Les militaires profitent de leur statut pour obtenir le droit à l'école anglaise, dit De Courcy

La ministre Diane De Courcy.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La ministre Diane De Courcy.

Québec — Des centaines de militaires francophones basés au Québec profitent de leur statut pour permettre à leurs enfants et leurs descendants d'intégrer le réseau scolaire anglophone, a soutenu jeudi la ministre Diane De Courcy.

Alors que les parents fortunés «achètent» à leurs enfants le droit d'étudier en anglais avec les «écoles passerelles», les militaires, selon la ministre responsable de la Charte de la langue française, utilisent leur fonction pour obtenir ce même droit constitutionnel.

Mme De Courcy veut fermer le robinet avec son projet de loi 14 qui revoit les dispositions de la loi 101 mais se bute à une opposition farouche de la Coalition avenir Québec (CAQ), déterminée à défendre l'exemption accordée aux militaires par le gouvernement de René Lévesque il y a 36 ans.

En 1977, l'exemption légale visait à protéger le droit des enfants de militaires anglophones en séjour au Québec de poursuivre leurs études dans leur langue maternelle.

Or, d'après les données fournies par la ministre en commission parlementaire mercredi soir, cette concession de la loi 101 a été «détournée» au fil des ans puisque ce sont aujourd'hui des parents francophones qui se prévalent de l'exemption.

Depuis octobre 2010, 376 demandes ont été déposées pour convertir l'exemption temporaire en droit permanent. Une fois obtenu, le droit s'applique aux frères et soeurs de l'enfant ainsi qu'à ses descendants.
26 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 21 mars 2013 14 h 54

    Et les enfants ?

    Qui pense au bonheur des enfants avant de penser idéologique? Ces enfants auront à voyager en milieu anglophone et se faires amis etc..

    Il est ridicule d'y voir dans ces enfants un péril pour le français au Québec !!!

    • Djosef Bouteu - Inscrit 21 mars 2013 16 h 40

      Il est ridicule d'à la fois invoquer le droit à l'école anglophone au nom de l'égalité des langues pour justifier ce choix par l'inégalité des langues, soit l'impossibilité de vivre en français au Canada.

      Encore plus ridicule de prétendre que les enfants ne peuvent pas être heureux en français.

    • Martin Blais - Inscrit 21 mars 2013 17 h 17

      Sérieusement M. Michaud, je ne vois pas pourquoi les militaires et les riches auraient plus de droits que les autres citoyens ?

      Et de grâce, cessez le sentimentalisme avec votre « bonheur des enfants », c'est d'un ridicule consommé. Comme si les enfants unilingues français étaient nécessairement malheureux et condamné à une vie médiocre !

      Que les enfants apprennent l'anglais à l'école à partir d'un certain âge, je suis parfaitement d'accord, mais que ce soit pour tous les enfants et pas seulement pour certains.

      Et de toute façon, le bilinguisme (et même le multilinguisme) est un choix, pas une obligation. Il faut arrêter de faire chier le peuple avec ça. Peut-être êtes-vous en adoration devant l'anglais, pour moi c'est peut être l'espagnol et pour d'autres, ce sera le mandarin. Qui êtes-vous donc pour imposer vos idées à tout le monde ? Le libre choix, ça vous dit quelque chose ?

    • Lydia Anfossi - Inscrite 21 mars 2013 18 h 17

      Des militaires francophones il est dit. Tout le monde au monde peut être appelés à voyager en milieu anglophone , ça ne donne pas des droits spéciaux!!

    • Alexis Gitto - Inscrit 21 mars 2013 23 h 32

      Un militaire peut être déployé dans des bases dans l'Ouest canadien et même à l'étranger. Contrairement aux autres citoyens, le militaire peut rarement dire non, cela fait partie de son contrat. Si tu es déployé dans l'ouest pour plusieurs mois ou années dans une base permettant la vie familial, il est normal que le militaire amène sa famille avec lui. Et si sa famille ne parle pas anglais, cela peut causer bien des problèmes. Je crois qu'on ne devrait pas considèrer la langue première ni l'origine provinciale pour les militaires puisqu'ils appartiennent au fédéral qui se doit être bilingue.

    • Martin Blais - Inscrit 22 mars 2013 13 h 41

      Pour votre gouverne M. Gitto, les journalistes qui sont correspondants à l'étranger peuvent eux-aussi être déployés pendant des mois, voir des années à l'étranger. Devrait-on leur accorder les mêmes passes-droit ?

