Langue française - Québec doit adopter la ligne dure, selon le CSLF

Affichage bilingue à Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Affichage bilingue à Montréal.
Québec — Le gouvernement du Québec doit adopter la ligne dure dans son approche s'il prétend faire du français la langue commune de tous les Québécois, conclut un avis formulé au gouvernement Marois par le Conseil supérieur de la langue française (CSLF).
 
Intitulé «Redynamiser la politique linguistique du Québec», l'avis a été rendu public mercredi par le président du CSLF, Robert Vézina.
 
La publication survient au moment même où l'Assemblée nationale s'apprête à entreprendre l'étude du projet de loi 14, qui entend renforcer la Charte de la langue française (Loi 101) adoptée en 1977.
 
Avec cet avis, l'organisme conseil vient en quelque sorte appuyer le gouvernement dans sa démarche et accréditer ses constats, notamment en ce qui touche la nécessaire francisation obligatoire des entreprises de 25 à 49 employés.
 
Le CSLF se montre préoccupé par l'anglicisation du monde du travail et exhorte Québec à prendre les moyens nécessaires pour inverser la tendance.
 
Il rappelle que selon certaines enquêtes, la place du français dans le monde du travail aurait augmenté entre 1971 et 1989, pour reculer par la suite entre 1989 et 2010.
 
Le CSLF est d'avis que le bilinguisme ne peut ni ne doit devenir une exigence systématique pour décrocher un emploi au Québec.
 
Le Conseil estime aussi que Québec devrait faire davantage pour franciser les immigrants.
 
Il juge par ailleurs que tous les élèves qui obtiennent un diplôme collégial, que ce soit dans le réseau francophone ou anglophone, devraient avoir acquis une maîtrise du français adéquate.
 
Jocelyne Richer, La Presse canadienne
19 commentaires
  • Raymond Labelle - Abonné 6 mars 2013 13 h 38

    Un bon départ: annuler l'immersion en anglais dans le réseau français.

    Le gouvernement maintient ce programme d'immersion en anglais qui lance le message qu'il est plus important de parfaitement maîtriser l'anglais que le français au Québec et ce, chez des enfants à l'école française! Ça n’aide pas beaucoup à convaincre les allophones d’adopter le français pour dire le moins.

    Le gouvernement peut faire ceci sans adopter de loi à l’Assemblée nationale et donc, sans l’accord des partis d’opposition.

    Annuler ce programme d'auto-destruction culturelle est prioritaire. D'autant plus que nous sommes en situation d'austérité budgétaire: c'est si important pour le gouvernement du PQ de s’auto-détruire culturellement qu’il faut même y consacrer l’argent des contribuables?

    Et personne ne semble même penser à introduire de l’immersion en français dans le réseau anglais. Ça n’est pas important que les anglophones maîtrisent le français?

    • Gaetane Derome - Abonnée 6 mars 2013 14 h 50

      Je crois bien que sur ce point vous avez raison.Il n'est pas vraiment necessaire pour les jeunes francophones d'avoir un programme d'immersion en anglais,en fait l'anglais est une langue facile,encore plus pour les jeunes qui sont toujours sur internet..L'anglais ca s'attrappe comme on dit..Par contre,le francais est une langue plus difficile a apprendre.Il serait bon d'avoir des programmes d'immersion en francais dans les ecoles anglophones.Peut-etre pas obligatoire mais accessible aux meilleurs eleves,ceux qui reussisent bien.

    • Gaetane Derome - Abonnée 6 mars 2013 14 h 50

      Je crois bien que sur ce point vous avez raison.Il n'est pas vraiment necessaire pour les jeunes francophones d'avoir un programme d'immersion en anglais,en fait l'anglais est une langue facile,encore plus pour les jeunes qui sont toujours sur internet..L'anglais ca s'attrappe comme on dit..Par contre,le francais est une langue plus difficile a apprendre.Il serait bon d'avoir des programmes d'immersion en francais dans les ecoles anglophones.Peut-etre pas obligatoire mais accessible aux meilleurs eleves,ceux qui reussisent bien.

    • Vincent Blanchard - Inscrit 6 mars 2013 15 h 24

      Je suis entièrement d'accord avec votre analyse.

    • Peter Kavanagh - Inscrit 6 mars 2013 16 h 19

      Mes enfants ont appris l'anglais a l'école privé et ne sont pas devenu anglophone pour autant. Ils y ont aussi appris un excellent français. Ils ont de bons emplois qu'ils ne pourraient occupé si ils étaient unilingue francophone ou si ils l'avaient ''attrapé'' au lieu de bien le parler. Mes petits enfants vont aussi le parler. Si le gouvernement décidaient de couper l'imersion, alors elle se ferait a la maison. De vouloir niveler pas le bas ne fera pas avancer la cause du français.

    • Mary Marty - Inscrite 6 mars 2013 18 h 37

      Des programmes d'immersion français sont offerts dans tous les réseaux scolaires anglais et la majorité des élèves anglophones y sont inscrits.

  • François Ricard - Inscrit 6 mars 2013 14 h 19

    Pourquoi sommes-nous si frileux d'être ce que nous sommes?

    Avant la loi 101 de 1977, 89% des immigrants (88% des immigrants italiens) optaient pour l'anglais.
    Avec la loi 101, 91% des immigrants optent pour le français (2007).
    J'ai travaillé au Mexique. la langue du Mexique est l'espagnol. J'ai dû apprendre l'espagnol. De même ici, si nous faisons du français la langue d'usage, les gens vont l'apprendre.
    Mais voilà, pour que le français soit langue d'usage, il faut l'imposer. Comme tous les pays le font: l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la Roumanie. Ils ont une langue qu'ils imposent à tous les nouveaux-venus.

