Gentilly-2: la CAQ réclame une commission d’enquête

Un avis de suspension des travaux de réfection de la centrale Gentilly-2 a été envoyé à Énergie atomique Canada limitée (EACL) le 14 mai 2012 et la caution d’exécution de 75 millions avait été encaissée deux jours plus tard.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Un avis de suspension des travaux de réfection de la centrale Gentilly-2 a été envoyé à Énergie atomique Canada limitée (EACL) le 14 mai 2012 et la caution d’exécution de 75 millions avait été encaissée deux jours plus tard.

Québec — La Coalition avenir Québec demande une commission d’enquête sur les « agissements de l’ancien gouvernement libéral et de la direction d’Hydro-Québec » afin de démystifier, une bonne fois pour toutes, « qui savait quoi et quand » dans le dossier de Gentilly-2.

Réagissant à l’article du Devoir qui révélait mardi qu’un avis de suspension des travaux de réfection avait été envoyé à Énergie atomique Canada limitée (EACL) le 14 mai 2012 et que la caution d’exécution de 75 millions avait été encaissée deux jours plus tard, le député caquiste François Bonnardel a annoncé son intention de déposer une motion mercredi pour « faire la lumière » sur la séquence des événements.


« J’ose croire que le Parti québécois va dire oui, qu’on va aller au fond des choses, qu’on va nommer une personne qui va être capable d’élucider et de donner le portrait pour voir si le gouvernement a caché l’information », a précisé le député de Shefford en entrevue.

 

Démentis au Parti libéral


Le Parti libéral s’est défendu en affirmant que le gouvernement n’avait rien à voir avec la décision stratégique d’Hydro-Québec de retirer la caution et que le retrait de celle-ci ne signifiait nullement que le projet de réfection était compromis.


« La position d’Hydro-Québec, devant la cour de justice, c’est qu’EACL est en défaut. La reprise de la garantie ou du cautionnement ne signifie absolument pas qu’il y avait une décision qui avait été prise par le gouvernement », a affirmé le chef libéral par intérim, Jean-Marc Fournier, en point de presse impromptu mardi.


Interrogé spécifiquement sur le fait qu’EACL n’était pas en mesure de mener à bien le contrat - raison invoquée par Hydro-Québec pour encaisser la caution -, ce qui l’empêchait donc de poursuivre les travaux de réfection même si le gouvernement l’avait souhaité, Jean-Marc Fournier répond qu’il « ne peut pas l’inférer ». Et bien qu’il soit de nature publique que le sous-ministre aux Ressources naturelles siège au conseil d’administration d’Hydro-Québec, Jean-Marc Fournier affirme que ce dernier n’était « pas nécessairement » au courant.


La députée libérale de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, a pris la peine de souligner qu’elle n’était pas au courant de ces informations, mais a tenté de brouiller les cartes en parlant d’un ralentissement des opérations qui était déjà en vigueur et des études d’Hydro-Québec que l’ancien gouvernement libéral attendait. « Ce qui est sorti ce matin, c’est ce qui s’est fait en marge du processus de ralentissement, mais ça ne venait absolument pas mettre en doute notre décision d’avoir un préjugé favorable pour faire la réfection de Gentilly-2. »


Tournant les talons, elle a refusé de répondre à la question que lui adressait Le Devoir pour savoir comment le gouvernement aurait pu relancer le projet alors qu’Hydro-Québec avait retiré la caution mise en garantie par EACL parce que le contrat n’était plus jugé exécutable.


Aveuglement volontaire


Pour la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, ces révélations viennent confirmer que l’ancien gouvernement libéral a fait de « l’aveuglement volontaire » et qu’il a « berné la population ». « On le voit bien, dans ce dossier-là, il y avait une volonté de l’ancien gouvernement libéral de museler Hydro-Québec », a-t-elle affirmé en Chambre.


Elle a toutefois esquivé la question du député caquiste François Bonnardel qui tentait de savoir si le gouvernement avait l’intention de mettre sur pied la commission d’enquête sur la réfection de Gentilly-2 qu’il propose. La proposition devrait être étudiée au Conseil des ministres mercredi, répond-on au gouvernement, qui a par ailleurs convoqué les médias mercredi pour faire le point sur le démantèlement de la centrale.


Une motion a aussi été adoptée pour relancer le mandat de la commission parlementaire sur Gentilly-2 qui avait été annulé en raison des insultes proférées par la députée libérale Danielle St-Amand à l’endroit de la ministre des Ressources naturelles lors d’une séance de travail le mois dernier. Le rapport de la commission faisant suite aux consultations particulières qui se sont tenues à l’Assemblée nationale en janvier devrait être rendu public à la fin du mois.

