La priorité va aux nouvelles prisons

Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir

La construction de prisons est une priorité pour le gouvernement Marois même si les budgets consacrés aux nouvelles infrastructures publiques subissent le couperet.

Le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, a indiqué mercredi que Québec allait de l’avant avec l’érection de quatre nouvelles prisons, soit à Roberval, où la construction est déjà commencée, à Amos, à Sept-Îles et à Sorel-Tracy. « Nous sommes conscients que nous vivons présentement, et ce, depuis une dizaine d’années, un problème de surpopulation de nos prisons », a déclaré le ministre dans un point de presse.


Il s’agit d’investissements totalisant 447 millions qui permettront d’incarcérer 705 détenus de plus, soit environ 15 % de la capacité actuelle des prisons qui relèvent du gouvernement québécois et qui sont réservées aux détenus condamnés à une peine de moins de deux ans.

 

L’impact de C-10


Stéphane Bergeron a toutefois souligné que l’ouverture de ces quatre nouvelles prisons, bien qu’elle élimine la surpopulation actuelle, ne répondra pas à l’afflux de prisonniers qu’occasionnera l’application de la Loi sur la sécurité des rues et des communautés (C-10). Cette loi impose des peines minimales aux trafiquants de drogue, aux agresseurs sexuels et aux jeunes contrevenants violents. Le ministre fait la même évaluation que son prédécesseur libéral Robert Dutil des conséquences de cette loi sur le système carcéral québécois : de 565 à 1048 détenus de plus, soit de 13,5 % à 25 % de la population carcérale, des coûts de 750 millions pour construire de nouvelles cellules et des dépenses récurrentes de 40 à 74 millions par année.


Plusieurs moyens sont envisagés pour réduire ce fardeau. Des négociations ont cours pour acquérir le centre de détention Leclerc, à Laval, fermé par le gouvernement fédéral. La surveillance électronique est une autre possibilité, ainsi que l’évaluation des détenus qui ont écopé de peines de six mois et moins.


Tant le gouvernement Marois que le gouvernement Charest ont demandé à Ottawa qu’il assume ces dépenses supplémentaires. « Malheureusement, on n’a pas eu droit à beaucoup de réceptivité », a signalé Stéphane Bergeron. Ce serait « une surprise » si le budget Flaherty contenait une telle indemnité, selon lui.


Le ministre a soutenu que la surpopulation carcérale n’était pas la cause de l’évasion en hélicoptère de la prison de Saint-Jérôme puisque l’aile qui abritait les évadés comptait 13 places pour autant de prisonniers.


Stéphane Bergeron ne voit pas la nécessité d’investir des millions pour se prémunir contre les évasions en hélicoptère. C’est « une évasion qui est, somme toute, une première, et qui ne risque pas de se reproduire, a-t-il fait remarquer. C’était certainement un moyen spectaculaire, mais ce n’était peut-être pas le meilleur moyen de s’assurer de réussir véritablement à s’évader. » Le ministre n’a pas précisé quels étaient les moyens d’évasion efficaces à la portée des prisonniers.

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