Opposition au projet de loi 14: les anglophones sont déçus de la CAQ

Les anglophones sont inquiets de l’intention du Parti québécois de renforcer la loi 101. Environ deux cents d’entre eux avaient d'ailleurs manifesté au centre-ville de Montréal à la fin du mois de février.
Photo: Annik MH de Carufel - Archives Le Devoir Les anglophones sont inquiets de l’intention du Parti québécois de renforcer la loi 101. Environ deux cents d’entre eux avaient d'ailleurs manifesté au centre-ville de Montréal à la fin du mois de février.

Le Quebec Community Groups Network se dit déçu de la décision prise par la Coalition Avenir Québec (CAQ) de ne pas rejeter dans son ensemble le projet de loi 14, qui modifiera la loi 101.

«On croit que toutes les parties du projet de loi 14 menacent la vitalité de la communauté d'expression anglaise et la pérennité de ses institutions», soutient la directrice générale de l'organisme, Sylvia Martin-Laforge.

Le président du Quebec Community Groups Network — qui regroupe 41 organismes —, Dan Lamoureux, craint que la CAQ appuie les modifications proposées à la Charte des droits et libertés de la personne.

Selon lui, elles affaibliraient les protections établies contre la discrimination linguistique, en influençant la façon dont les tribunaux interprètent le reste de la Charte.

Du soutien

Pour Mme Martin-Laforge, la communauté anglophone a appris à composer avec la loi 101, mais ses membres voient d'un très mauvais oeil le resserrement des contraintes législatives.

Elle réclame plutôt la mise en place de programmes de soutien pour aider les anglophones à accroître leurs connaissances du français.

«Ce serait plus intéressant pour tous les Québécois de travailler dans un environnement de mesures incitatives plutôt qu'avec des lois et des sentinelles de la langue», fait-elle valoir.

Mme Martin-Laforge demande l'adoption de mesures d'intégration pour les anglophones à l'image de ce qui se fait pour les immigrants.

Elle évoque notamment la possibilité d'offrir des cours de français au sein des entreprises et la mise en place de programmes pour augmenter le taux de participation des travailleurs anglophones au marché du travail.

Mme Martin-Laforge déplore que les travailleurs anglophones représentent moins d'un pour cent des fonctionnaires québécois.

Le projet de loi 14 prévoit l'imposition d'un nouvel examen de français que les étudiants de cégeps anglophones et des élèves du secondaire devront réussir pour obtenir leurs diplômes. Mme Martin-Laforge soutient que la communauté réclame plus de cours de français pour ses travailleurs, mais uniquement sur une base incitative et non contraignante.

«C'est inquiétant de voir qu'on resserre la vis sur ceux qui parlent moins bien le français», déplore-t-elle.

Menace de la CAQ

Le chef de la CAQ, François Legault, a annoncé vendredi que sa formation s'opposerait à certains changements proposés
, dont la francisation obligatoire des entreprises de 25 à 49 employés, et à la révision du statut bilingue des municipalités lorsqu'elles ne comptent pas au moins 50% de citoyens anglophones.

M. Legault souhaite que le gouvernement péquiste se montre « accommodant » à l'endroit de ces demandes. De son côté, le Parti libéral a déjà indiqué qu'il s'opposera au projet de loi.

L'étude du projet de loi 14 débutera la semaine prochaine en commission parlementaire.
40 commentaires
  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 9 mars 2013 16 h 11

    Irrationalité

    Franchement, pourquoi avoir peur ? Nos amis anglos ne perdront absolument rien. Bien au contraire.

    "Elle réclame plutôt la mise en place de programmes de soutien pour aider les anglophones à accroître leurs connaissances du français"

    Les jeunes anglos sont pas mal tous bilingues. Ceux qui restent sont les dinausores. Ou ils se sont toujours moqués du fait français, ou ils n'acceptent pas l'évolution de la société québécoise.

    C'est ce que feu Douglas Lépold se tuait à dire.

    • Louka Paradis - Inscrit 9 mars 2013 21 h 27

      De quels jeunes anglos parlez-vous ? J'habite à Gatineau et je peux vous dire que c'est loin d'être le cas : les jeunes anglos ne sont pas bilingues, et ceux d'Ottawa, la capitale d'un Canada soi-disant bilingue, sont unilingues et complètement fermés pour la plupart. Essayez de vous faire servir en français est peine perdue et surtout très frustrant. De plus, ils déménagent en masse du côté du Québec et exigent de se faire servir en anglais partout, et sans accent, si possible... Les dinosaures sont beaucoup plus nombreux que vous pensez... C'est ça la réalité, réveillez-vous avant qu'il ne soit trop tard !
      Louka Paradis, Gatineau

    • Gilles Charbonneau - Inscrit 11 mars 2013 23 h 13

      Les anglophiones ne perdront rien si le projet de loi no 14 voit le jour?

