Le Sommet sur l’enseignement supérieur - Désaccord persistant sur les droits de scolarité

La première ministre Pauline Marois s’exprimant aux côtés du ministre Pierre Duchesne à la fin de la première journée du Sommet sur l’enseignement supérieur. Le gouvernement a abattu ses cartes à propos des droits de scolarité.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La première ministre Pauline Marois s’exprimant aux côtés du ministre Pierre Duchesne à la fin de la première journée du Sommet sur l’enseignement supérieur. Le gouvernement a abattu ses cartes à propos des droits de scolarité.

Le scénario d’indexation de 3 % proposé par le gouvernement se heurte à une rude résistance : celle des étudiants. Dans une sortie fracassante, lundi, les étudiants, qui ne démordent pas du gel, ont vivement rejeté la proposition du gouvernement, demandant du temps. Quant aux recteurs et au secteur privé, ils n’ont pas caché leur satisfaction, mais ils ont gardé une certaine réserve, contrairement aux précédents ateliers.

Dans ce sommet de la dernière chance qui se déroule à Montréal, d’aucuns surveillaient la réaction des fédérations étudiantes et autres instances les représentant sur qui l’étau se resserre. Sans surprise, les voix les plus emportées sont venues de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), qui a attaqué le gouvernement sur ses visées « électoralistes ».


Visiblement en colère, la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, a renchéri en rappelant que ce sont les étudiants qui écopent. « Encore une fois, on met la charrue devant les boeufs, encore une fois on demande aux étudiants d’en faire plus et ce n’est qu’après qu’on va se poser les vraies questions, a-t-elle dit, visiblement déçue. On se serait attendus à ce que le gouvernement fasse ses devoirs avant de soumettre des positions toutes faites basées sur des sondages. »


Syndicats et professeurs ont joint leur voix à celle des étudiants pour demander de reporter cette épineuse discussion dans un chantier. « Quelles raisons vous motivent, aujourd’hui, à proposer une indexation à ce moment-ci du débat ? » a demandé Louise Chabot, présidente de la CSQ. Elle suggère, plutôt qu’un débat qui risque de diviser toutes les forces en présence, de maintenir le gel et de régler la chose en chantier d’ici 2014-2015.


Pour la chancelière et présidente du conseil de l’Université de Montréal, Louise Roy, « 70 $ par année de plus, c’est clair que c’est un effort », a-t-elle convenu, en parlant de l’indexation. Mais elle croit que le jeu en vaut la chandelle pour rattraper le financement de la moyenne des universités canadiennes. « C’est nécessaire », a-t-elle dit.


Mais le gouvernement souhaite trancher. « On peut continuer à réfléchir, mais on ne peut éternellement reporter la décision, ce sommet sur cette question doit aboutir », a répété le ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne. Quant à la première ministre, Pauline Marois, elle a tenté de raisonner les étudiants en les invitant à réfléchir sur les conséquences du statu quo. « Est-ce qu’on veut se taper encore six mois, un an, à tourner autour du pot ? Pensons-y, là », a-t-elle dit.

 

Une proposition d’indexation


Le gouvernement Marois a donc abattu ses cartes. L’indexation de 3 % des droits de scolarité vise aussi les frais afférents.


C’est pour le scénario mitoyen qu’il a opté, entre l’indexation en fonction de l’inflation, soit quelque 2 %, et la croissance des coûts de système des universités, soit 3,5 %. L’indicateur choisi est la croissance du revenu disponible des familles.


Pour dorer la pilule, le gouvernement propose une amélioration du régime de prêts et bourses, qu’il financera essentiellement par la diminution du crédit d’impôt pour frais de scolarité qui bénéficie surtout aux parents. Il propose de hausser de 28 000 $ à 45 000 $ le seuil de revenu des parents qui sont appelés à contribuer aux études de leurs enfants. C’est une demande traditionnelle des associations étudiantes. Cela correspond à un peu plus de 50 millions par an qui seront versés en bourses.


