Jacques Parizeau enflamme les troupes d'Option nationale

Jacques Parizeau<br />
Photo: Annik MH de Carufel -Le Devoir Jacques Parizeau

Le gouvernement du Parti québécois (PQ) devrait utiliser le pouvoir et les fonds publics pour faire la promotion de la souveraineté, estime Jacques Parizeau. Une idée qu’il a lancée samedi devant le millier de militants d’Option nationale réunis au Palais des congrès à Montréal.

D’entrée de jeu, l’ancien premier ministre a tenu à clarifier sa position envers le Parti québécois. « Je suis membre à vie et, comme ils me connaissent bien, ils ont collé ma carte de membre à vie sur un morceau de bois, si bien que je ne peux pas la déchirer. »
Il a par la suite précisé aux jeunes militants hilares qu’il était et restait au PQ, un parti auquel il est toujours « attaché par toutes les fibres de [son] corps ». « Ce n‘est pas parce que, des fois, je suis assez critique de certaines des choses qui s’y passent que je cesse d’être ce que j’ai été pendant si longtemps », a-t-il affirmé avant d’y aller d’une nouvelle attaque.

 

« Ça fait 15 ans que j’entends les chefs successifs du PQ au pouvoir dire : on ne va pas utiliser les fonds publics pour promouvoir la souveraineté ; or, si vous ne voulez pas utiliser les fonds publics pour promouvoir la souveraineté, pourquoi êtes-vous là ? […] Il faut avoir les idées claires sur ces choses-là. Si on se fait élire pour réaliser la souveraineté du Québec, on ne peut pas rester neutre par rapport à l’appareil gouvernemental. Il faut l’orienter en fonction des objectifs que l’on a. »

 

Dette québécoise

 

Saluant la vivacité des jeunes militants d’Option nationale, Jacques Parizeau y est allé d’un message d’espoir : « N’ayez pas peur de vos rêves, n’ayez pas peur des obstacles qu’on va mettre dans votre chemin, c’est l’essentiel de ce que j’ai à vous dire. »

 

Selon lui, « c’est par la peur qu’on empêche l’idée de la souveraineté du Québec d’aboutir ».

C’est pourquoi il dit avoir « pété une fuse » en entendant l’actuel président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard, dire que des compressions étaient nécessaires, sans quoi le Québec allait s’enfoncer dans une situation équivalant à celle de la Grèce ou de l’Espagne. Ce faisant, il incite le peuple à baisser les bras, estime l’ancien premier ministre.


« Si le Québec est endetté à ce point, s’il est sur le bord de rejoindre la Grèce ou l’Espagne, eh bien, oubliez vos rêves, il ne se passera rien, on est foutus. C’est l’impression qui commence à se répandre. C’est une énorme supercherie. »


Affirmant qu’il ne faut pas « laisser les comptables gagner comme ils [le font] depuis plusieurs années », il a démontré que la dette du Québec n’était pas celle que l’on voulait bien nous faire croire. « On arrive à ces chiffres-là parce que le gouvernement du Québec est le seul gouvernement au Canada à utiliser la dette brute comme expression de sa dette. La dette brute, ça veut dire que vous présentez le passif, mais pas l’actif. C‘est comme si vous vous présentez à la banque pour faire un bilan de vos finances personnelles et que vous montrez votre hypothèque, mais pas la valeur de la maison. C‘est aussi bête que cela. »

 

Les défis de la souveraineté


Dans un discours qui a enflammé les militants, il a abordé les nombreux défis qui attendent un Québec souverain, parlant de relations internationales, de frontières, de la disparition de la Cour suprême et des conséquences que cela entraînerait sur le statut des écoles anglophones ou de la loi 101.


« Je ne veux pas, ici, faire de commentaires sur votre programme. Il est à vous, ce programme, c’est à vous de le faire. Mais il y a un certain nombre de choses qui sont importantes pour indiquer aux gens comment ça va se faire, comment on va procéder. On ne peut pas dire aux gens : on va se faire un pays et, d’un autre côté, pour tel aspect, eh bien, on verra. C’est du gros travail. »


Jacques Parizeau estime qu’il faut « aboutir » sur la question de l’indépendance. Et pour y parvenir, Option nationale est, selon lui, « le levain dans la pâte », une marque de confiance qui lui a valu une ovation.


« Face à des gens souvent fatigués, souvent épeurés, souvent un peu désorientés aussi, vous arrivez dans le portrait souverainiste avec de l’enthousiaste, de l’ambition, des idées claires. Et si tant est que votre enthousiasme se propage graduellement dans les milieux souverainistes, à partir de ce moment-là, une entente de tous les souverainistes deviendra possible. Et ça aura été votre oeuvre. »

45 commentaires
  • François Ricard - Inscrit 2 mars 2013 17 h 40

    Assumons-nous

    Ce que j'apprécie le plus chez On, c'est sa volonté de briser avec la gestion au jour le jour des partis traditionnels en nous proposant des projets de société qui nous permettent de façonner notre avenir selon nos goûts et nos valeurs.
    Tout d'abord le grand projet de l'indépendance qui nous permettra enfin d'être, de nous assumer pleinement. Cette indépendance nous permettra de négocier des ententes avec tous nos voisins d'abord et avec toute autre nation du globe. Des ententes que nous voudrons; qui serons pour nous.
    La nationalisation de nos ressources naturelles, de toutes nos ressources: minières, hydrauliques, éoliennes, forestières.
    Le développement de notre ressource la plus importante: notre matière grise. Développement assuré par la gratuité scolaire.
    Une plus grande démocratie par l'instauration d'une forme de proportionnelle dans notre représentation.

