti de l’économie

 «À partir de maintenant, le parti de l’économie au Québec, c’est la Coalition avenir Québec», a lancé François Legault dans son discours d’ouverture devant quelque 400 militants.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir «À partir de maintenant, le parti de l’économie au Québec, c’est la Coalition avenir Québec», a lancé François Legault dans son discours d’ouverture devant quelque 400 militants.

Boucherville — Jean Charest avait son Plan Nord, François Legault a son Projet Saint-Laurent, un projet qui mise sur l’innovation plutôt que sur les ressources naturelles pour rattraper le niveau de vie du reste du Canada.

«La première chose qu’on devrait faire si on veut être libre de nos choix, c’est d’aller vers la péréquation zéro», a déclaré François Legault, au cours d’une conférence de presse tenue lors du premier Conseil général de la Coalition avenir Québec qui se déroule ce week-end.

«L’indépendance, ça commence par l’indépendance économique et actuellement le Québec est plus pauvre que les autres provinces», estime le chef ce la CAQ. «Qu’on soit fédéraliste ou souverainiste, on n’est pas dans une bonne position».

«À partir de maintenant, le parti de l’économie au Québec, c’est la Coalition avenir Québec», a lancé François Legault dans son discours d’ouverture devant quelque 400 militants.

«La vallée du Saint-Laurent, ce sera le point de départ d’une nouvelle conquête, pas juste d’un continent, mais de la planète. Mon rêve, c’est de faire de la vallée du Saint-Laurent une vallée de l’innovation, un endroit où l’imagination et la créativité deviendront le moteur de notre relance économique», a-t-il déclaré, non sans emphase, devant ses militants. Le chef caquiste a cité les modèles convenus : la Silicon Valley et la région de Boston, mais aussi Tech City récemment créée à Londres-Est, au Royaume-Uni.

Le Plan Nord, rien de «visionnaire»

Le Plan Nord, «ce n’est pas visionnaire», juge-t-il. «Ç’a été présenté au moment où il y avait un boom minier. Bien honnêtement, aujourd’hui, si on exclut l’or, le prix de la plupart des métaux a baissé. C’est pas mal moins porteur, le Plan nord.» Qui plus est, ce plan ne comprenait pas les plus importants projets en ressources naturelles au Québec, soit les gisements pétroliers de Old Harry et de l’île Anticosti, a-t-il fait observer.

Au «ménage» qui la définissait aux dernières élections, la CAQ ajoute aujourd’hui une «vision», a avancé François Legault. «Le ménage est un ''prérequis''; il précède le Projet Saint-Laurent». Des données précises et chiffrées sur ce projet, il n’y en avait pas samedi. Mais dimanche, le chef caquiste en révèlera quelques-unes, a-t-il promis. Mandatée par la CAQ, une équipe d’experts s’affairent à donner de la substance à cette vision. Des éléments seront dévoilés à la pièce au cours des prochains mois. Un livre sur le sujet sera publié à l’automne, à temps pour le premier congrès du parti.

«Tous les pays du monde privilégient le génie. Nous, ici au Québec, on a un petit peu de difficultés à dire: nos facultés de génie doivent être proches des entreprises», croit le chef caquiste. Cette proximité entre les grandes universités — à Montréal, à Québec et à Sherbrooke — favorisera certes la recherche appliquée, mais cela ne se fera pas au détriment de la recherche fondamentale. «On peut faire très bien les deux», a-t-il assuré.

Reprenant un de ses engagements électoraux, François Legault a indiqué qu’il allait réduire de moitié les crédits d’impôt aux entreprises, «un fouillis, un bar ouvert», pour investir les deux milliards ainsi dégagés dans l’innovation. Le projet passe aussi «par un effort considérable en éducation», une autre ligne de force du programme de la CAQ.

La députation caquiste compte davantage d’entrepreneurs et de gestionnaires du secteur privé que le PLQ et le PQ, s’est targué François Legault, en citant les noms de Christian Dubé, Stéphane Le Bouyonnec et François Bonnardel.  En matière économique, le nouveau chef libéral, Philippe Couillard, n’a avancé que «des concepts intellectuels, mais aucune proposition concrète». Quant au PQ, avec ses compressions dans les universités, il est «le parti du p’tit pain, le parti du déclin tranquille».

Le Québec et l’Ontario: même combat

Le Québec et l’Ontario sont sur la même longueur d’onde lorsqu’il s’agit de dénoncer les mesures du dernier budget fédéral au sujet de la formation professionnelle. «On devrait faire front commun avec l’Ontario», propose François Legault. Il a révélé toutefois avoir parlé au ministre conservateur Denis Lebel qui lui a dit que «M. Flaherty était ouvert [eu égard] aux modalités.»

Or en matière économique, la CAQ et le gouvernement Harper se rejoignent. «Nos objectifs se rapprochent pas mal» puisque le dernier budget fédéral prévoit des investissements substantiels dans l’innovation, a fait valoir le chef caquiste. L’appartenance au Canada n’est pas un frein au Projet Saint-Laurent. «Au point de vue économique, on est capable de faire les bons choix à l’intérieur du Canada pour changer la situation», croit François Legault.

Financement illégal: la CAQ va rembourser

Par ailleurs, Jacques Duchesneau, a assuré que sa formation collaborera avec le Directeur général des élections (DGE). Ce dernier a prévenu les partis politiques qu'ils pourraient devoir rembourser des dons perçus grâce à des prête-noms.

Le bureau du DGE a fait parvenir des lettres au Parti libéral, au Parti québécois, à la CAQ et à neuf partis municipaux pour les aviser de la mesure. Cette décision a été prise dans la foulée des révélations faites à la commission Charbonneau.

«On va collaborer avec le DGE. Ça fait plus d'un an que je dis que le DGE doit intervenir. Alors, bravo, il a fait la bonne chose, et il peut s'assurer de 100% de notre collaboration», a déclaré le député de St-Jérôme.

M. Duchesneau a indiqué que son parti va assumer ses responsabilités même si c'est l'ADQ qui est visée dans ce dossier. L'ADQ a cessé d'exister en 2011 après sa fusion avec la CAQ.

«C'est un peu comme si vous achetez une maison et il y a un vice caché. Vous l'assumez», a fait valoir M. Duchesneau.

Le montant à rembourser n'a pas été précisé, mais certains médias ont rapporté qu'il s'agirait d'environ 40 000 $.

Avec La Presse canadienne