Dans le document sur l’accessibilité aux études, dernier volet du sommet, le gouvernement souligne que l’augmentation des droits de scolarité serait ainsi liée à l’enrichissement collectif des Québécois et permettrait de maintenir constante la part des revenus provenant des droits de scolarité par rapport aux subventions versées par l’État aux universités. C’est « le choix le plus juste et le plus équitable pour la société québécoise », avance le gouvernement.


L’indexation de 3 % porte aussi sur les frais institutionnels obligatoires (FIO), ou frais afférents. Comme ces frais atteignent en moyenne 807 $ par an, les étudiants ajouteront 24 $ à la hausse de 70 $ des droits.


L’obtention d’un baccalauréat représente des revenus supplémentaires de près de 600 000 $ pour un individu pendant sa vie, fait-on valoir, un argument qui n’est pas sans rappeler ceux du gouvernement libéral. Dans une annexe, on soutient que « le gel revient en quelque sorte à faire payer toujours davantage, au fil des années, aux 70 % de contribuables qui n’accèdent pas aux études supérieures ». Dans une autre annexe, on reprend l’évaluation de l’économiste Pierre Fortin qui établit à un milliard le coût de la gratuité.

 

Conseil des universités


D’un avant-midi de discussions consacrées à la qualité et à la gouvernance, des consensus ont rapidement émergé autour de trois propositions du gouvernement, qui seront finalement mises en oeuvre, dont la création d’un organisme-conseil indépendant.


Mais le diable est dans les détails. Soucieux de vouloir garder une certaine autonomie de gestion, les recteurs ont insisté pour que le gouvernement demeure l’autorité face à ce conseil des universités. Les étudiants ont quant à eux plaidé pour que le conseil ait le pouvoir de faire des recommandations. Un chantier sera donc ouvert pour discuter des modalités, et Lise Bissonnette, ancienne directrice du Devoir et actuellement membre du conseil d’administration de l’UQAM, ainsi que John Porter, ancien président du Musée des beaux-arts du Québec, seraient pressentis pour le diriger.


Le gouvernement a par ailleurs décidé de mettre en oeuvre ses deux autres propositions, soit une loi-cadre sur les universités et la révision des mécanismes de reddition de comptes, dans le but de la simplifier.


Au terme de cette journée, cinq chantiers et un groupe de travail ont également été lancés. Pour l’heure, toujours aucune décision claire n’a été prise sur les droits de scolarité. « Essayons de réfléchir au fait qu’il faut sortir de ce psychodrame », a conclu Mme Marois. Le sommet se poursuit et se termine mardi.

48 commentaires
  • Patrick Boulanger - Abonné 26 février 2013 01 h 17

    Le carré rouge de Mme Marois ?!

    Si Mme Marois était pour l'indexation des frais de scolarité universitaires lors du printemps érable, pourquoi ne s'est-elle pas inventée un symbole pour représenter sa position au lieu d'« épouser » le carré rouge ?!

    • Solange Bolduc - Inscrite 26 février 2013 10 h 00

      Si je ne me trompe, le gouvernement était contre la hausse de 75% que voulait imposée Charest? Elle a appuyé les étudiants.

      Donc, il n'ya eu aucune augmentation des frais de scolarité en 2013. Vous avez gagné beaucoup!

      Elle annonce pour septembre prochain, soit pour l'année 2014, une indexation de 3%, soit 70$/par année pour les étudiants, plus l'amélioration des prêts et bouses, et une étude sur la situation précaire des étudiants. C'est quand même pas rien, comparativement au gouvernement précédent!

      Il est vrai que si l'on compare cela avec les promesses mirobolantes de Mme David, vous n'avez pas obtenu grand chose !


      Même Mme David promet la gratuité scolaire en cinq ans, pas aussitôt arrivée au pouvoir ! Si elle y parvient un jour, bien entendu ! Vous n'avez donc pas fini de manifester dans les rues de Montréal!

