Commission Charbonneau - Le stratagème de Génivar décodé par Perreault

L’ingénieur François Perreault a expliqué le stratagème d’une désarmante simplicité qui a permis à sa firme, Génivar, de faire des dons illégaux en argent comptant de 300 000 $ à 400 000 $ à Union Montréal avec la complicité de ses collègues Yves Lortie et Yannick Bouchard.

Les trois dirigeants de Génivar recouraient aux services d’entreprises de construction existant sur papier seulement. Dix-sept firmes acceptaient de faire des fausses factures pour des services fictifs. Elles gardaient une commission de 10 à 15 % et elles retournaient le reste en liquide, soit à M. Lortie ou M. Perreault.

Certaines de ces firmes avaient des noms tout à fait appropriés pour ces transactions opaques faisant apparaître l’argent comptant comme par magie : Construction Extra, Les Constructions Aladin…

L’argent comptant ne restait jamais longtemps entre les mains des grands patrons de Génivar. « Ça rentre, ça sort instantanément », a dit M. Perreault, mercredi à la commission Charbonneau.

M. Perreault remettait l’argent à Bernard Trépanier, soit chez Génivar, soit sur la rue, devant le deuxième bureau de « Monsieur 3 % », situé tout près du club privé 357 C. Il a ainsi donné de 300 000 $ à 400 000 $ au collecteur de fonds d’Union Montréal.

M. Perreault a démissionné de son poste de vice-président chez Génivar, vendredi dernier, sachant qu’il allait révéler l’étendue de son rôle dans le cartel des ingénieurs.

Radio-Canada avait révélé en février 2010 qu’au moins deux compagnies de construction, Exékut et Construction Extra, avaient fait des fausses factures pour Génivar. La compagnie s’était dite ébranlée par ces révélations et elle plaidait la bonne foi.

Ce reportage avait suscité la commotion, a dit M. Perreault, et une enquête interne avait été menée sur la fausse facturation. « C’est n’était pas allé plus loin, on n’a pas fait le pont [avec la collusion] », a-t-il expliqué. M. Perreault a été sanctionné pour sa conduite : il a été privé d’un bonus de 100 000 $. « J’ai payé pour », estime-t-il.

Le nom d’Yves Lortie a été évoqué à plus d’une reprise à la commission Charbonneau. Grand ami de Robert Marcil, l’ex patron des infrastructures à la Ville de Montréal, M. Lortie faisait partie de la liste des invités de Giuseppe Borsellino, patron de Garnier Construction, lors d’un voyage de luxe en Italie. M. Lortie est présentement à l’emploi du Groupe SM, où travaille aussi Robert Marcil.

Yves Lortie et Yannick Bouchard sont par ailleurs les organisateurs d’un déjeuner de financement controversé de l’ex ministre libérale Line Beauchamp, auquel assistait un membre important de la mafia, Domenico Arcuri.

Détails à venir
12 commentaires
  • Pierre Sabourin - Inscrit 13 mars 2013 10 h 37

    Nous sommes tous des mortels.

    Le commun des mortels serait vite traduit devant la justice. Le fait que ce soit mêlé au politique, on semble nous faire accroire qu'on fait une commission au lieu comme si on avait peur que le système s'écroule. Cette pensé est fausse puisque le système restera intact, ce sont ces élus corrompus qui vont partir.

    • Sylvain Auclair - Abonné 13 mars 2013 12 h 50

      Et sur quelles bases? Avez-vous des preuves autres que les dépositions à la commission Charbonneau? Pensez-vous que ces gens auraient témoigné à charge à leur propre procès?

  • Franklin Bernard - Inscrit 13 mars 2013 11 h 04

    Y aura-t-il des suites judiciaires à cette Commission?

    Il y a des pays où des gens ont fait, et font encore, de la prison pour ce genre de délit financier. L'ancien président de la République Française, Jacques Chirac lui-même, a été condamné pour un délit semblable. Allons-nous laisser en liberté ces gens-là qui nous ont volés?

    • Francois Cossette - Inscrit 13 mars 2013 11 h 57

      Ben non voyons !!!!

      Au quebec y a JAMAIS personne de responsable. On est comme un gros CPE et on va juste donner des petites tapes sur les doigts et la promesse de ne pas recommencer.

      Ou vous croyez vous donc, au USA.

  • Gilles Bousquet - Abonné 13 mars 2013 11 h 30

    Nous pouvons remercier

    Les repentis comme M. Perreault qui, contrairement à d'autres, semble être très crédible, ce qui éclaire le Québec en général et Montréal en particulier, pour le futur, ce qui devrait nous faire économiser beaucoup de sous.