12 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 13 mars 2013 07 h 00

    Commissions

    Attend minute ! Si je comprend bien, la CAQ chiâle constamment que le gouvernement passe son temps à faire des réunions de cuisine sur tout et rien juste pour pelleter les problèmes en avant et eux exigent des commissions sur tout et veulent avoir tous les rapports à la main et jouer à la police à tout bout de champs. Y a quelque chose qui accroche dans ma tête là-dedans, j'ai de la misère à les suivre. Aidez-moi quequ'un !

    Tant qu'au PLQ, on devrais les envoyer aux olympiques section volleyball. Mesdames du PLQ comprenez que vous êtes envoyé à l'abattoir quand ça chauffe trop. Y en a plusieurs qui y sont passées et y en a d'autres à venir. La prochaine pourrait être vous, madame ! Si j'étais vous, je réfléchirais à mon engagement comme chair à cannon.

  • Jacques Pruneau - Inscrit 13 mars 2013 07 h 29

    Sourions...

    Qui a encore confiance au Parti Libéral du Québec ou à l'Hydro-Québec? Ils sont aussi "touffus" l'un que l'autre. Je n'ose employer d'autre mot, vous avez compris.

    Il faudrait sans doute refaire une commission parlementaire à la lumière de ce qu'on sait maintenant et une bonne fois, faire la lumière sur toute cette affaire. L'Hydro n'est pas toujours synonyme de lumière, loin de là, et les Libéraux n'ont de démocratiques que le nom.

    • Danielle Houle - Inscrite 13 mars 2013 08 h 50

      Et malgré tout cela, 30% des moutons du Québec bêleront pour le parti libéral lors des prochaines élections.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 15 mars 2013 05 h 27

      Moi c'est ça qui me brûle le plus, M.Horne. On se fait frotter le nez dedans tous les jours par la Commission pis on comprend toujours pas. J'ai eu un chien comme ça qui faisait partout, je m'en suis débarrassé. C'est plus une question d'opinion politique, c'est une question de vérité et de mensonge. Jusqu'à quand allons-nous voter pour celui qui nous ment le mieux ? C'est rendu intenable, insupportable et tous les autres mots qui finissent en «able» en plus de décourageant ! J'achève d'être écrasé par la stupidité humaine.

  • Jacques Morissette - Inscrit 13 mars 2013 08 h 20

    J'aime bien voir le PQ avancer par monts et par vaux, s'il cherche à influencer pour le mieux le débat politique.

    Le parti Libéral de Jean Charest était fédéraliste jusqu'à la moelle des os. De ce point de vue, j'imagine facilement que pour un parti fédéraliste, il y avait tout intérêt à ce que le Québec soit endetté, pauvre dans la mesure où plus le Québec serait endetté et pauvre, sur le plan économique, plus il ne pourrait pas revendiquer un statut d'indépendance, d'aucune manière que ce soit.

    Je trouve que Martine Ouellet devient de plus en plus sage et stratège, politiquement parlant. Pour la commission d'enquête demandé par la CAQ, je ne verrais pas pourquoi le PQ plierait à toutes les demandes que les partis d'opposition font, sauf dans le but d'éclairer vraiment le débat. Les raisons invoquées de la CAQ pour demander une commission d'enquête sont bien plus politiques, dans le sens de manipuler les dés, que nobles.

    • Jacques Morissette - Inscrit 13 mars 2013 20 h 11

      Je viens juste de lire ceci à propos de Gentilly, sur cette page du Devoir d'aujourd'hui:

      http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-soci

      «L'hypocrisie n'a rien d'admirable et ne donne surtout pas le goût de voter ou encore de croire en la valeur de leur travail (surtout que l'on vient de découvrir que leur geste pour fermer la centrale nucléaire Gentilly ne fut même pas un geste de courage puisque toutes les décisions avaient été prises par le gouvernement précédent et Hydro-Québec)... » Nicole Bernier - Inscrit 13 mars 2013 07 h 18

      Puisqu'il semble que la fermeture de Gentilly était décidé d'avance par les Libéraux et Hydro Québec, je ne vois pas quel serait l'intérêt du PQ de faire la commission d'enquête que réclame la CAQ. L'intérêt du PQ serait plutôt de faire le contraire et ne rien faire du tout, puisque le PQ perdrait les crédits de cette fermeture qui a passé pour être fait par le PQ, hypocrisie oblige, n'est pas cher PQ.

  • Jacques Dumont - Inscrit 13 mars 2013 09 h 21

    Rateau

    Comme dirait Rateau(personnage de Anctil) c'est qui la...

  • Jacques Boulanger - Inscrit 13 mars 2013 09 h 39

    À quand ?

    À quand une commission d'enquête sur le parti Libéral ?