      Et les agents de voyage, les pilotes ... finalement, à vous écouter, ce serait plus simple d'obliger tout le monde à apprendre et à parler l'anglais ! On pourrait aussi condamner toutes les langues de la planète et conserver seulement l'anglais tant qu'à y être, ce serait plus simple.

      Non, je ne suis pas d'accord. Je suis plutôt en faveur de resserrer la vis de la loi 101. Les militaires ont choisi leur métier en toute connaissance de cause alors qu'ils assument leur choix comme tout le monde. Que je sache, l'enrôlement n'est pas encore obligatoire au pays ! D'autant plus que les unilingues francophones n'ont même plus accès aux plus hautes fonctions dans l'armée, contrairement aux unilingues anglo. Heureusement que notre avenir et que la justice ne dépend pas des militaires ...

    • Alexis Gitto - Inscrit 22 mars 2013 18 h 47

      M. Blais,
      je crois que vous devriez vous calmer un peu, car il semblerait que vous imaginez des positions extrémistes dans mon commentaire. Reprenons point par point.

      1- Contrairement aux journalistes, aux pilotes et aux agents de voyages, les militaires sont obligés de déménager s'ils reçoivent l'ordre. En effet, ils sont liés à un contrat qui ne leur donne pas le choix d'obéir et de partir.

      2-<<finalement, à vous écouter, ce serait plus simple d'obliger tout le monde à apprendre et à parler l'anglais ! >> C'est en lisant cette phrase que j'ai écrit la première phrase de ce commentaire. JAMAIS, je n'ai parlé de forcer les gens à parler anglais et a vrai dire, je suis souverainiste, je suis d'accord avec une loi 101 beaucoup plus forte et je suis même membre d'option national. Ce que j'ai dit et que je redit encore est que je considère les militaires comme des citoyens a part. Leur travail et leurs devoirs envers la société est totalement différent de tous les autres métier du monde et pour cela, je crois qu'il faut les considèré comme un groupe "spécial" qui pourrait se soustraire à certaines règlementations provinciales (je souhaite clairifier que cette soustraction est très limité). Ces hommes et ces femmes risquent leurs vies à l'étranger pour nous, pouvons-nous au moins ne pas ajouter un poids sur leurs épaules en rendant l'éducation de leurs enfants beaucoup plus compliqué.

      3-<<Heureusement que notre avenir et que la justice ne dépend pas des militaires ...>> J'étudie en histoire et je peux vous dire que peut-être que présentement, votre avenir ne dépends pas d'eux, mais sans les militaires canadiens, ils n'auraient même pas de Québec ni de Canada.

  • Gilles Théberge - Abonné 21 mars 2013 15 h 13

    On a un méchant problème

    Étant donné l'obsession maladive qui voltige dans la tête de nombreux parents un autre drame se dessine. Certans même parlent d'empêcher les enfants du québec d'apprendre l'anglais et par voie de conséquence de s'appauvrir sur le plan culturel.

    Faut dire que depuis des décennies on fait croire à tout le monde que si les enfants Québécois ne parlent pas anglais sans accent à dix ans leur vie est finie...

    Mais au-delà de cette foutaise, on en est rendu à ce que faire éduquer ou scolariser son enfant en français au Québec pour un francophone, c'est en train de devenir une punition...

    Est-il possible Bap...e de descendre plus bas, dans le déni et la honte de soi?

  • Bernard Gervais - Inscrit 21 mars 2013 15 h 34

    Legault et la protection du français

    Entièrement d'accord avec la position de la ministre De Courcy. L'exemption accordée en 1977 a complètement été détournée de son objectif.

    Si la CAQ s'obstine à refuser l'annulation de cette même exemption, on saura alors quoi penser de Legault quand il dira à nouveau que la protection du français est une priorité pour lui !

  • Caroline Langlais - Inscrite 21 mars 2013 16 h 13

    de mieux en mieux...

    On s'élève à parler anglais et on se rabaisse à parler français...

  • Alexandre Beaudet - Inscrit 21 mars 2013 17 h 23

    Priorités, SVP !

    Des "centaines" de militaires... Est-ce que c'est vraiment une priorité pour les 7 millions de Québécois ????