      En attendant vous pouvez toujours continuer de la suivre dans les rues de Montréal puisque son seul pouvoir c'est d'encourager les étudiants à la désobéissance civile, à poursuivre l'obsession de la gratuité scolaire, sans vous inviter à réfléchir au temps que ça prendrait pour la réaliser.

      Continuez de suivre ses instructions, c'est le seul pouvoir qu'elle a sur vous, à part s'amuser à vous faire perdre votre temps, au lieu de le consacrer à la préparation de votre avenir, plus sérieusement !

    • Patrick Boulanger - Abonné 26 février 2013 10 h 32

      Réponse à Mme Bolduc

      Nous nous connaissons Mme Bolduc ?

      Par ailleurs, à ma connaissance, le carré rouge n'a rien à voir avec l'indexation.

    • Raymond Turgeon - Inscrit 26 février 2013 11 h 59

      Il faut bien comprendre la langue politique où l'ambiguïté est cultivée sciemment, ce qui n'en facilite pas la lecture.
      Il ne fallait pas croire qu'en aborant le carré rouge, madame Marois allait s'attarder à la gratuité scolaire alors qu'en réalité, elle ne s'opposait qu'à la hausse imposée par les libéraux, question de se démarquer en vue des élections imminentes. C'est de bonne guerre d'agir ainsi dans un contexte politique.
      Pas qu'une ''gratuité'' scolaire équitable et réaliste soit impossible, bien au contraire, mais certainement pas dans l'état actuel des choses, où un gouvernement jeune n'a atteint ni la maturité, ni la qualité de leadership nécessaires pour réaliser un projet d'une telle complexité, sans oublier la majorité qui lui échappe.
      Difficile de conduire en politique, à plus forte raison si quelqu'un d'autre tire sur le volant.
      Le repli de la première ministre derrière l'opinion publique m'agace sérieusement. Manque de leadership ou prudence tactique?
      Certes, Pauline Marois a beaucoup de chats à fouetter, et elle mise sur le temps pour y arriver, ce qui explique cet étapisme prudent qui peut irriter certains citoyens, mais qui a le mérite de diminuer la pression dans la cocotte, question de pouvoir respirer un peu.
      Souhaitons seulement que les gestes que le gouvernement annonce à la suite de ce dîner-causerie sur l'éducation connaîtront un aboutissement qui reflète une vision progressiste et bénéfique pour notre société. Cependant, je ne retiendrai pas mon souffle.
      Et ne vous inquiétez surtout pas de pratiquer la désobéissance civile lorsqu'elle se justifie, bien sûr. Elle demeure l'expression la plus pure de la démocratie.
      Raymond Turgeon

    • J-F Garneau - Abonné 26 février 2013 13 h 08

      Mme Bolduc vous dites "C'est quand même pas rien, comparativement au gouvernement précédent!".

      Le 6 mai 2012, voici ce qu'on rapportait dans les médias:

      "En conférence de presse, samedi soir, les dirigeants des trois principales fédérations étudiantes ont confirmé que la hausse des droits de scolarité sur sept ans de 1778 dollars (soit 254 $ par année) aura lieu, mais, selon eux, la facture étudiante n'augmentera pas pour autant.

      La hausse serait compensée par une baisse égale des frais afférents, dans un premier temps, à l'automne 2012. Puis, des sommes seront dégagées et réinvesties au profit des étudiants en corrigeant « les dérives » dans la gestion des universités grâce au travail d'un conseil provisoire qui sera mis sur pied, ont soutenu les leaders étudiants.

      « On peut parler d'un nouveau pacte gagnant-gagnant. » — Le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin

      "Au total, « la facture étudiante n'augmentera pas », affirme Gabriel Nadeau-Dubois, de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) : « Ce que l'offre d'aujourd'hui démontre, c'est que notre grève a porté fruit »....
      Les ajustements aux prêts et bourses proposés par le gouvernement dans son offre du 27 avril sont inclus dans l'offre, ainsi que le principe du remboursement proportionnel au revenu.
      Ces ajustements permettront aux étudiants dont la famille a un revenu inférieur à 60 000 $ de bénéficier d'une bourse d'études et à ceux dont la famille gagne moins de 100 000 $ de bénéficier d'un prêt."

