Le projet de réforme de la loi 101 ne va pas assez loin, selon le Mouvement Québec français

Saint-Jean-sur-Richelieu - Le projet de loi 14 destiné à modifier la Charte de la langue française et la Charte des droits et libertés de la personne ne va pas assez loi, selon le Mouvement Québec français.

Mario Beaulieu, président du Mouvement Québec français, croit qu'il faut en faire davantage pour protéger la langue et travailler à contrer la campagne de « dénigrement » dans les médias anglophones. Selon lui, la loi 101 est continuellement attaquée par des porteurs d'opinions de langue anglaise.

Réunis samedi à Saint-Jean-sur-Richelieu, des militants de la Société Saint-Jean-Baptiste, du Mouvement Québec français et plusieurs autres organismes sympathisants tiennent un colloque sur le projet de loi 14.

Le projet de loi 14 fait du français un droit inclus dans la Charte des droits, il propose aussi de renforcer le respect du français comme langue de travail et forcerait les municipalités qui comptent moins de 50% d'anglophones à renoncer à leur statut bilingue.

De manière plus large, Mario Beaulieu définit la loi 101 comme un « mode d'aménagement linguistique » bien plus généreux que ce qui se fait dans l'Ouest canadien pour la minorité francophone.

Il s'enflamme, d'ailleurs, des répercussions qui ont suivi une offensive de l'Office de la langue française contre un restaurant italien qui avait inscrit « pasta » au lieu de « pâtes » sur son menu. Une erreur, selon lui, qui ne sert que les détracteurs de la loi 101. « Les médias anglophones essaient de nous faire passer pour des xénophobes qui profitent de n'importe qu'elle petite erreur », dénonce-t-il.

Le Parti libéral a déjà annoncé son intention de voter contre le projet de loi 14. La Coalition avenir Québec réserve sa décision pour plus tard, une fois le texte déposé.


30 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 23 février 2013 15 h 33

    Le gouvernement ne bougera pas

    Tout simplement parce qu'il est otage de l'opposition. Certains pensent qu'un gouvernement minoritaire est une bonne affaire. C'est vrai dans certaines circonstances. Mais parfois cela lui lie les mains inexorablement. C'est le cas présentement dans le dossier crucial de la langue.

    • François Ricard - Inscrit 23 février 2013 21 h 17

      Ni le PLQ ni la CAQ ne sont intéressés à faire tomber le gouvernement.
      Alors pourquoi le PQ ne fonce-t-il pas? Il a peur d'avoir peur.
      Harper, minoritaire, agissait comme s'il avait été majoriraire.Pourquoi ne pas l'imiter?

    • Gaston Carmichael - Inscrit 24 février 2013 08 h 12

      Même s'il est attendu que le projet de loi serait battu par le PLQ et la CAQ, il faudrait le déposer quand même. Cela les forcera à se prononcer publiquement contre la protection de la langue française au Québec.

      Gagne ou perd, le PQ devrait en profiter pour lancer une grande campagne médiatique à travers tout le Québec pour dénoncer le ou les partis qui refuse de défendre notre langue.

      On pourrait s'inspirer des méthodes du PCC à Ottawa. Par exemple, on passe des extraits à la chambre des communes où les députés disent NON, NON, NON...

      Il me semble qu'il y a là un filon à exploiter.

    • Gilles Charbonneau - Inscrit 24 février 2013 09 h 38

      Si la CAQ et le PLQ ae pronnoncent contre le projet de loi 14, et j'espère sincerement qu'ils le feront, ce sera contre une loi qui brime les droits des minorités, et non parce qu'ils s'opposent à la protection du français au Québec!

    • Djosef Bouteu - Inscrit 24 février 2013 14 h 49

      C'est assez spectaculaire de parler de non respect des droits des minorités alors que le Québec un des endroits au monde où les minorités linguistiques ont les droits les plus étendus, au point où sa langue commune se retrouve en déclin au profit de l'anglais. (65% des transferts linguistiques se font vers l'anglais à Montréal, 99,9% dans le RoC.)

  • Franklin Bernard - Inscrit 23 février 2013 15 h 38

    « Le Parti libéral a déjà annoncé son intention de voter contre le projet de loi 14 »

    Rien de bien surprenant, quand on a vu le manque d'intérêt absolu de John James pour la défense du français au cours de son règne néfaste. Finalement, le PLQ rêve d'un Québec unilingue anglais.

