Projet de loi 14 - Les anglophones se disent déçus de la CAQ

François Legault
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir François Legault

Le Quebec Community Groups Network se dit déçu de la décision prise par la Coalition avenir Québec (CAQ) de ne pas rejeter dans son ensemble le projet de loi 14, qui modifiera la loi 101.


« On croit que toutes les parties du projet de loi 14 menacent la vitalité de la communauté d’expression anglaise et la pérennité de ses institutions », soutient la directrice générale de l’organisme, Sylvia Martin-Laforge.


Le président du Quebec Community Groups Network - qui regroupe 41 organismes -, Dan Lamoureux, craint que la CAQ n’appuie les modifications proposées à la Charte des droits et libertés de la personne. Selon lui, elles affaibliraient les protections établies contre la discrimination linguistique, en influençant la façon dont les tribunaux interprètent le reste de la Charte.


Pour Mme Martin-Laforge, la communauté anglophone a appris à composer avec la loi 101, mais ses membres voient d’un très mauvais oeil le resserrement des contraintes législatives. Elle réclame plutôt la mise en place de programmes de soutien pour aider les anglophones à accroître leurs connaissances du français. « Ce serait plus intéressant pour tous les Québécois de travailler dans un environnement de mesures incitatives plutôt qu’avec des lois et des sentinelles de la langue », fait-elle valoir.


Elle demande l’adoption de mesures d’intégration à l’image de ce qui se fait pour les immigrants. Elle évoque notamment la possibilité d’offrir des cours de français au sein des entreprises et la mise en place de programmes pour augmenter le taux de participation des travailleurs anglophones au marché du travail.

 

Travailleurs et étudiants


Mme Martin-Laforge déplore que les travailleurs anglophones représentent moins de 1 % des fonctionnaires québécois.


Le projet de loi 14 prévoit l’imposition d’un nouvel examen de français que les étudiants de cégeps anglophones et des élèves du secondaire devront réussir pour obtenir leurs diplômes. Mme Martin-Laforge soutient que la communauté réclame plus de cours de français pour ses travailleurs, mais uniquement sur une base incitative et non contraignante. « C’est inquiétant de voir qu’on resserre la vis sur ceux qui parlent moins bien le français », déplore-t-elle.


Le chef de la CAQ, François Legault, a annoncé vendredi que sa formation s’opposerait à certains changements proposés, dont la francisation obligatoire des entreprises de 25 à 49 employés, et à la révision du statut bilingue des municipalités lorsqu’elles ne comptent pas au moins 50 % de citoyens anglophones.


De son côté, le Parti libéral a déjà indiqué qu’il s’opposerait au projet de loi.

13 commentaires
  • Fernand Lachaine - Inscrit 11 mars 2013 06 h 42

    La CAQ aurait dû savoir.

    La CAQ pour attirer des votes anglpophones se dit prêt à voter contre certaines parties du projet de Loi 14 qui modifie la loi 101.
    Mais...les anglos sont très déçus de la tièdeur anglophile de monsieur Legault car tout ce qu'ils veulent c'est le retrait pur et simple de ce projet de loi.
    Ils disent qu'ils ont appris à composer avec la loi 101. Oui, bien sûr, mais après l'avoir déchiqueté à plusieurs reprises avec l'aide du gouvernement fédéral.
    Maintenant la CAQ se retrouve "avec pas de vote anglophone" et des pertes assurées de votes de la part de beaucoup de francophones.
    La CAQ aurait dû vérifier avant car pour les anglos c'est rien de moins que l'affaiblissement du français au Québec qui les intéressent.

    • Alexandre Beaudet - Abonné 11 mars 2013 11 h 56

      N'importe quoi ! Les anglophones ne recherchent pas l'affaiblissment du français, du moins pas la majorité. Ils sont simplement de l'avis que le renforcement du français ne devrait pas être fait sur leur dos, eux qui sont ici depuis 220 ans.
      Oui, on peut renforcer le français ET laisser les Anglo-Québécois vivrent en paix. Pour commencer, il faudrait renforcer l'usage du français parmis les francophones, car celui ci laisse à désirer !

    • Sylvain Auclair - Abonné 11 mars 2013 14 h 05

      Monsieur Beaudet,
      Quelle est votre définition des Anglo-Québécois? Inclut-elle tous les immigrants récents (ou moins récents) qui parlent un peu anglais, et pas du tout français? Inclut-elle ce témoin à la comission Charbonneau qui semblait incapable de faire une phrase complète dans une langue donnée, que ce soit le français ou l'anglais? Et si oui, quels sont ces gens qu'ont devrait franciser pour faire progresser le français? Ceux qui ne parlent que le chinois, peut-être?

      Et que dire d'améliorer l'usage de l'anglais à travers toute l'Amérique du Nord? Tous ces «I will» (au lieu de «I shall»), «if he was» (au lieu de «if he were») et «truck» (au lieu de «lorry») ne vous dérangent-ils pas?

    • Gilles Théberge - Abonné 11 mars 2013 15 h 03

      Si les anglos ne cherchent pas l'affaiblissement du français monsieur Beaudet, dites-nous pourquoi ils ont sans relâche poursuivi le combat contre la Loi 101 jusqu'en Cour suprême, jusquà ce qu'elle ne soit plus qu'une peau de chagrin...?

      Et quant à votre dernier argument, disons que pour renforces l'usage du français, une bonne façon est prsentement sur la table de la commission parlementaire. Elle s'appelle la Loi 14. Et d'aucune manière elle n'est défavorable à la communauté anglophone. Essentiellement elle proclame le droit de vivre et de travailler en français au Québec. Seriez-vous contre cette... vertu?