      Avouons que les solutions étaient aussi au rendez-vous, seulement c'était pas avec les "bons", et on a vite convaincu les étudiants (du côté syndical et du côté politique) de revenir sur leur entente et leur parole, afin de faciliter l'élection du PQ.

      Il faut au moins être honnête. 254$ contre 94$. On parle de 160$ de différence par année.

    • Richard Coulombe - Inscrit 26 février 2013 13 h 15

      En effet, la position de Marois au printemps passé n'avait rien à voir avec sa préoccupation envers l'éducation, mais bien plus un calcul politique afin de profiter de la situation pour engranger des votes. Ne faites pas d'elle une sainte, elle une politicienne opportuniste comme tous les autres. Son passé et le présent nous le rappelle allègrement .....

    • Solange Bolduc - Inscrite 26 février 2013 21 h 08

      M. Coulombe, je n'ai pas l'habitude d'apprécier particulièrement les saintes, toujours suspect à mon humble avis! Mais il faut admettre que lorsqu'on est en politique, il faut faire des choix, même lorsqu'on est dans l'Opposition.

      Ce qui ne veut pas dire que Mme Marois et son ministre ne sont pas intéressés au bien commun!

  • Marcel Bernier - Inscrit 26 février 2013 03 h 49

    Avancez par en arrière...

    Nous continuons à vivre dans la logique de la marchandisation du savoir.

    • Richard Laroche - Inscrit 26 février 2013 09 h 33

      Les étudiants pourraient détourner la "marchandisation" à leur avantage:

      1- Si l'éducation est une marchandise, alors l'étudiant en tant que futur contribuable en est le propriétaire et en tant que payeur de frais de scolarité en est le commanditaire.

      2- L'association étudiante est par conséquent une association de propriétaires. Il ne s'agit plus de droit de grève, mais de droit de lock-out. Les syndiqués et l'administration universitaire ne devraient pas être payés lors d'un lock-out.

      3- En marchandisant séparément le service d'enseignement/recherche et en nationalisant le service d'évaluation/diplômation, les étudiants pourraient détruire le "cartel de l'éducation".

      4- Libéraliser le service d'enseignement augmente la compétition, réduit les coûts et augmente la performance et l'accès à l'éducation (sans calculer un potentiel financement public directement aux étudiants qui permettrait une marche de gratuité d'enseignement). Nationaliser l'évaluation/diplomation ré-humanise et re-collégialise les objectifs de l'université et permet d'atteindre une gratuité fonctionnelle très facilement.

  • Pierre Vincent - Inscrit 26 février 2013 03 h 52

    C'est la politique qui est un psychodrame...

    Il faudrait bannir du vocabulaire l'expression fort galvaudée et très chère aux porte-étendards que sont André Pratte et Alain Dubuc, soit le fameux psychodrame. Dès que quelqu'un n'est pas de leur avis, ils sortent l'épouvantail du psychodrame pour tourner en ridicule les positions de leurs adversaires. Mme Marois ferait preuve de prudence et de sagesse en évitant d'utiliser cette formule qui ne veut rien dire...

    • J-F Garneau - Abonné 26 février 2013 09 h 40

      En fait, basé sur la définiton ci-bas, je dirais que c'est plutôt proche de la réalité.

      psychodrame /psi.kɔ.dʁam/ masculin

      Psychothérapie utilisant la théâtralisation dramatique au moyen de scénarios improvisés, et permettant la mise en scène de névroses.
      Le psychodrame est un jeu de rôles permettant au thérapeuthe d’inspecter les postures familiales, sociales, de chaque individu. Au lieu d’assister à un spectacle, le participant est invité à le jouer, éventuellement échangeant son rôle avec d’autres participants.
      Représentation théâtrale qui utilise cette forme de thérapie.

    • Pierre Vincent - Inscrit 26 février 2013 11 h 06

      C'est bien ce que je disais : C'est la politique qui est un psychodrame...

