Assurance-emploi: le PQ n'a plus aucune crédibilité, selon l'opposition

Québec — Avec ses coupes «en catimini» dans l'aide sociale, le gouvernement Marois a perdu toute crédibilité dans sa lutte contre la réforme fédérale de l'assurance-emploi, estime l'opposition.

La ministre fédérale des Ressources humaines, Diane Finley, «doit être morte de rire», a lancé lundi la députée libérale Karine Vallières, porte-parole de l'opposition en matière de lutte à la pauvreté.

La Coalition avenir Québec (CAQ) en arrive à la même conclusion. La ministre de l'Emploi, Agnès Maltais, ne peut pas reprocher à Ottawa de faire avec l'assurance-emploi ce qu'elle vient de faire avec le régime d'aide sociale, a soutenu le député de Vanier-Les Rivières, Sylvain Lévesque.

Les modifications apportées à l'aide sociale n'ont pas fait l'objet d'une annonce. Elles ont été signifiées sans tambour ni trompette dans l'édition du 27 février de la Gazette officielle en pleine relâche de l'Assemblée nationale.

Les coupes frappent de plein fouet des clientèles particulièrement vulnérables: les jeunes familles, les prestataires âgés et les bénéficiaires de services en toxicomanie.
À compter du 1er juin, les ménages composés de deux parents et d'un enfant de moins de cinq ans perdront l'allocation de 129 $ par mois versée pour «contraintes temporaires».

Le seuil d'admissibilité à cette même allocation pour les prestataires âgés sera aussi reporté de 55 à 58 ans.

À cela s'ajoute le resserrement des règles entourant la prestation pour frais de séjour pour des soins en toxicomanie avec hébergement.

D'après l'explication fournie par le ministère de Mme Maltais, ces mesures «visent à mieux reconnaître le potentiel d'intégration ou de retour en emploi des prestataires».

La formule fait sourire l'opposition libérale qui y voit un motif beaucoup moins généreux.
Selon la députée Vallières, le gouvernement péquiste en est réduit à vouloir boucler son budget sur le dos des plus pauvres.

Du côté caquiste, le député Lévesque demande à la ministre de retourner à sa table à dessin et de présenter une étude d'impact de ses mesures sur les prestataires les plus vulnérables.

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