      D'un, bon nombre de villes perdront leur statut de ville bilingue, et ce même si une majorité des gens qui y vivent le font en anglais, d'autres frais administratifs n'aideront certainement pas les petites entreprises qui déjà ont de la difficulté à survivre avec la loi 101.

      Des dinosaures?

      Qui sont les dinosaures, ceux et celles qui persistent à vouloir préserver leurs langue dans une province majoritairement francophone, ou ceux et celles qui s'entête à vouloir vivre en français en Amérique du Nord?

      Les anglophones ont tout autant le droit que nous de vouloir sauver leur mode de vie, et les traiter de dinosaure ne fait que démontrer votre tendance à la xénophobie, Monsieur Francoeur.

      Ce n'est pas l'anglais qui met le français en péril, c'est l'immigration et les autres langues, le dernier recensement et les dernières études le démontrent!

  • Fernand Lachaine - Inscrit 9 mars 2013 16 h 40

    Le tout ou rien des anglos.

    Encouragés par tous les médias canadiens et québécois d'obtenir constamment ce qu'ils veulent, même l'affaiblissement du peuple québécois, les anglos ne seront pas satisfaits de la décision de la CAQ de ne pas rejetter toute la loi 14.
    La CAQ devrait se rappeler du l'évènement et du discours au Centaur de Lucien Bouchard. Elle devrait aussi constater les "résultats" de l'approche faite par J.F.Lisée.
    Pour les anglos canadians demeurant au Québec, c'est tout ou rien.
    D'ailleurs ils sont vraiment inquièts de l'existence de 7 millions de parlants français qui sont en train de vider l'Amérique du Nord des 350 millions d'anglophones!

  • Dominique Beaulieu - Inscrit 9 mars 2013 17 h 06

    Quelle surprise!

    Pour les Anglophones, assimiler les francophones et les immigrants est un droit fondamental. Pour eux, travailler en anglais avec les francophones et les immigrants est un droit fondamental. Pour eux, avoir des services bilingues d'une municipalité avec moins de 20% d'anglophones est un droit fondamental. Pour eux, exiger un examen dans la langue nationale pour avoir son diplôme, comme dans n'importe quelle nation du monde, c'est brimer leurs droits. Pour eux, brimer leur droit de recevoir un service en anglais d'un commis de la STM, c'est grave, mais brimer le droit de ce commis de travailler en français, ça, ce n'est pas grave.

    Personnellement, j'abolirais toutes les municipalités bilingues parce qu'elles sont du ressort de l'État et l'État est français. J'imposerais des examens de français pour l'obtention de tout diplôme au Québec, même pour les étudiants étrangers de passage à McGill. Tout fonctionnaire utilisant une autre langue que le français devrait être sanctionné. Tout employeur exigeant une connaissance de l'anglais devra obtenir un numéro d'autorisation de l'OQLF. Une liste d'emplois permettra aux employeurs de faire une pré-sélection eux-mêmes. Par exemple, pour un commis de dépanneur, pour un livreur et pour un serveur, ce sera un NON automatique. Pour un VP marketing ou un guide touristique, c'est autre chose.

    Je serais bien content de revoir un exode massif comme suite à l'élection du PQ en 1976. Voici les avantages :

    1) Cabanes pas chères à Westmount.
    2) Moins de voteurs pour le NON au prochain référendum et pour le PLQ.
    3) Intégration plus facile des immigrants en l'absence d'une masse critique d'anglophones.
    4) Les institutions anglophones ne seront plus justifiées.
    5) Obligation de bilinguisme dans certains emplois en baisse.
    6) Loyers moins chers à Montréal.

    Bref, ce serait fantastique.

    • Michel Richard - Inscrit 9 mars 2013 18 h 12

      Ce genre d'idée "J'imposerais des examens de français pour l'obtention de tout diplôme au Québec," donne froid dans le dos.
      Vous ne le pensez pas j'espère.
      Dans les années 30, en Allemagne, on a enlevé le droit à certains groupes d'aller à l'école, de pratiquer leur métier ou leur profession etc . . .
      Ce que vous voulez c'est ni plus ni moins qu'oprimer une certaine minorité. C'est terrible. Et y'a pas un juge qui prendrait plus de 5 minutes avant de déclarer ça inconstitutionnel.