    • Raymond Turgeon - Inscrit 26 février 2013 12 h 08

      Que ce terme soit utilisé à tort ou à raison, j'ai comme vous constaté à maintes reprises ce détestable réflexe de ces gérants d'estrades fédéralistes dont les propos profiteraient à privilégier la critique constructive, ce qui cependant se produit à l'occasion.

      Raymond Turgeon

  • ROCH AMYOTTE - Inscrit 26 février 2013 04 h 34

    Le Sommeil de l'éducation

    On pellete tout en avant, sauf la dernière chose que l'on devrait pelleter en avant, les frais de scolarité et surprise les frais afférents. Martine Desjardins à raison de déchirer sa chemise (drôle d'expression) et de "Gavrocher" un pavé dans la face de nos petits "politicaillés". Elle a raison d'être en colère, car elle sait très bien que tout cela risque de retourner dans la rue. Risque faible, mais risque quand même. Elle a raison d'être en colère, car il vrai que c'est de mettre la charrue (ou les étudiants) devant les boeufs. Depuis quand paye-t-on la douzaine d'oeufs avant de savoir c'est quoi le coût de celle-ci et encore de vérifier s'il y a vraiment une douzaine d'oeufs dans la boîte et encore pire, de pouvoir vérifier si c'est vraiment des oeufs qui sont dans la boîte. Les étudiants risquent de marcher sur la boîte avant qu'elle ne soit ouverte. Soyez pas surpris de voir une belle omelette qui risque d'avoir un arrière-goût de bitume. Souhaitons que non... D'ici là, parions que nos polititiens n'auront pas le courage de sortir de leur "Sommeil de l'éducation" et d'en faire un véritable templin pour des chantiers de travail sur toutes les questions abordées. La rapport Parent ne s'est pas écrit en 1,5 jours. Il n'y aura pas de honte à prendre le temps qu'il faut pour faire les choses correctement.

    • Solange Bolduc - Inscrite 26 février 2013 10 h 13

      Avant de sauter des étapes, vous devriez au moins réfléchir à ce qui se dit, ce qui doit se faire dans les mois à venir, ce qui n'empêchera pas Mme Desjardins de continuer de se battre, sans pour cela être obligée de déchirer sa chemise !

      La discussion ne fait que commencer, et votre défaîtiste gangréneux est en train de se répandre comme une traînée de poudre dans la société, empêchant les étudiants eux-mêmes de réfléchir au vrai sens du mot étudier : Un jeu d'enfant semble-il pour vous ! Mais pour le gouvernement en place, ce n'en est pas un, loin de là !

      Détruire c'est plus facile que de réfléchir et construire ! C'est ce que vous vous acharnez à faire !

    • ROCH AMYOTTE - Inscrit 26 février 2013 14 h 58

      Madame Bolduc, c'est vraiment pas me connaître que d'écrire ce que vous venez d'écrire. Prenez donc la peine de lire la centaine de textes que j'ai écrit sur l'éducation depuis plus d'un an. Et la défense que je fais depuis 2005 sur les frais de scolarité.

    • Solange Bolduc - Inscrite 26 février 2013 21 h 13

      M. Amyotte, est-ce que vous vous rappelez ce que j'écris depuis 1 an, alors que les commentaires que l'on fait nous poussent à réagir sur le vif du sujet au moment opportun !

      Ce n'est ni une thèse, ni un livre que nous écrivons: nous réagissons aux événements du jour.

      Je regrette de ne pas vous avoir suivi comme vous auriez préféré que je le fasse !

