Lisée dénonce une «magouille comptable» libérale

Jean-François Lisée affirme avoir demandé des explications dès qu’il a été en mesure de voir « la magouille comptable » qui était en oeuvre.
Photo: - Le Devoir Jean-François Lisée affirme avoir demandé des explications dès qu’il a été en mesure de voir « la magouille comptable » qui était en oeuvre.

Québec — Le ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée, dénonce une « magouille comptable » des libéraux pour camoufler une partie des frais liés aux missions à l’étranger. C’était, selon lui, une « commande politique » émanant du chef de cabinet de Pierre Arcand à l’époque où celui-ci était ministre. Interpellé par les journalistes, ce dernier s’est bien défendu d’avoir fait des démarches en ce sens.


« Quand on fait une mission internationale, […] il y a eu une période où certains décidaient de mettre la comptabilité à un certain endroit, et puis il y en a d’autres qui décident, à l’intérieur du ministère, de faire ça autrement, a tenté d’expliquer l’ancien ministre des Relations internationales, Pierre Arcand, à la sortie de l’étude des crédits, vendredi. Il n’y a pas de commande politique. »


Il y a longtemps que des gens au Parti québécois soupçonnaient une « double comptabilité » pour les missions à l’étranger du gouvernement libéral, qui passaient toutes par le ministère des Relations internationales. Mais personne n’arrivait à le prouver, n’ayant accès qu’aux chiffres officiels des crédits. Or, ces chiffres ne représentaient qu’une partie des coûts réels, affirme Jean-François Lisée.


Il avance qu’entre 2009 et 2012, près de 1,5 million de dollars ont été volontairement cachés par les libéraux, soit la moitié des coûts réels. Dans 166 cas, les coûts liés à un service de limousine, de photographe ou d’interprète étaient renvoyés ailleurs, dénonce le ministre. Ces coûts existent bel et bien, précise-t-il, mais ils sont « éparpillés dans les crédits ».


« On va retrouver, par exemple, dans la liste de fournisseurs du MRI, une Maria Gonzalez, illustre un membre du cabinet. Nulle part il n’est écrit que Maria Gonzalez était l’interprète de Jean Charest lors du sommet de Cancún. Il faut faire le lien pour être capable d’avoir le vrai coût de cette mission. »


«Témoins directs»


Jean-François Lisée affirme avoir demandé des explications dès qu’il a été en mesure de voir « la magouille comptable » qui était en oeuvre. Des « témoins directs qui ont eu à appliquer ça » lui ont fait part d’une « commande » qui aurait été passée en 2009 par le chef de cabinet de Pierre Arcand.


Questionné par les journalistes sur la version comptable qui leur était livrée, l’ex-ministre Arcand répond avoir « toujours » donné une information véridique, mais laisse place à l’« interprétation ». « Vous savez, les chiffres, on peut faire parler ça comme on veut. L’important, c’est que je peux vous dire que toutes les dépenses étaient là dans les crédits. »

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