    • Jacques Boulanger - Inscrit 24 février 2013 06 h 56

      Ce que souhaite le PLQ et les anglophiles du Québec, c'est l'anglicisation en douce des Québécois. Vous savez nous sommes parmi les rares peuples, sinon le seul sur terre dont un large segment souhaite la disparition. C'est genre syndrome de Stockholm mais à l'échelle d'une collectivité. De la part du peuple, appelez ça le réflexe du colonisé, mais de la part d'une certaine élite, c'est une ... je vous laisse le mot.

    • Rodrigue Guimont - Inscrit 24 février 2013 09 h 18

      "Le PLQ rêve d'un Québec unilingue anglais", Non, mais d'une province bilingue certainement.

      Lorsque le taux de francophones se sera abaissé en deçà de 50% de multiples voix s’élèveront ici au Québec comme dans le ROC pour faire de notre province, une province bilingue comme le Nouveau Brunswick. Aucun doute là-dessus…

    • Francois Lamoureux - Inscrit 24 février 2013 11 h 14

      Vous avez raison Mr. Guimont.

      Lorsque le taux de francophones se sera abaissé en deçà de 50% de
      multiples voix s’élèveront ......

      C'est ce qui commence à se produire présentement à Montréal.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 24 février 2013 11 h 18

      À noter que le Nouveau-Brunswick est «officiellement» bilingue. Dans les faits les francophones s'assimilent à l'anglais à 10% par génération, les deux langues ne sont donc pas traitées à égalité.

      C'est toujours moins pire que dans l'Ouest (jusqu'à 70% par génération) ou en Ontario (40% par génération).

  • Gilles Charbonneau - Inscrit 23 février 2013 15 h 57

    Mauvais calcul

    Après avoir lu les clauses du projet de loi 14, il me semble évident que plusieurs de celle-ci ne visent qu'a brimer la minorité anglophone du Québec, exemple!

    Présentement, une ville ayant 50% de population dont la langue maternelle est l'anglais, et dison 30% d'ethnies qui ont décidé de vivre en anglais (basé sur les statistiques du dernier recensement) a le statut de ville bilingue.

    Mais, supposons que le pourcentage de la population dont la langue maternelle tombe, disons à 49%, alors la ville perd son statut de ville bilingue, et cela même si un total de 79% (en ajoutant le 30% d'ethnie qui ont décidé de vivre en anglais) des résidents de cette ville vivent en anglais.

    Plutôt que de brimer la minorité anglophone, pourquoi ne pas chercher à préserver notre langue en faisant la promotion de celle-ci, en inculquant le français de façon adéquate à l'école et en faisant la promotion de la culture française, et non en choisissant la facilité par le dénigrement d'une population et une culture qui contribue au Québec depuis 300 ans?

    • Gilles Théberge - Abonné 23 février 2013 18 h 41

      Pourquoi prenez-vous pour acquis, et pratiquement d'une manière absolue, que les «ethnies» souhaitent vivre en anglais?

      Selon vous l'intégration des immigrants serait irrémédiablement à sens unique?

      Ce n'est pas de bilinguisme que vous parlez, c'est d'anglicisation.

      Et donc parler français au québec et prendre des mesures pour que le français s'épanouisse dans la sphère publique, c'est brimer les anglais. Nous serions de méchantes brutes linguistiques...?!

      Quelle curieuse façon vous avez, d'entrevoir voir la vie, et surtout l'avenir!

    • Gilles Charbonneau - Inscrit 23 février 2013 21 h 09

      Monsieur Théberge, je ne fais que citer un exemple de la façon dont le projet de loi fonctionne, je ne prend rien pour acquis!

      Dans l'exemple cité, le projet de loi se baserait sur les données du dernier recencement, et ne tiens en aucuns cas compte de la langue parlée à la maison, seulement des données basée sur la langue maternelle, ce qui brime le droit des immigrants qui ont déclaré dans ce même recencement avoir adopté l'anglais dans la vie de tout les jours.

      Pour être juste, ce projet de loi devrait tenir compte des données completes, c'est à dire prendre en compte le pourcentage de ceux qui sont de langue maternele anglaise, ainsi que le pourcentage de ceux qui ont choisit de vivre en anglais, sinon, effectivement, nous sommes des brutes linguistiques.