    • Simon Deslauriers - Inscrit 9 mars 2013 20 h 50

      Votre discours m'attriste et n'aide en rien à améliorer les relations entre les deux communautés linguistiques. Les anglophones vivent au québec depuis plus de deux siècles, aussi jouissent-ils d'un droit historique de s'y épanouir en tant que culture. De plus, je vous rappelle que nous vivons toujours au Canada, pays qui reconnaît deux langues officielles.
      L'erreur de beaucoup de souverainistes est d'avoir convaincu les anglophones qu'ils ne sont pas et ne seront jamais québécois. Ensuite, on se dit surpris et frustrés de les voir si réfractaires au projet indépendantiste.

      Pardonnez-moi si je vous souligne, sourire en coin, qu'en tant que fédéraliste, je considère que vous êtes davantage nuisible qu'utile à la cause souverainiste. Continuez ainsi!

    • Camille JURIE-JOLY - Inscrit 9 mars 2013 21 h 11

      Sans être méchant il y'a bien une communauté chinoise à Montréal, je ne pense pas qu'elle passe ses examens en Mandarin. Je ne vois pas trop le rapport avec l'Allemagne Nazi. On n'a pas demandé aux juifs de passer leur diplôme en allemand, ils ont été privés de tous leurs droits et puis massacrés. Il y a quand même une sacrée différence.
      Après c'est sur que pour un juge fédéral, effectivement ça risque de lui paraitre inconstitutionnel dans la mesure ou le Canada est supposé reposer sur un bilinguisme et deux communautés fondatrices. Il risque de ne pas appécier qu'une de ses communautés se voit privée du droit à recevoir un enseignement dans sa langue.
      Mais après il est utile de rappeler que le Québec (Du PLQ au PQ) n'a jamais ratifié cette constitution, donc là déjà la notion d'inconstitutionnalité peu prêter à débat.

    • Francois Lamoureux - Inscrit 9 mars 2013 21 h 13


      Dans les années 30, en Allemagne, on a enlevé le droit à certains groupes d'aller à l'école, de pratiquer leur métier ou leur profession etc

      M. Richard, le Canada à fait tout cela avec les francophones du r.o.c. depuis la conquête. Mais ça, c'est pas grave.(Les minorités francophones
      au canada et les lois antifrançaises)

    • Djosef Bouteu - Inscrit 9 mars 2013 21 h 15

      Monsieur Richard, la comparaison que vous faites est tout bonnement ridicule. C'est une insulte à l'intelligence que de comparer un examen sur une compétence requise pour un diplôme avec le troisième reich.

      C'est aussi un double-standard particulièrement évident, puis-ce que ce genre d'examen est la norme, pas l'exception, dans le monde.

      Vous pensez peut-être que les écoles publiques aux États-Unis ne font pas d'examens en anglais et sur la maîtrise de l'anglais avant de décerner un diplôme? Il y a belle lurette que les lois des états ont fait de l'anglais la langue obligatoire de la scolarité dans les écoles publiques. Si c'est ça pour vous l'opression des minorités, les anglophones le pratiquent déjà et avec grand zèle.

    • Louka Paradis - Inscrit 9 mars 2013 21 h 34

      À Michel Richard : Et que pensez-vous du réglement 17 de l'Ontario qui a interdit aux Franco-Ontariens d'enseigner le français dans leurs propres écoles ? Encore aujourd'hui, les Franco-Ontariens doivent se battre pour conserver leurs écoles et leurs institutions. Rappelez-vous aussi la bataille pas si lointaine pour conserver l'hôpital Montfort d'Ottawa, le seul hôpital francophone de l'Ontario géré par des Francos et cela, sans déficit. Laissez faire la comparaison avec le régime nazi : il ne faut quand même pas charrier et se tenir debout.
      Louka Paradis, GAtineau

    • Sylvain Auclair - Abonné 9 mars 2013 22 h 13

      Sur quelle base l'exigence d'un examen en français serait-il inconstitutionnel? La constitution n'impose même pas l'existence de cégeps et d'universités en anglais au Québec!

    • Cyril Dionne - Abonné 9 mars 2013 22 h 16

      @ M. Richard,

      Les francophones en Ontario doivent passer un cours obligatoire en anglais même s'ils étudient dans une institution française sinon ils n'auront pas leur diplôme.


      Si le même exercice est jugé constitutionnel en Ontario pourquoi ne le serait-il pas au Québec?

    • Micheline Gagnon - Inscrite 10 mars 2013 06 h 14

      C'est à cause de commentaires comme le vôtre que je me suis désintéressée de la souveraineté. Alors que les francophones du Québec défendent une langue qu'ils «massacrent», en général, ces derniers veulent l'imposer? Ne serait-il pas plus payant de faire le ménage dans sa propre cour avant?