  • Pierre Germain - Inscrit 26 février 2013 06 h 41

    Compréhension élastique de l'inflation, selon qui est l'interlocuteur

    Mme Marois considère que des droits de scolarité indexés à 3% par année équivaut à un gel à cause de l'inflation. Bon! L'inflation étant autour de 2,5%, cela équivaut en réalité à une augmentation, minime au début mais significative après plusieurs année. Par ailleurs, si elle considère l'inflation être à 3%, comment peut-on n’augmenter les salaires des fonctionnaires que de 0% ou 0,5% par année alors que l'inflation est de 2,5% par année? Mme Marois a une compréhension assez élastique de l'inflation, tellement que ses fonctionnaires gagnent, à travail égal, au moins 30% de moins que les fonctionnaires fédéraux, municipaux et provinciaux des autres provinces. Et 30% moins qu'à Hydro-Québec, la SAQ, la SAAQ ou Loto-Québec. Honteux et crassement hypocrite! Il semble aussi que seuls les juges et médecins au Québec soient touchés par l’inflation…

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 26 février 2013 10 h 20

      Il serait préférable d'indexer selon le taux d'inflation. Un chiffre absolu comme 3% amènera inévitablement un jour ou l'autre des discussions pour le changer.


      L'inflation a toujours existé

      D’un point de vue strictement économique, aucun prix ne devrait être gelé: les prix doivent évoluer selon les circonstances.

      On peut bien sûr décider que certains biens ou services soient gratuits, comme l’éducation ou la santé. Cependant, quand une chose est gratuite, on peut être porté à la gaspiller ou à ne pas l’apprécier à sa juste valeur. D’où l’utilité d’imposer certains frais modérateurs même pour ces éléments « gratuits », accompagnés de mesures (allègements fiscaux ou allocations fiscales) pour ne pas pénaliser les personnes à faibles revenus.

      L’inflation a toujours existé, depuis des siècles. Alors, en principe, tout devrait être indexé annuellement de façon modulée selon l’indice du coût de la vie : tarifs d’électricité, frais modérateurs, allocations sociales, frais de garderie, frais de scolarité, mais aussi niveaux d’imposition, impôts, etc.

      Une telle politique d’indexation permettrait d’éviter les sempiternelles discussions sur les augmentations de tarif pour les biens ou services « gelés », et permettrait une meilleure planification de la gestion gouvernementale.

    • Solange Bolduc - Inscrite 26 février 2013 10 h 55

      Pendant des années les frais de scolarité ont été gelés. Il semble y avoir un certain rattrapage à faire avant de décider, s'il y aura ou non, gratuité scolaire.

      Cette réflexion n'aurait pas été faite durant le règne des libéraux (9 ans). Donc, avant de décréter un gel ou la gratuité, il faut remettre en question notre façon de penser l'éducation. Et cela s'adresse autant aux recteurs, aux professeurs qu'aux étudiants.

      Au lieu de passer votre temps à détruire ce que le gouvernement fait, pourquoi n'esayeriez-vous pas d'en comprendre les motivations ? Cela demanderait trop de temps de réflexion ? Pourquoi le gouvernement n'accède-t-il pas immédiatement à vos demandes ?

      Si notre culture québécoise nous permettait de croire que pour la majorité des étudiants le savoir a une importance capitale dans leur vie, ça changerait la conception que l'on se fait de la gratuité scolaire. Ce n'est pas majoritairement que les étudiants considèrent que c'est important de se développer au plan intellectuel, ou de se doter d'une culture plus générale.

      On pense d'abord faire des études pour ce que cela va rapporter financièrement. Et l'on vient demander la gratuité scolaire sans trop se préoccuper de la valeur des études, des connaissances à acquérir toute sa vie pour le simple plaisir d'apprendre, d'évoluer...

      Y en a-t-il beaucoup autour de vous qui caresse l'ambition de connaître ? L'ambition , pour la majorité, est matérielle avant d'être intellectuelle ! Il est là le problème de la gratuité à tout prix !

      Le goût de la facilité, ou de faire de l'argent vite, est plus présent dans notre société québécoise que le plaisir qu'apporte la connaissance intellectuelle.

      Il semble plus facile de se laisser entraîner dans une sorte de gouffre béant, au lieu de s'interroger sur : Où on est rendu (études et vie)? Où veut-on aller et pour quoi faire? À part l'intérêt pour l'argent ?