      Et soyons réalistes, le danger pour le français au Québec est l'américanisation, car nous sommes les plus américanisés des canadiens, et de loin, il suffit de constater que les émissions télé les plus populaires au Québec sont des version québécoises d'émissions télé américaines, et ce n'est pas la le seul point que nous ayons en commun avec nos voisins du sud!

    • Jacques Boulanger - Inscrit 24 février 2013 06 h 41

      Excellente observation M. Théberge. Voilà le résultat du lessivage linguistique de nos compatriotes anglophiles (pour rester dans l'euphémisme).

    • Gilles Théberge - Abonné 24 février 2013 11 h 11

      En tout respect pour votre opinion Gilles C, votre commentaire est clair :«Plutôt que de brimer la minorité anglophone...» dites-vous.

      Je ne vois pas en quoi prendre des décisions pour que le français soit la langue commune dans l'espace public (espace public notez-le), soit une brimade envers quiconque. Français=brimade?

      Ce n'est pas la loi 17 que propose le PQ. En voici un aperçu pour illustrer ce propos :

      http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/amnord/ontario_regle

      «) Lorsqu'il s'agit d'élèves de langue française, le français peut être employé comme langue d'enseignement et de communication, mais cet usage du français ne sera pas maintenu pour l'étude de l'anglais après le premier cours, sauf lorsque l'inspecteur décidera que le français peut servir comme langue d'enseignement et de communication pour l'étude de l'anglais dans le cas d'élèves qui, après le premier cours, sont incapables de parler et de connaître suffisamment la langue anglaise.»

      Ça c'est un exemple de brimade si vous en cherchez un pour illustrer le parallèle que vous faite avec la loi 14 que propose le gouvernement. Et notamment l'article 2 de la directive :

      «2) Le dispositif suivant s'appliquera désormais aux élèves de langue française qui sont incapables de comprendre et de parler l'anglais suffisamment pour les fins de l'enseignement et des communications:

      (a) Dès que l'élève entre à l'école, il doit être mis à l'étude et à la pratique de la langue anglaise.

      NOTE — Le Département de l'instruction publique a fait distribuer dans les écoles un manuel indiquant la méthode d'enseigner l'anglais aux enfants de langue française. Ce manuel doit être employé dans toutes les écoles. Au besoin, on peut s'en procurer des exemplaires en s'adressant au sous-ministre.

      (b) Dès que l'élève a acquis une connaissance suffisante de l'anglais, il doit poursuivre dans cette langue l'étude de l'anglais.».

      Et ceci : http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/amnord/ontario_regle

    • Djosef Bouteu - Inscrit 24 février 2013 11 h 35

      Plusieurs postulats sont particulièrement déroutant.

      Il n'y a pas de droit à ce que les institutions publiques facilitent votre assimilation à l'anglais au Québec. La langue commune est le français. Il y a des mesures d'accomodements pour les minorités linguistiques, théoriquement semblables pour toutes les langues (en pratique l'anglais est surfinancé au détriment des autres), pas pour encourager l'anglicisation des minorités linguistiques.

      Si vous cherchez de la brutalité linguistique, allez voir en Saskatchewan, avec 70% d'assimilation à l'anglais par génération pour les francophones.

      Ensuite vous changez de sujet pour parler d'américanisation (les Québécois vivent bel et bien sur le continent américain en passant) dans une tentative plutôt évidente de détourner l'attention des mesures nécessaires à la protection et à la promotion du français.

    • Francois Lamoureux - Inscrit 24 février 2013 12 h 00

      Pour Mr. Gilles C, il est préférable de brimer le droit des francophones.
      Ceux qui décident de vivre en anglais au Québec le font très bien.
      C'est pour cette raison que nous sommes abordé de plus en plus en anglais dans les commerces ,les hôpitaux, les stationnements,la publicité etc.

      Je ne suis pas contre l'anglais mais quand cela est fait au mépris du français, qui rappellons-le est la langue officielle du Québec. Oui, je suis brimer dans mes droits.

  • Marc Blanchard - Inscrit 23 février 2013 20 h 43

    Le MQF a raison, mais que peut faire le PQ minoritaire?

    Les libéraux vont voter contre la loi 14, la CAQ va sans doute voter contre. Françoise David est contre le cégep français...

    Le PQ fait ce qu'il peut.

  • Laurence Cabanié - Inscrite 23 février 2013 20 h 59

    PQ MAJORITAIRE.

    Et on aurait une loi 14 plus musclé.