    • Mary Marty - Inscrite 10 mars 2013 08 h 39

      Au lieu d'un examen de français pour obtenir un diplôme, ce serait plus important d'exiger le rajout de cours de français au secondaire et au CEGEP pour le 20 pourcent de jeunes anglophones qui ne sont bilingues. Le Gouvernement du Québec devrait être tenu d'embaucher 12 pourcent d'anglophones (bilingues) dans la fonction publique pour mieux représenter la population du Québec . Les anglophones sont des québécois aussi!

    • Francois Lamoureux - Inscrit 10 mars 2013 09 h 35

      @Mme Gagnon,

      En quoi bien parler la langue devrait être une condition pour la souveraineté, c'est un argument plutôt faible. Nous imposons rien, nous défendons notre identité et nos droits comme tout peuple normal.
      Les anglais ont le slang et n'ont pas de problème pour imposer leur langue
      et la défendre. Mais ça,c'est pas pareil.

    • F. Georges Gilbert - Inscrit 10 mars 2013 11 h 40

      Nos amis les anglos, pourraient lire la déclaration du Premier Ministre Australien J. Howard,concernant les immigrants et autres perpétuels insatisfaits,contestants-exigeants,jamais d'accord avec les politiques gouvernementales..Il se montre, beaucoup moins patient et plus direct que les dirigeants de chez-nous tellement avenants que s'en devient gênant..

    • Maxime Dion - Inscrit 10 mars 2013 12 h 13

      @Michel Richard

      Je ne comprends pas que Le Devoir publie le commentaire d'un lecteur qui amalgame puérilement au nazisme les lois linguistiques que la majorité de la province est en droit de réclamer.

      D'ailleurs, il s'agit d'avoir voyagé un tant soit peu à travers le Canada pour s'apercevoir que la francophonie est à toute fin pratique inexistante en dehors des frontières du Québec.


      Connaître et maîtriser la langue française pour qui vit dans la province de Québec ne relève pas de l'oppression !

    • Thomas Dean Nordlum - Inscrit 10 mars 2013 13 h 35

      M Beaulieu. C'est fantastique ! J'adore !

      M Dion. C'est tellement n'importe quoi les Anglos et les amis des Anglos qui abordent toujours le sujet du nazisme au Québec.

      Notre langue française est tellement précieuse. Il faut la défendre. Les Anglos devraient comprendre cela et en faire partie. Mais non. Ils veulent défendre leur droit de ne rien faire pour le français. Exiger que tout le monde parle anglais nuit gravement à la langue française.

    • J-F Garneau - Abonné 11 mars 2013 07 h 36

      Intéressant cette référence au Règlement 17 en ONtario. Pour la petite histoire le fameux Règlement 17 imposa la suppression de l'école française publique... en 1912.
      Ce Règlement 17 fut abandonné en 1927, alors que Georges Howard Ferguson était premier ministre, à la suite du rapport de la commission Scott-Merchant-Côté, et le gouvernement établit un système d'écoles primaires bilingues où le français deviendra la principale langue d'enseignement.
      La controverse que le fameux Règlement 17 a suscitée a contribué largement à façonner l’identité franco-ontarienne et a mobilisé durant des décennies les membres de la minorité francophone afin de préserver leur langue.
      Est-ce à comprendre que ce qui était bon pour les franco-ontariens ne l'est pas pour les anglos-québécois?

      Si les franco-ontariens ont vu comme un immense recul l'approche de Mike Harris (qui avait décidé de ne pas faire de mise à jour dans les politiques linguistiques à l'égard de sa minorité francophone et de lui retirer les appuis financiers nécessaires pour assurer son développement) ne peut-on pas s'imaginer que pour les anglophones au Québec, le PQ c'est leur "Mike Harris" à eux?

      Donc question: la réaction des anglos-québécois (variant évidemment du rationel au radical, comme partout) n'est elle pas parfaitement normale?
      Peut-on vraiment reprocher aux autres ce que nous trouvons par ailleurs normal our nous-mêmes?

      Dominique Beaulieu souhaite un "exode massif comme en 76", avec tous les incroyables (!) avantages soulevés, mais je crois que comme québécois, nous sommes meilleurs que ça.

  • Jacques Boulanger - Inscrit 9 mars 2013 17 h 14

    Ah! C'est pas assez

    Y va vraiment falloir que la CAQ se roule par terre. Et tout ça pour quelques votes de plus. Mon prof de morale aurait plutôt dit : pour quelques deniers de plus.

    • Georges Washington - Inscrit 10 mars 2013 11 h 58

      L'envers de la médaille c'est que les votes que la CAQ perd iront au PLQ qui vu la faible marge avec le PQ risque fort d'être le prochain gouvernement.

  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 9 mars 2013 17 h 25

    Un autre point de vue...

    Pour lire un autre point de vue sur ces cris d'Orfraies faussement effrayées...

    voir http://bit.ly/WzijrS