PLQ: Couillard maintient Fournier en poste pour diriger l'aile parlementaire

Philippe Couillard s'est montré satisfait du travail de Jean-Marc Fournier, qui a occupé la fonction de chef intérimaire jusqu'à l'élection du nouveau chef dimanche.
Photo: - Le Devoir Philippe Couillard s'est montré satisfait du travail de Jean-Marc Fournier, qui a occupé la fonction de chef intérimaire jusqu'à l'élection du nouveau chef dimanche.
Au lendemain de son élection, M. Couillard a ouvert une conférence de presse, lundi matin, en s'adressant à ses anciens adversaires, Raymond Bachand et Pierre Moreau.

«Mes premiers mots seront pour féliciter mes deux collègues, M. Bachand et M. Moreau, pour la qualité de leur campagne, leurs allocutions d'hier et pour les messages positifs qui ont été envoyés en termes de ralliement après l'annonce des résultats», a-t-il dit.

Une certaine présence

M. Couillard participera mardi à l'Assemblée nationale à son premier caucus des députés libéraux, à titre de nouveau chef du PLQ. Il maintiendra ensuite une présence hebdomadaire aux rencontres de l'aile parlementaire.

Le nouveau chef a répété qu'il préfère consacrer les prochains mois à des tournées régionales qui précéderont l'organisation de colloques de militants et qu'il n'est pas pressé de se faire élire à l'Assemblée nationale.

M. Couillard souhaite qu'entre-temps le PLQ lui verse un salaire, dont il n'a pas précisé le montant. L'information sera rendue publique le moment venu, a-t-il dit indiqué.

Aile parlementaire

Le chef libéral a annoncé que M. Fournier, qui a occupé la fonction de chef intérimaire jusqu'à son élection, dimanche, conservera ses fonctions à la tête du caucus.

«Vous avez pu comme moi constater la qualité de son travail de chef de l'opposition, nous serons bien sûr en liaison très étroite dans nos rôles respectifs», a-t-il dit.

D'autres décisions suivront concernant l'aile parlementaire, au moment de la semaine de relâche parlementaire prévue à la fin du mois.

M. Couillard n'a pas été en mesure de dire si M. Bachand souhaite conserver ses fonctions de porte-parole en matière de finances.

«Je vais continuer les rencontres et c'est prioritaire pour moi de rencontrer M. Bachand et M. Moreau, ce sera fait dans le très proche avenir», a-t-il dit.

Le chef libéral a assuré qu'il souhaite leur réserver des rôles «très importants» dans son équipe. M. Moreau est actuellement porte-parole en matière d'affaires intergouvernementales canadiennes.

Langue française

Alors que l'aile parlementaire libérale a rejeté les fondements mêmes du projet de loi 14, qui vise à modifier la Charte de la langue française, M. Couillard a précisé que ses députés étudieront tout amendement qui pourrait être proposé.

«Plutôt que d'imposer plus de coercition, nous voulons valoriser le français et aider les gens et leur donner des incitatifs pour franciser leurs entreprises, sans toutefois alourdir le fardeau administratif des entreprises», a-t-il répondu à une question en anglais.

«Mais si des amendements sont présentés, nous avons une équipe parlementaire responsable, qui vont regarder les amendements et les étudier.»

Vite une élection, dit Marois

Lors d'un point de presse à Montréal, la première ministre Pauline Marois a pressé M. Couillard de se faire élire.

«Je crois qu'il est toujours préférable qu'un chef de parti soit là où se débattent les différents sujets qui concernent la population québécoise», a-t-elle dit.

Mme Marois a déclaré que M. Couillard était affaibli à cause de sa relation amicale et professionnelle avec Arthur Porter, l'ex-directeur général du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) recherché par la police pour fraude et abus de confiance.

«Le dossier est lourd et c'est à mon avis une pierre au soulier de M. Couillard, cette relation avec M. Porter», a-t-elle dit.

Lors de sa conférence de presse, M. Couillard a répété qu'il n'avait rien à voir avec les faits qui sont reprochés à M. Porter, relativement à l'octroi d'un contrat du CUSM à la firme de génie SNC-Lavalin.

Le chef libéral a aussi déclaré qu'il ignorait si M. Porter, qui présidait le Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité (CSARS), a joué en rôle dans sa nomination à cette instance.

«Ça me paraît impossible de juger de ça, a-t-il dit. J'ai été contacté par le Conseil privé.»

M. Couillard a ajouté qu'avant sa nomination, il n'avait jamais discuté avec M. Porter de ses activités au CSARS.

Et la Constitution?

Par ailleurs, M. Couillard n'a pas donné de précisions sur les demandes qui pourraient être faites par le Québec en contrepartie de la ratification de la Constitution canadienne que le politicien propose d'ici 2017.

«D'abord, ce qu'on doit faire entre Québécois, c'est se rassembler autour la définition de notre caractère distinct et spécifique, qu'on a laissé un peu définir par différents groupes selon leurs orientations politiques», a-t-il dit.

M. Couillard mise sur le fait que les militants du PLQ sont de toutes origines pour élaborer davantage à ce sujet et susciter un intérêt dans la population pour cette question.

«Ce que j'ai remarqué sur le terrain, c'est qu'il y a une partie de la population québécoise, surtout ceux qui ne sont pas de la majorité francophone, qui ne se sent pas interpellée, ils ne se sentent pas inclus lorsque, par exemple, le Parti québécois parle de nation», a-t-il dit.

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