Commission Charbonneau: Dessau a fait pour 2 millions de fausse facturation

Le vice-président principal de Dessau, Rosaire Sauriol
Photo: - Le Devoir Le vice-président principal de Dessau, Rosaire Sauriol
Son vice-président principal, Rosaire Sauriol, a relaté à la commission, mardi, que l'entreprise s'était même dénoncée aux autorités fiscales en janvier 2011 afin de régulariser la situation, payer ses impôts, taxes et intérêts dus. Elle a payé environ 2 millions.

M. Sauriol, le numéro deux du géant du génie, ne s'est pas caché: «c'est moi qui faisais ça» pour l'entreprise. Le président est son frère, Jean-Pierre Sauriol, et était aussi au courant du stratagème.

La troisième plus importante firme de génie au Québec — après SNC-Lavalin et Genivar — a eu recours à deux entreprises pour l'aider dans son stratagème de fausse facturation: Rapid Check et Al-Shark, cette dernière étant de Kahnawake.

Dessau recevait une fausse facture de la part d'entreprises coquilles, qu'elle leur payait, pour recevoir ensuite de l'argent comptant, dont elle se servait ensuite pour faire des contributions politiques.

Le coût de ce système a été imputé non pas à des projets précis, comme chez d'autres firmes de génie, mais au département de ventes et marketing de Dessau, a-t-il noté.

M. Sauriol a expliqué que l'entreprise en est venue à cesser ces pratiques et à faire une divulgation volontaire au fisc à cause d'un ensemble de facteurs. «Ça a été la pression de l'ensemble dans l'industrie: [l'escouade] Marteau, les journalistes. Le système, le cancer était partout. Il fallait arrêter ça», a-t-il conclu.

La firme de génie-conseil a fait des contributions politiques aux partis provinciaux, ainsi qu'aux partis dans les municipalités de Montréal, Laval et Longueuil, a-t-il mentionné.

En 2009 et 2010, l'entreprise, qui compte maintenant 5000 employés, a revu ses pratiques d'affaires et révisé son code d'éthique.

Une autre firme de génie, Génius, avait affirmé à la commission qu'elle dégageait du comptant en se montrant généreuse dans les extras qu'elle laissait passer aux entrepreneurs en construction qu'elle surveillait sur les chantiers. Elle puisait ensuite 25 pour cent d'une partie de ces extras autorisés pour constituer ses contributions politiques.

M. Sauriol a catégoriquement rejeté cette pratique. «C'est inacceptable ça. Ce n'est pas quelque chose qu'on voulait faire» chez Dessau, a-t-il objecté.

Dessau est très engagée dans la région de Laval, mais la commission abordera le dossier de Laval dans un bloc distinct de ses audiences, plus tard, a fait savoir le procureur chef adjoint de la commission, Me Denis Gallant. Un autre représentant de Dessau viendra alors témoigner devant la commission.

Le témoignage de M. Sauriol se poursuivra mercredi.

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