    • Gilles Théberge - Abonné 6 mars 2013 18 h 25

      Je suis parfaitement d'accord avec ce que vous dites. Ben oui c'est comme ça. Au Mexique les gens apprennent l'espagnol. En Italie les gens apprennent l'Italien. Au Portugal les gens apprennent le Portugais. C'est comme ça partout dans le monde normal.

      Le problème avec votre argument, c'est qu'il est trop simple dans une société malade. Et nous vivons dans une société malade. Malade d'elle-même, honteuse d'être ce qu'elle est.

      Et ça donne toutes les tergiversations et toutes les hésitations que l'on ne cesse d'entendre.

      Dont la fameuse affaire de «l'ouverture sur le monde». Une imbécilité sans fond. Quiconque a juste un peu voyagé sait bien que tous les peuples du monde ont une culture propre et une langue propre.

      Mais ici c'est un phénomène inconnu. D'après les tenants de cette fadaise, dès que tu sors du Québec, tout le monde, et le monde entier est anglophone...

      Votre position est trop simple monsieur Ricard...

      En passant j'apprends l'espagnol pour aller en Espagne...

  • Dominic Schnabel - Inscrit 6 mars 2013 15 h 59

    Pourquoi le français est si important ?

    C'est une question que je me pose. Chaque langue a ses hauts et ses bas et on peut toujours croire détraquer la valeur de l'une ou l'autre en ayant un avis fermé sur le sujet, mais même s'il existe des indices objectifs, je pense que le respect d'une langue passe surtout par nous-mêmes. En respectant notre langue, c'est nous-mêmes que nous respectons.

    Le langage n'est pas seulement un outil en soi, il renferme aussi un discours : tous les plus éminents spécialistes du langage vous le diront. Protéger notre langue n'est donc pas seulement exiger la possession d'un outil qui nous est droit, c'est aussi défendre un discours qui nous défini en partie (mais j'aimerais souligner le "en partie").

    Je pense que nous sommes dans une situation un peu hasardeuse, au Québec. Nous avons des immigrants étrangers à tout, y compris notre langue, qui arrivent chaque année en grand nombre, et nous avons notre situation géopolitique dont l'extérieur est presque entièrement anglophone. Est-ce pour autant que nous perdons le droit de nous réunir autour d'un discours que nous aimons : le français ?

    Mais si je pense que non, je pense aussi que je ne le sais pas, mais je pense aussi que le jour où nous perdrons ce droit, le Québec n'existera plus. La véritable question est donc : le Québec existe-t-il encore, et si oui, voulons-nous que cela dure encore un peu plus longtemps ?

    Et si oui, que devons-nous faire ?

    Je pense que protéger la langue n'est pas optionnel dans ce cas.

    Dominic Schnabel
    unpseudofaux@gmail.com

  • Jacques Boulanger - Inscrit 6 mars 2013 17 h 38

    Où est le problème

    Au moment de la libération de notre peuple en 1760, nous étions 60 000 colons français appauvris et illettrés. Aujourd'hui, nous sommes plus de 6 millions éduqués et prospères. Et cela, grâce à la générosité de nos compatriotes anglophones. Quelle ingratitude de notre part de les menacer ainsi avec notre intransigeance.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 6 mars 2013 23 h 57

      C'est une farce ou le syndrome de Stockholm? Avant la Révolution tranquille, les francophones étaient relégués à la servitude ou à l'assimilation.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 7 mars 2013 06 h 41

      «générosité de nos compatriotes anglophones» Voilà une affirmation de quelqu'un qui part son histoire d'hier matin et qui la fini demain soir ! Un futur citoyen du monde, soit un citoyen de «nul part»; sans passé et évidemment sans avenir.

      La langue comme elle est avancée maintenant est le dernier maillon de la dernière chaîne à laquelle on s'accroche par notre dernier doigt. Et nous l'échapperons éventuellement si nous ne prenons pas le contrôle du territoire que nous occupons. C'est tout simple.

    • Jacques Boulanger - Inscrit 7 mars 2013 07 h 33

      Bon Ok ! J'ai poussé un peu trop loin le bouchon. Je croyais avoir l'appui des assimilés mais c'est pas venu assez vite. Cela dit, M. Bouteu, vous faites dans votre affirmation une petite erreur. S'il est vrai qu'avant la révolution tranquille, les Canadiens-français étaient relégués à la servitude; ce n'est qu'après cette révolution qu'ils furent voués à l'assimilation. Mais au final, j'admets que ça revient au même. Cordiales salutations.

  • Jean Martinez - Inscrit 6 mars 2013 17 h 53

    Oui à la ligne dure

    Ces temps-ci, une propagande orchestrée s'est mise en branle contre la loi 101, entre autres avec la tempête dans un verre d'eau nommée "pastagate". Il est toujours facile de débusquer des exceptions comme celle-là pour discréditer une loi. La vérité, c'est que Montréal s'anglicise et que beaucoup d'entreprises, petites et grandes ne respectent pas la loi 101. Nous sommes tranquillement en train de revenir à la situation qui prévalait en 1977. J'espère que l'actuelle ministre aura le courage et la vision de Camille Laurin.