Projet de loi 14: ON ne voit plus de marge de manoeuvre pour le PQ

Québec — Le projet de loi 14 sur la langue française est tellement édulcoré qu’il ne peut faire l’objet d’aucun compromis supplémentaire, estime Pierre Curzi.


« Si la Coalition avenir Québec demande des compromis majeurs sur des parties qui m’apparaissent être centrales et intéressantes dans le projet de loi, je dis au gouvernement : vous n’avez pas de marge de manoeuvre. Vous ne pouvez pas accepter beaucoup de compromis parce que si vous le faites, vous allez dénaturer ce qui me semble déjà à tout le moins minimal. Donc, vous seriez mieux de retirer votre projet de loi plutôt que de l’amoindrir. Attendez d’avoir une situation politique qui vous permettrait d’avoir une politique de la langue qui soit ferme. »


L’ancien péquiste s’exprimait en commission parlementaire à titre de responsable du dossier de la langue pour Option nationale.


Selon Pierre Curzi, qui a avoué d’entrée de jeu qu’il trouvait « étrange » d’être du côté des visiteurs, les différentes mesures proposées dans ce projet de loi ne sont que « du boulonnage » avec « des ajustements ici et là » qui étaient nécessaires, mais pas assez « structurants ».


« Malgré les bonnes intentions, ça ne va pas suffisamment loin pour être un contrepoids efficace à l’état du français dans la grande région de Montréal et en Outaouais, là où les problèmes se posent. »


Un peu travesti


Tentant d’amadouer celui qui a été responsable de son dossier pendant plusieurs années, la ministre Diane De Courcy a affirmé s’être « largement inspirée » du projet de loi 593 que Pierre Curzi avait déposé à titre de député indépendant l’an dernier, « ce qui fait que vous vous y reconnaissez sans doute », a-t-elle affirmé avec un grand sourire.


En point de presse, Pierre Curzi a reconnu qu’il y avait bien un peu de lui dans le projet de loi 14. « Il y a certaines mesures que je préconisais, comme l’application de la Charte aux petites entreprises de 26 à 50 employés, mais je le faisais très différemment. […] Alors, je me reconnais, mais un peu travesti. »


Dans son mémoire, Option nationale critique la décision du gouvernement de laisser le libre-choix aux conseils d’établissement d’offrir l’anglais intensif en sixième année, ce qui va « à l’encontre de l’esprit même de la Charte appliquée aux écoles ». Il recommande au gouvernement d’interdire « toutes formes d’écoles passerelles ». Enfin, il veut étendre l’application de la Charte au collégial : « Pourquoi utiliser des fonds publics pour essayer de franciser des entreprises si l’État paie pour la formation en anglais du futur métier des travailleurs ? »

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