Compressions dans les CPE: l'AQCPE se sent trahie par Marois

 L'Association québécoise des CPE se dit «trahie» par Pauline Marois, l'instigatrice du réseau. Son directeur général, Louis Senécal, estime que c'est la «pire attaque» de l'histoire des CPE.
Photo: Annik MH de Carufel - Archives Le Devoir L'Association québécoise des CPE se dit «trahie» par Pauline Marois, l'instigatrice du réseau. Son directeur général, Louis Senécal, estime que c'est la «pire attaque» de l'histoire des CPE.

 

Dès le 1er juillet, les CPE subiront des compressions de 37,9 millions, une baisse de 3,5% de l'enveloppe budgétaire. Le gouvernement Marois réduit aussi de 18,3 millions les subventions accordées aux garderies privées.

Les garderies devaient pourtant échapper aux compressions en 2013-2014, selon le budget Marceau déposé en novembre.

L'Association québécoise des CPE se dit «trahie» par Pauline Marois, l'instigatrice du réseau. Son directeur général, Louis Senécal, estime que c'est la «pire attaque» de l'histoire des CPE.

En 2006, le gouvernement Charest avait procédé à des coupes de 50 millions, lesquelles avaient été dénoncées par Mme Marois. Les compressions s'étaient alors traduites par quelque 800 abolitions de poste dans le réseau.

Les coupes annoncées par le gouvernement péquiste pourraient entraîner la suppression d'un à deux postes par CPE à travers la province, d'après les prévisions de M. Senécal.

«Les parents feront face à des bris de service parce que les CPE ne sont plus en mesure d'offrir l'encadrement suffisant prévu par la loi», a prévenu M. Senécal. «Notre économie roule parce qu'on laisse nos enfants le matin dans un service de garde de qualité avec des éducatrices qualifiées», a-t-il ajouté, précisant que les conséquences ont été grandement sous-évaluées par le gouvernement.

Mobilisation

Il promet que le réseau des CPE se mobilisera comme jamais, et que tous les moyens seront utilisés pour exercer des pressions sur le gouvernement, y compris des journées de fermeture. Déjà, l'association qu'il dirige espère rencontrer la première ministre, mais aucun rendez-vous n'avait encore été ajouté à l'agenda de la première ministre, samedi.

M. Senécal promet que les parents aussi se mobiliseront. Selon lui, les CPE ont largement contribué au cadre budgétaire austère des derniers gouvernements.

«La ministre (Nicole Léger) était visiblement très mal à l'aise de nous annoncer ça, jeudi», a-t-il indiqué.
 

M. Senécal s'est dit plus que surpris et choqué par l'annonce du ministère. Il ne conçoit pas comment un gouvernement favorable à l'implantation de nouveaux CPE, qui s'est fait élire avec l'engagement formel de fournir une place pour chaque enfant, peut remettre en question une promesse électorale si rapidement. «S'il y a une explication, on va l'écouter, mais pour l'instant, on est incapable d'y voir autre chose qu'une volonté politique de démontrer que le gouvernement est prêt à couper partout, même dans les CPE.»
 

Selon M. Senécal, la marge de manoeuvre de bon nombre de gestionnaires de CPE est inexistante, puisque les salaires, qui représentent 80% des budgets de fonctionnement, sont négociés dans le cadre de conventions collectives dans 40 pour cent des CPE, et que l'ensemble du réseau est régi par des normes de ratio éducateurs/enfants.

«Je me demande bien comment les partenaires syndicaux vont réagir à cette annonce-là », souligne-t-il.


Par Mathieu Simard

 


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