    • André Desgagnes - Inscrit 13 mars 2013 22 h 26

      Monsieur Bousquet depuis que Jean Charest à mis sur pied l'escouade Marteau,et l'UPAC,il n'y à plus de corruption.
      Donc il serait temps de mettre un terme à cette télé-réalité,et qu'on laisse faire la police qui elle va en sorte que les bandit seront arrêté et mis en prison.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 14 mars 2013 07 h 32

      «depuis que Jean Charest à mis sur pied l'escouade Marteau,et l'UPAC,il n'y à plus de corruption.»
      M.Desgagnes, je refuse de croire que votre commentaire n'est pas sarcastique.

      Perreault n'a pas défendu la cause de Montréal parce qu'elle était perdu d'avance. Mais il a fait bien attention de ne pas dépasser ces limites ! Vous n'allez pas me faire croire que vous pensez que le provincial est propre propre propre !

      Une idée comme ça : que penseriez-vous si au lieu de les envoyer en prison bien au chaud, on les mettrait en faillite ces croches-là pis qu'ils se ramassent dans la rue à nettoyer nos pare-brises ?

      Je ne sais pas pour vous, mais moi, je perçois une ombre juste hors de mon champs de vision que je ne peux pas encore identifier encore plus dangereuse que la mafia de Mtl !

      C'est maintenant qu'il faut être encore plus attentif et ne pas succomber à l'usure de la sur-médilisation. C'est aux petites heures que les sentinelles se font attaquer !

  • Benoît Gagnon - Inscrit 13 mars 2013 12 h 42

    Libéralisme

    Vous imaginez, un monde avec des lois financières imposées qu'à ceux qui ne peuvent rien y changer? Un monde s'auto-gérant supposémment sur des principes de Lois divines. Non seulement y aurait-il autant de corruption, de circulation d'argent sale, de spéculation, etc. Mais en plus, ces actes seraient devenus tout à fait légaux.

    Ils sont déjà, en fait, officieusement légaux, puisque les gens qui les commetent ne seront jamais inculpés ou réprimandés pour quoi que ce soit (au pis, il y aura de la grogne populaire pour quelques semaines). C'est de la faute de la corporation... C'est de la faute de la "Company". C'est de la faute du système actuel tellement gauchiste et étatique (sic!). Voilà le monde dont rêve les conservateurs de l'Ouest et les Ron Paul de ce monde. Un monde libre de tout État, de toute emprise, aussi minime soit-elle, de la population sur les décisions prises qui concernent pourtant tout le monde. Des décisions pour lesquelles la population n'a aujourd'hui plus qu'un droit de regard (plusieurs années plus tard). Bientôt, on n'aura même plus ce droit.

    À tous ces libertariens, corporatistes et conservateurs, la voilà votre liberté. Prenez-la, puisqu'elle ne vous appartiendra plus pour très longtemps. Au Québec, cette liberté a déjà le goût amer de la fausse justice rendue. Dans ce monde idéal, l'honeur, la justice, la dignité, la vérité et le respect ne seront plus que des mots inscrits sur des feuilles de cristal installées dans les halls d'entrée des palais de la triche et de la fausseté (qu'on appelait autrefois les palais de justice).

    D'autres feuilles, vertes et en papier cette fois, a contrario, auront pris le peu de place qui reste aux qualités humaines nécessaires à la survie d'une société. Et la population, qui se fait leurrer de bas en haut par des commissions-réalité et des rencontres à huis clos parfaitement orchestrées, applaudira à toute l'affaire, arguant de ses libertés disparues. Quelle ironie qu'est le libéralisme-corpora

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 14 mars 2013 07 h 40

      Mon cher ami, si vous partez pour une autre planète où la justice existe, donnez-moi un coup de fils, j'embarque ! Effectivement, faire le ménage dans notre petite province ressemble étrangement à faire le ménage d'un fond de garde-robe en laissant le reste de la maison en désordre, mais tant que personne n'a le pouvoir sur tout, tout ne sera pas réglé selon vos désirs, à moins que vous deveniez l'Empereur de la Terre. Et bonne chance pour ne pas tomber dans le piège du pouvoir absolut !

      En toute amitié.

  • Maxime St-Jacques - Inscrit 13 mars 2013 19 h 54

    Il aurait fallu que quelqu'un dise non

    Les lois, désarmantes, sont utilisées par les corrompus comme des armes envers les droits. Ils n'avaient pas le droit de donner des enveloppes brunes, les pots de vins qui désarment la justice. Il fallait, quitte à crier, dire non!

    Tous des coupables, merci. maxime St-Jacques

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 14 mars 2013 07 h 46

      Il ne reste à Gaïa qu'a se débarasser de ce fléau qu'est l'humanité ! Tiens, un autre déluge avec un autre Noé. Pourquoi pas ? Qui sera l'élu cette fois-ci ?

      Il y a un changement depuis hier,; les humbles et les pauvres ont un nouveau pape, ils ne se sentirons plus seul maintenant devant les requins ! Alléluya !