Chefferie du PLQ - Bachand n’a pas conclu d’alliance avec Moreau pour battre Couillard

Raymond Bachand a réaffirmé qu’il se rallierait au gagnant si les libéraux estiment qu’un autre candidat est mieux placé que lui pour diriger le parti et lui redonner le pouvoir.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Raymond Bachand a réaffirmé qu’il se rallierait au gagnant si les libéraux estiment qu’un autre candidat est mieux placé que lui pour diriger le parti et lui redonner le pouvoir.

Le candidat au leadership du Parti libéral du Québec (PLQ) Raymond Bachand dit qu’il n’a pas conclu d’alliance avec Pierre Moreau pour contrer à tout prix le meneur de la course, Philippe Couillard.

M. Bachand tient pour acquis qu’il y aura deux tours, dimanche, lors du vote pour le choix du successeur à Jean Charest, et il maintient qu’il a encore de bonnes chances de l’emporter, selon ce qu’il a confié à La Presse canadienne, mercredi, lors d’une entrevue-bilan de sa campagne.


Mais s’il n’y a pas d’entente formelle entre les deux rivaux de Philippe Couillard, il semble y avoir, à tout le moins, une communion de pensée qui augure des rapprochements entre les camps Moreau et Bachand avant le deuxième tour, s’il devient nécessaire. « Il n’y a pas d’alliance, pour l’instant, comme telle », dit M. Bachand.


« Si elle se fait, elle va se faire naturellement », sur le parquet de l’auditorium de Verdun, durant le week-end, dit celui qui considère que « les députés Bachand et les députés Moreau s’entendent très bien ».


38 députés aptes à voter


Pour le premier tour, les jeux sont faits chez les députés. Sur les 50 députés libéraux, deux sont candidats et dix ne peuvent pas se prononcer en raison de leurs fonctions parlementaires ou de leur rôle dans la course. Il en reste donc 38 aptes à voter et, éventuellement, à convaincre les délégués de leur circonscription de voter pour leur poulain.


Des trois candidats, Philippe Couillard arrive premier avec l’appui de 14 députés, suivi de près par Pierre Moreau avec 13, tandis que Raymond Bachand compte sur 10 députés. Un seul ne s’est pas prononcé : le député de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis.


Même si les députés se sont commis et que tous les délégués au congrès sont désormais choisis dans les 125 circonscriptions, « rien n’est joué », selon l’ex-ministre des Finances, qui se dit convaincu que la lutte est très serrée et que le chef sera élu « au photo-finish ». « Il y a du mouvement », assure le candidat, confiant que l’avance de Philippe Couillard, bien que réelle, n’est pas insurmontable, puisque « plusieurs centaines de personnes sont encore en mouvance » selon lui.


D’ici dimanche, le jeu de coulisses va donc s’intensifier auprès des délégués et des députés, au cas où l’avance attribuée à M. Couillard au premier tour n’aura pas été suffisante pour arracher la victoire.


M. Bachand est d’avis que l’avance de son rival au premier tour n’indique d’aucune façon que M. Couillard aura nécessairement la partie facile au deuxième tour. « Il y a des délégués qui peuvent voter pour M. Couillard parce qu’ils se sont moralement commis de le faire au premier tour » mais qui se sentiront libres d’aller vers un autre candidat au deuxième, selon lui.


Satisfait de sa campagne


M. Bachand se dit satisfait de sa campagne, même s’il n’a jamais été considéré comme le favori du début à la fin. Il souligne avoir fait aux membres des « propositions très concrètes » pour renouveler le parti et apporter des idées nouvelles.


« C’est pas le cas de M. Couillard », ajoute-t-il, ne résistant pas à la tentation de décocher une nouvelle flèche à l’endroit de son rival.


Rendu à l’âge où la plupart des gens ont déjà pris leur retraite, M. Bachand, âgé de 65 ans, se qualifie lui-même de plus « expérimenté » des trois candidats. Il considère que cette question « n’a pas été un facteur » dans la course et que son âge a plutôt été un « atout ».


Il n’a pas aimé la formule retenue pour choisir le prochain chef libéral (un congrès avec 24 délégués par circonscription, au lieu d’un vote permettant à tous les membres de se prononcer) et dit que ce sera certainement une chose à changer dans la constitution du parti s’il devient chef.

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5 commentaires
  • Bertrand Picard - Inscrit 14 mars 2013 09 h 10

    Candidat.

    J'espère Moreau et Bachand seront pas élu chef du parti libéral des ancien Poulin de Jean Charest.
    B.Picard.

    • Bernard Moffett - Inscrit 14 mars 2013 10 h 16

      Pas élus? Et pourquoi pas les deux simultanément. Les trois même. Peut-être qu'en canibalisant les pièces de l'un ou de l'autre, les techs du Labo PlqModernité donneraient vie à un extra-super-polit-robot iCBM+, format triumvir, capable pour le bien général de facturer l'air pour respirer. Mais comme pour Gentilly... Chut! Pas tout de suite. Secret-défense.

  • André Lefebvre - Inscrit 14 mars 2013 09 h 52

    OK.

    S'il n'a pas conclus un tel marché et qu'il devient chef du parti quand même, on devra se demander "avec qui" il a conclu un marché. Espérons que cela ne l'amènera pas à comparaître publiquement.

    André Lefebvre

  • Jacques Boulanger - Inscrit 14 mars 2013 10 h 01

    Trop tard

    Pourquoi les Libéraux n'ont-ils pas repêché Stéphane Dion ? Un pur et dur et un digne successeur à Jean Charest et un Libéral en plus et qui aurait mené la vie dure aux péquisses et séparatisses de toute sorte. Mais non, on se croirait dans un remake du film « le Bon, la Brute et le Truand ». Au moins, Charest, dans la peau du Parrain, était plus crédible.

  • Rodrigue Guimont - Inscrit 14 mars 2013 10 h 40

    Pas d’entente entre Moreau et Bachand? Cela serait plus que surprenant…


    Tout pour battre Couillard, les coups bas, les alliances entre compères qui se connaissent bien.

    Qu’y a-t-il de pire? Avoir estimé le Dr Arthur Porter et s’être laissé berné par son «charisme» ou avoir fait partie jusqu’au bout d’un gouvernement qui a fermé les yeux, sinon encouragé ou collaboré, directement ou indirectement la corruption?