Les normes du travail pourraient être mises à profit, affirme De Courcy

La communauté anglophone de Montréal a manifesté, le 17 février dernier, son opposition au projet de loi 14.
Photo: La Presse canadienne (photo) Graham Hughes La communauté anglophone de Montréal a manifesté, le 17 février dernier, son opposition au projet de loi 14.

La ministre responsable de la Charte de la langue française, Diane De Courcy, a défendu de nouveau samedi son projet de loi modifiant la loi 101, faisant observer que la Commission des normes du travail pourrait être mise à profit pour faire respecter le droit des citoyens de travailler en français.

Lors de la conférence « Maîtres chez vous » du regroupement Forces Jeunesse samedi à Montréal, Mme De Courcy a réitéré que le projet de loi 14 propose des moyens pour renforcer l’usage du français dans toutes les sphères de la société, sans toutefois l’opposer aux autres langues.


Devant un auditorium rempli de jeunes adultes, au Coeur des sciences à l’UQAM, Mme De Courcy a déclaré qu’il fallait moderniser la Charte de la langue française « pour que le Québec continue d’avancer ».


La ministre a ajouté que la meilleure façon pour les immigrants de s’intégrer était de travailler ou d’étudier en français.


En ce qui concerne le domaine du travail, le projet de loi 14 prévoit, entre autres, l’imposition aux petites entreprises de 26 à 49 employés des mêmes obligations de francisation que celles exigées des sociétés de plus de 50 employés.


Samedi, Mme De Courcy a noté que la Commission des normes du travail aura le rôle d’accompagner les travailleurs se sentant lésés dans leur droit de travailler en français, un nouveau mandat pour cet organisme. « Le droit de travailler en français sera plus accessible aux travailleurs, en particulier ceux qui ne sont pas régis par une convention collective. La Commission des normes du travail pourra les accompagner dans le cas de litiges, c’est un rôle qu’elle n’avait pas auparavant », a-t-elle déclaré.


Selon Mme De Courcy, sans l’implication de la Commission des normes du travail « le travailleur hésitait beaucoup à faire des réclamations, ou même des revendications au sujet de son incompréhension par rapport à des postes bilingues, ou le fait de travailler en anglais ou dans une autre langue tous les jours ».


Avec les nouvelles dispositions, le travailleur « sera accompagné, donc protégé aussi », a-t-elle soutenu.


La ministre De Courcy a noté que les petites entreprises recevraient du soutien pour se plier à ces nouvelles obligations.

 

Place du français


La ministre a également discuté de la place du français au Québec. Elle a reconnu que le bilinguisme et le multilinguisme étaient souhaitables sur le plan individuel, « mais le bilinguisme institutionnel, et le bilinguisme généralisé de la langue de travail au Québec, nous fait reculer individuellement et collectivement ».


« Nous voulons encourager le bilinguisme individuel, mais, sur le plan des institutions, il faut réaffirmer que le français est la langue normale et habituelle. C’est notre langue commune et c’est elle qui doit être utilisée dans les échanges entre le gouvernement et les citoyens », a-t-elle déclaré.


Par ailleurs, la ministre a fait valoir que, dans le monde globalisé d’aujourd’hui, il ne suffisait plus de connaître seulement l’anglais. « Selon moi, il est temps, au Québec, que l’on s’adapte à la réalité du XXIe siècle, et que l’on encourage l’apprentissage d’une troisième langue, voire d’une quatrième, d’une cinquième, dans les écoles et les cégeps », a déclaré la ministre.

4 commentaires
  • Robert Bernier - Abonné 11 mars 2013 05 h 50

    bilinguisme institutionnel ...

    « mais le bilinguisme institutionnel, et le bilinguisme généralisé de la langue de travail au Québec, nous fait reculer individuellement et collectivement » dit la ministre.

    Justement, se trouve là une large partie du problème. Depuis les années Ryan, le gouvernement du Québec s'ingénie à donner à qui le demande tous les services possibles en anglais. Qui, dans ces circonstances, a encore besoin d'apprendre le français quand le seul État officiellement unilingue français d'Amérique se renie ainsi?

    Robert Bernier
    Mirabel

    • Marc-André Roche - Inscrit 11 mars 2013 09 h 53

      En fait, le seul état francophone des Amériques est Haiti. Le Québec n'est qu'une province d'un état essentiellement (et de plus en plus) anglophone. Et c'est justement de là qu'émane la question linguistique.

      Alors qu'on se plait, peut-être par nationalisme, à faire semblant que le Québec est un état, ceux qui se joignent à nous savent très bien que le pays où ils émigrent s'appelle le Canada. Et on ne peut pas les blâmer: ils ne font que constater une réalité. À nous de la changer...

  • Francois Parent - Inscrit 11 mars 2013 07 h 55

    Initiative bien visé

    Je me réjouis de ce projet de loi et je me sens moins inquiet de la disparition de la langue française à long terme. Cependant il reste encore du chemin à faire dans la traduction du français pour les produits de consommation, le descriptif et mode d'emploi soient en français dans un caractère lisible et en première place si nous voulons freiner l'anglicisation au Québec. Les méthodes douces des anglophones à nous assimiler sont sournoises mais bien ancrées au Québec, tellement que l'on s'en rend même plus compte ou presque.

  • Jacques Moreau - Inscrit 11 mars 2013 11 h 40

    Les anglos ont les même droits que les franco...

    Dès la formation de la Confédération Canadienne, Article 133 du BNA Act, il est écrit
    que au parlement l'usage de l'anglais ou du français est au choix de l'orateur. Les procès verbals et les lois doivent écritent dans les DEUX langues. Les courts de lois
    doivent aussi entendre le juciable dans la langue de son choix. CONSÉQUEMMENT,
    le Québec doit répondre aux demandes inscrites, en anglais, .... en anglais. La Province de Québec faisait et fait toujours partie du "Dominion of Canada", une colonie Britannique, qui est devenue un pays indépendant, à un moment imprécis de l'histoire. Qu'est-il advenue au droit du client à être servie dans sa langue?