Commission Charbonneau: BPR a joué le jeu de la collusion de crainte d'être privée de contrats à Montréal

Pierre Lavallée regrette d'avoir participé au stratagème grâce auquel les firmes de génie-conseil ont fait main basse sur les contrats d'infrastructures à Montréal.
Photo: Le Devoir Pierre Lavallée regrette d'avoir participé au stratagème grâce auquel les firmes de génie-conseil ont fait main basse sur les contrats d'infrastructures à Montréal.
Le président de la firme poursuit son acte de contrition à la commission Charbonneau. Pierre Lavallée regrette d'avoir participé au stratagème grâce auquel les firmes de génie-conseil ont fait main basse sur les contrats d'infrastructures à Montréal. «On aurait dû y penser. On aurait dû consulter. On aurait dû sortir de là», a dit M. Lavallée.

BPR n'a pas joué le jeu de la collusion par appât du gain, a expliqué son président. «On avait peur de ne plus avoir de contrats», a-t-il expliqué.

Les principaux actionnaires de BPR n'ont pas sollicité d'avis juridiques avant d'accepter de verser des ristournes de 3 % (pour un total de 145 000 $ à 155 000$) au collecteur de fonds Bernard Trépanier. M. Lavallée ignorait qu'il aurait pu se plaindre au Bureau de la concurrence, qui accorde la clémence au premier dénonciateur en matière de collusion.

Il a comparé sa situation à celui d'un automobiliste: il sait bien que la limite est de 100 km/h sur les autoroutes, mais qu'il peut rouler jusqu'à 118 km/h avant de se faire inquiéter par la police. «Oui, mais là, vous étiez  à 130 km/h», a interjeté le commissaire Renaud Lachance.

«Je suis malheureux de ça. C'est stupide de l'avoir fait», a dit M. Lavallée. La firme n'avait aucune politique interne pour prévenir la collusion dans les années 2000. Aujourd'hui, elle dispose d'une ligne de dénonciation, et quiconque participe à la collusion ou à la corruption sera mis à la porte sans compensation. «Ça serait impossible pour moi et pour n'importe quel de mes employés de participer au système», a dit M. Lavallée.

Les compteurs d'eau  

BPR était la firme responsable d'accompagner et de conseiller la Ville de Montréal dans l'octroi du contrat des compteurs d'eau, un fiasco de 356 millions. Le contrat a été accordé au consortium GÉNIeau (Dessau et Simard Beaudry) à la suite d'un appel d'offres entaché de nombreuses irrégularités. Ce contrat a été résilié à la suite d'une enquête du Vérificateur général de la Ville.

M. Lavallée s'est posé des questions sur le processus d'appel d'offres, puisque seulement deux consortiums ont fini par déposer une soumission, GÉNIeau et SM-Catania. Il a confronté le directeur général de la Ville, Claude Léger, et le président du comité exécutif, Frank Zampino, à qui il a demandé: «Y a-t-il quelque chose d'arrangé. On m'a répondu: “non, il n'y a pas de problème.”»

M. Lavallée s'est dit «rassuré» car il souhaitait entendre cette réponse. BPR a donc poursuivi son travail d'accompagnement avec la Ville. «Ça me semblait impossible que quelqu'un exige 3 % sur un contrat de 300 millions», a-t-il expliqué.

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