  • Pierre Labelle - Inscrit 11 mars 2013 08 h 16

    Anglos déçus....

    Ce n'est quand même pas la faute des francophones si des personnes de langues anglaise, nées ici au Québec, pour certain depuis plus de 50 ans et qu'ils ne parlent pas un mot de français. Qui les a empêchés d'apprendre notre langue si non eux mêmes.... Aujourd'hui ils viennent nous parler d'une loi qu'ils perçoivent coercitive, voudraient des mesures incitatives et puis quoi encore.... Ce n'est pas nous qui tout au long de ces années se sont ghettoriser, ce sont eux. Que veulent-ils exactement..... poursuivre ce que Lord Durham n'a pu achever.....

  • Robert Henri - Inscrit 11 mars 2013 08 h 22

    Pauvres petits dont la langue est tellement menacée...

    Les anglophones n'ont aucune autre raison que leur haine du fait français en Amérique, plus particulièrement au Québec en ce qui nous concerne.

    Le projet de loi 14, qui modifiera la loi 101 n'a qu'un seul défaut, celui d'être trop timide et de ne pas aller assez loin.

    Aussi longtemps que ce sera le cas et que nous seront majoritairement francophones au Québec, si la loi 101 n'est pas complètement, intégralement rétablie et renforcée, la seule paix linguistique ne sera qu'apparente.

  • Michel Chevalier - Inscrit 11 mars 2013 09 h 56

    Mario Dumont 2.0

    Si Legault ne réussit pas à puiser dans la clientèle anglophone traditionnellement acquise aux Libéraux, la CAQ restera à jamais un parti de troisième ordre, à l'image de ce que fût l'ADQ. Remarquez, ce n'est pas moi qui s'en plaindrai.

    Je pense que "l'effet Legault" est dorénavant chose du passé, surtout si l'on tient compte du retour du pote d'Arthur Porter - cet espèce de Jean Charest "new and improved" - sur la scène politique québécoise.

    Le côté positif de la CAQ, s'il en est un, est de contribuer à la division du vote et par conséquent, à l'élection probable de gouvernements minoritaires ad nauseam. De guerre lasse, les québécois en viendront peut-être à comprendre la pertinence d'une réforme en profondeur du mode de scrutin?

    Le fait français étant plus que jamais menacé, au Québec et particulièrement en région métropolitaine, le gouvernement qui nous concoctera une loi 101 avec des dents aura ma bénédiction et ma gratitude.

    • Gilles Charbonneau - Inscrit 11 mars 2013 23 h 00

      Monsieur Chevalier, la CAQ à récolté 27 % du vote aux dernières élections, et la majorité de ces votes sont venu des boomers qui s'éloignent de plus en plus du mouvement souverainiste et qui se cherche un parti non souverainiste autre que le PLQ, alors celle-ci n'a pas besoin du votre anglo, puisque les boomers ne font que commencer à s'éloigner du mouvement!

      Vous parlez de guerre lasse et de division du vote, feriez-vous référence au mouvement souverainiste, qui divise les Québécois depuis les années 60?

      Et ce qui menace le franâis au Québec, c'est l'accroissement de l'immigration, immigration qui n'ira qu'en s'accroissant, et plus particulièrement dans les prochaines années, alors qu'un million de Québécois vont prendre leur retraite d'ici 4-5 ans, et non à cause des anglophones de souche car leurs nombre aussi recule au Québec!

  • Hubert Larocque - Abonné 11 mars 2013 11 h 03

    Une victoire déguisée en récrimination

    Nous avons connu bien des défaites, des trahisons au point que nous avons fini par les considérer comme notre substance même et pour certains, sous les noms de réalisme et d’ouverture, comme des motifs de fierté! Ce qui s’agite autour de la loi 14 ajoute encore à la confusion et à une sorte de décadence tranquille dans laquelle nous nous enfonçons de plus en plus. S’il est une évidence, c’est que notre conscience et notre pratique linguistiques sont en train de régresser à un stade antérieur à la Révolution tranquille. Tout ce grand espoir que nous avions mis dans la loi 101 est en train de s’effriter lamentablement.
    Reportons-nous en 1976. Cette loi fut combattue et par le Canada anglais et par le fédéralisme québécois de façon quasi unanime, comme le fer de lance de la rupture du lien colonial entre le Canada et le Québec. Ce serait une grande illusion de croire que cette loi soit plus acceptée aujourd’hui qu’alors. On prétendra le contraire mais on ne perd aucune occasion de l’affaiblir et de l’écraser sous le masque des Chartes des droits. Une Cour de justice dite « suprême » travaille, de jugement en jugement, à une érosion du français, à une sape qui rétablit peu à peu le Régime anglais. Ainsi protégée et fortifiée, l’avance de l’anglais dont Montréal est l’épicentre aveuglant compromet le caractère français du Québec tout entier.
    L’Assemblée nationale expose aux yeux de tous un déplorable esprit de parti qui démoralise une population déjà divisée et incertaine d’elle-même. Alors que la situation exigerait une union sans faille de tous les partis sur l’affirmation du français comme caractère national du Québec, on assiste à de lamentables divisions quand ce n’est pas à l’hostilité, au mépris et à l’indifférence pure et simple. Fidèle à sa base électorale, le parti libéral s’en tient à un laisser-faire anglicisant, la CAQ refuse tout le contenu significatif et efficace de la loi 14, le parti québécois, fragilisé et éperdu de perdre le « pouvoir », hésit