  • Benoît LeBlanc - Inscrit 2 mars 2013 17 h 55

    Option : Espoir

    C'est simple, si Je garde espoir qu'un jour le Québec se prenne en main et s'épanouisse (au lieu de rapetisser un peu plus chaque jour) c'est parce que le parti
    de Monsieur Aussant existe. Si ce parti est vivant alors on peut espérer que le
    Québec vive.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 3 mars 2013 16 h 58

      Moi aussi!!!

  • Laurence Cabanié - Inscrite 2 mars 2013 18 h 27

    Le donneur de leçon

    N'en déplaise à M Parizeau, ses déclarations incendiaires ont placé le mouvement indépendantiste sur le défensive pendant quinze ans. Et son abandon du pq le lendemain de la défaite le place en échec face à tous ceux qui sont demeurés dans la barque. De plus, jamais nous n'aurions atteint 49.6% si Lucien Bouchard n'avait pas joint le camp du OUI. C'est m. Bouchard qui nous a amené le plus près de la victoire. Et je suis loin d'être un fan du premier ministre Bouchard. Sa sortie contre m. Landry en plein débat face à m Charest a fait perdre le pq en 2003. Bref, tout comme sa femme, m. Parizeau, un grand homme, a souvent nui à la cause en n'accordant de crédit qu'aux stratégies qu'il préfère.

    • François Ricard - Inscrit 3 mars 2013 08 h 45

      Nous avons laissé tomber M. Parizeau. Tous.
      Au lendemain de la défaite référendaire de 1995, Bernard Landry a carrément adressé un ultimatum à celui qui était alors son chef, Jacques Parizeau, pour le contraindre à démissionner. Si le chef péquiste n'avait pas quitté ses fonctions, M. Landry, à titre de vice-premier ministre, le lui aurait demandé publiquement.
      Ceci se passait à la réunion du comité des priorités. Aucun ministre n'est venu à sa rescousse, Mme Marois se contentant de quitter la pièce.
      Personne parmi tous les membres n'est intervenu en public.
      Sur le fond, M. Parizeau avait pourtant raison.
      En 2003, il n'y a pas eu de "sortie". C'était une fabrication de M. Charest, un traquenard. M. Landry s'est laissé prendre.

    • Martin Maynard - Inscrit 3 mars 2013 17 h 52

      Le temps passe! Est-ce que nous serions près à suivre M. Bouchard aujourd'hui? Pas moi en tout cas.

      M. Parizeau a fait une gaffe en 1995 qui est difficilement pardonnable. Nous sommes tous d'accord là-dessus. Mais ça n'enlève rien que même à 82 ans, il a encore de bonnes idées, il a le discours du passionné... et il est encore attaché au PQ. Le problème c'est que le PQ ne parle plus de souverainté ... où s'il en parle, on dirait que c'est du bout des lèvres.

      Quand on regarde ce qui se passe actuellement au Fédéral (assurance-emploi, gaspillage des sénateurs, avions et bateaux de guerre avec des coûts démesurés, le non-respect des autochtones), il me semble que ce serait le temps de ramener les conversations et de faire un plan ...

      Et si on se remettait à en parler ... l'ON et QS suivraient, j'en suis convaincu.

  • Nestor Turcotte - Inscrit 2 mars 2013 18 h 41

    On recommence et on se remet en marche...

    M. Aussant recommence le combat pour l'indépendace, là où il avait été laissé en 1973: une élection de son parti mettra en marche le processus menant à l'indépendance du Québec.

    50 ans plus tard, les indépendantistes peuvent garder espoir. Aussant est articulé, instruit, diplômé en économie. Il a le regard franc, voit loin, pense loin. Et il ne joue pas sur et avec les mots comme le fait depuis tant d'années, le défunt PQ.

    Viens, un nouveau jour va se lever!

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 3 mars 2013 11 h 04

      J'admire beaucoup M Aussant, et comme vous je pense qu'il aura un rôle de plus en plus grand à jouer pour l'indépendance du Québec.
      Cependant le test de réalité devrait le ramener au PQ au plus vite.

  • Martin Maynard - Inscrit 2 mars 2013 19 h 21

    Merci M. Parizeau

    Dans les années 90, vos discours venaient nous chercher et attisaient la flamme.

    Encore aujourd'hui vous avez ce don de nous donner des raisons de croire.

    Très sincèrement, merci pour votre dévouement!

    • Louka Paradis - Inscrit 3 mars 2013 22 h 09

      J'ai beaucoup de respect pour M. Parizeau. J'aimerais qu'il en ait autant pour notre Première Ministre Mme Marois, même si elle gouverne autrement que lui. Même chose pour M. Aussant qui a non seulement trahi le parti qu'il l'avait élu, mais qui n'a pas cessé de dénigrer sa chef dans les coulisses et sur la place publique. Dommage pour cet économiste brillant ! M. Parizeau et sa conjointe Lizette l'ont poussé dans une impasse et en plus, le trio contribue à diviser encore le vote souverainiste : les fédéralistes et le PLQ sont aux oiseaux...
      Louka Paradis, Gatineau

    • Solange Bolduc - Inscrite 4 mars 2013 09 h 18

      Mme Paradis, vous situez bien, en ppartie tout au moins, le problème !