Aide sociale : des centres pour traiter les dépendances sont menacés par la réforme

L’ACTDQ doit rencontrer la ministre Agnès Maltais jeudi.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir L’ACTDQ doit rencontrer la ministre Agnès Maltais jeudi.

Dix-neuf centres de traitement des dépendances pourraient fermer leurs portes dans la province si Québec décide d’aller de l’avant avec sa réforme de l’aide sociale.


Le gouvernement péquiste veut limiter à une durée maximale de 90 jours les traitements pris en charge pour les prestataires de l’aide sociale désirant soigner une dépendance.


Les 19 centres qui offrent des traitements de cinq mois ou plus sont donc directement menacés par la réforme, estime l’Association des centres de traitement des dépendances du Québec (ACTDQ). Son directeur général, Vincent Marcoux, croit que les autres centres du réseau - qui compte 54 établissements - devront également réduire leur offre de services.

 

Près de six millions en moins


Si la réforme de la ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, est adoptée, près du quart du financement gouvernemental alloué pour couvrir les frais de séjour en toxicomanie sera supprimé. Il s’agit d’une ponction de 5,6 millions de dollars sur une enveloppe budgétaire de 24,6 millions.


« Le projet de règlement détruira un réseau de services communautaires en dépendance qui existe depuis plus de vingt ans, dénonce M. Marcoux. Les dangers de ce règlement sont réels. Ce ne sont pas que des inquiétudes ou des craintes. »


Des représentants de l’ACTDQ iront rencontrer la ministre Maltais jeudi pour tenter de la convaincre d’abolir cette limite de 90 jours. Étude à l’appui, M. Marcoux compte démontrer à la ministre que des traitements de longue durée sont souvent nécessaires pour vaincre une dépendance de façon définitive.


En vertu de cette réforme, ce sont les centres eux-mêmes ou encore les usagers qui devront assumer les frais des séjours de désintoxication après trois mois. « Mais la clientèle sur l’aide sociale ne peut pas assumer les frais et elle représente 80 % de nos usagers », affirme Vincent Marcoux.


« En plus, c’est beaucoup plus cette clientèle-là qui a besoin de long terme. C’est une clientèle qui est désaffiliée, qui a des problèmes judiciaires et des problèmes de santé mentale », fait-il valoir.


Il craint que les usagers qui seront contraints de mettre un terme à leur traitement après trois mois ne se retrouvent en prison ou en centre hospitalier. « Ce sera nettement insuffisant pour eux pour qu’ils arrêtent de consommer », plaide M. Marcoux.


Il ajoute que le secteur dépendance était déjà le parent pauvre du secteur de la santé et des services sociaux. « Mais on va arriver à la rencontre avec des solutions parce qu’on est conscient que la ministre Maltais est soucieuse du fait qu’il n’y ait pas de profiteurs », conclut-il tout en refusant de dévoiler publiquement toutes ses cartes.

6 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 11 mars 2013 01 h 34

    Pas grave

    Mme Maltais va leur trouver un travail à la construction de l'amphithéâtre de Québec.

  • Gilles Théberge - Abonné 11 mars 2013 11 h 28

    Il y en aurait des solutions

    Le problème de la pauvreté des familles et des personnes, ce n'est pas une question mineure. Évidemment il y a la frange des «énervés» de droite pour qui la création de quasi camps de travail, de coupures plus drastiques ou encore forcer les gens à faire n'importe quoi dans n'importe quelle conditions. Il y a ces gens-là.

    Il y en a d'autres aussi qui réfléchissent à des façons de résoudre la question en brisant le cercle vicieux de la pauvreté. Eux pensent que quand une situation est bloquée et semble insoluble, le changement est nécessaire. Et le changement c'est de faire autre chose, au lieu de persister à faire plus de la même chose, ce qui ne peut que conduire aux mêmes résultats.

    Une façon de faire autre chose est décrite en long et en large ici. Ce film décrit une solution cohérente et crédible qui pourrait mettre fin à la pauvreté.

    Évidemment cela exige des «politiques» qu'ils et elles aient, à la fois l'intelligence nécessaire pour comprendre la véritable nature du problème, et le courage de mettre en action des solutions pertinentes.

    Voici une hypothèse qui répond à la situation problématique dans laquelle nous sommes plongés: http://le-revenu-de-base.blogspot.ca/

  • Louka Paradis - Inscrit 11 mars 2013 17 h 39

    Un autre directeur en mission commandée

    Bon voilà un deuxième bon libéral de service qui tente de dramatiser les mesures pro-actives que la ministre Maltais met de l'avant. M. Marcoux devrait parler à la ministre Maltais avant de crier au loup dans tous les médias : il se rendrait probablement compte qu'il y a des mesures prévues pour solutionner au fur et à mesure les difficultés qui surgiront. Ce sera sans doute très possible de rencontrer les responsables des centres et de faire un suivi auprès des personnes vulnérables qui vivent des problèmes de toxicomanie. Le PLQ n'a pas fait de suivi : tout a été laissé à la dérive. Le PLQ n'a pas eu le courage de mettre de l'avant des mesures efficientes pour changer la situation : ce n'est pas une raison pour empêcher les autres d'agir. Après la réaction de M. Massé ce matin, et celle de M. Marcoux cet après-midi, on voit bien que tout a été orchestré dans les médias pour tenter de discréditer le Parti Québécois auprès de la population. Et le club des Ex qui a renchéri avec la fiche préparée pour M. Durivage par le PLQ en fin de semaine, et les commentaires d'appui indéfectible de Mme Frulla : ha ! ha ! ha! c'était cousu de fil blanc... Non mais... les gens ne sont pas des imbéciles ! Pour nos bons libéraux, chaque initiative est l'occasion de monter aux barricades depuis qu'ils ont perdu le pouvoir en septembre. Basta !
    Louka Paradis, Gatineau

    • Alain Carmel - Inscrit 11 mars 2013 22 h 54

      A vous de ne pas prendre les gens pour des imbéciles...Votre partisanerie vous aveugle à ce point que vous n'y voyez pas clair dans cette histoire...Pour ce qui est de l'aide sociale, pour moi PLQ et PQ = même combat. Les 2 gouvernements s'en prennent régulièrement aux gens vulnérables, sortent des programmes bacler trop rapidement et d'une inéfficacité flagrante. Les 2 partis sont aussi "coupable" l'un que l'autre. Et ce n'est parce que quelqu'un critique qu'il est nécessairement de l'autre parti

  • Alain Carmel - Inscrit 11 mars 2013 19 h 14

    Le gouvernement Marois ne sait pas où il s'en va dans ce dossier. Les gens ne se trouveront pas nécessairement d'emploi, et ça va coûté plus chère au réseau de la santé...

  • Sylvain Beauséjour - Inscrit 11 mars 2013 19 h 56

    Se tirer dans le pied

    Cette dame de la Solidarité social à tirer dans le pied droit du PQ avec l'amphithéâtre, et maintenant c'est dans son pied gauche. Et on la laisse faire.... Le PQ ne se relèvera pas cette fois.