Marois mise gros sur l'électrification des transports

Dans une allocution vendredi, Pauline Marois a indiqué qu'elle préférerait que nos moyens de transport soient davantage mus par l'électricité et moins par le pétrole.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Dans une allocution vendredi, Pauline Marois a indiqué qu'elle préférerait que nos moyens de transport soient davantage mus par l'électricité et moins par le pétrole.

Devant le milieu des affaires, vendredi, la première ministre Pauline Marois a promis de lancer un nouveau grand chantier «qui va mobiliser tout le Québec» pendant des années: l'électrification des transports.

La première ministre croit pouvoir développer un véritable pôle économique avec l'électrification des transports, comme cela a été le cas avec le multimédia ou l'aérospatiale.

Si Jean Charest avait son Plan Nord, Pauline Marois aura son électrification des transports. «L'électrification de nos transports, c'est ce qui, pour moi, doit devenir le projet du 21e siècle pour le Québec», a-t-elle affirmé.

Et le moment est bien choisi puisque le Québec dispose présentement d'importants surplus d'électricité, qui viennent de pousser le gouvernement Marois à mettre sur la glace des projets de minicentrales hydroélectriques.

«Nous pouvons faire de ces surplus un avantage économique. On va les utiliser pour stimuler l'investissement et la création d'emplois dans toutes nos régions», a-t-elle conclu.

Et ce pôle d'électrification des transports ne se limiterait pas aux véhicules électriques individuels et collectifs — métro, trains, autocars — a-t-elle souligné, mais il s'étendrait aussi à l'urbanisme et au design.

Qualité de vie


Ce futur pôle économique aura aussi l'avantage d'être rentable au plan environnemental, puisqu'il permettra ultimement au Québec de réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

«Notre qualité de vie en sera améliorée et nos villes gagneront en attractivité», a conclu Mme Marois, qui a admis que ce projet n'était pas pour demain.

D'un autre côté, Mme Marois a redit sa volonté d'exploiter le potentiel pétrolier du Québec, encore peu connu. «Mais nous le ferons correctement, avec les meilleures pratiques environnementales et, surtout, en respectant les gens. J'ajoute que la production pétrolière devra enrichir tous les Québécois», a-t-elle prévenu.

La première ministre a également rappelé que son gouvernement reverra bientôt le régime des redevances minières en plus de réviser la Loi sur les mines.

Elle a toutefois laissé entendre que le gouvernement n'est plus intéressé à payer seul la construction d'infrastructures pour l'exploitation des mines en zones éloignées, qu'il s'agisse de routes, d'une voie ferrée ou de ligne hydroélectrique.

«Nous ne croyons pas que les Québécois doivent prendre seuls le risque d'investir dans ces infrastructures. Nous pensons donc que les entreprises minières doivent partager, participer à ces investissements. Et si c'est difficile pour elles de le faire, compte tenu de certaines circonstances, nous n'avons pas d'objections, au contraire, à prendre des participations dans des entreprises en contrepartie d'investissements que nous pourrions faire», a expliqué Mme Marois.

Son allocution a été chaleureusement applaudie par les quelque 600 personnes réunies par le groupe Les Affaires, à Montréal.
32 commentaires
  • Claude Laferrière - Inscrit 15 février 2013 15 h 21

    BRAVO!

    Bravo Madame Marois!

    Me Claude Laferrière, avocat

    • André Desgagnes - Inscrit 15 février 2013 16 h 11

      Mé ma parole c'est un copier coller du discours de Barack Obama cette semaine,en c'qui concerne l'électricité.

    • Marc Bégin - Inscrit 15 février 2013 16 h 45

      Comme ça fait au moins deux semainesqu'on avance cette idée au Québec,faut croire M.Desgagné que c'est Obama qui a repris l'idée.Ce qui ne lui enlève rien.

    • Simon White - Inscrit 15 février 2013 22 h 48

      Pas certain Madame Marois!

      M. Gilles Grenier, citoyen ordinaire

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 16 février 2013 08 h 19

      C'est exactement ce qui m'a passé par la tête :« Haye, Obama a volé les idées à Pauline !» Comme appuis, on peut pas faire mieux ! On le fais t'y asteure ?

    • André Bastien - Abonné 17 février 2013 12 h 12

      Et la recharge dans les condos et les logements locatifs?

      Les autos électriques sont et resteront une composante importante de "l'électrification des transports". Mais les autos électriques actuelles sont plus efficaces dans les villes et c'est dans les villes que les bornes de recharge sont le plus difficile à implanter.

      Alors, un obstacle important à l'électrification des transports est l'absence de bornes de recharge dans les condos et les logements locatifs. Dans une maison unifamiliale, il est relativement facile et peu coûteux d'installer une borne mais, dans un édifice multifamilial, c'est beaucoup plus complexe et coûteux.

      Il faudrait rendre obligatoire l'installation d'un minimum d'infrastructure de recharge dans les stationnements intérieurs et extérieurs des nouveaux édifices.

      Dans les stationnements intérieurs, on devrait prévoir une prise murale de 240 volts comme on le fait maintenant dans chaque appartement pour les sécheuses. Dans les stationnements extérieurs, il faudrait au moins passer des conduits souterrains dans lesquels on pourra plus tard passer les fils de recharge à peu de frais.

      Les nouveaux édifices dureront 100 ans, il est certain qu'ils devront abriter des autos électriques dans leur vie!

      La ville de Vancouver prévoit déjà une règlementation à cet égard depuis 2011.

  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 15 février 2013 15 h 23

    Applaudissements nourris

    Qu'il s'agisse de grappe, de programme ciblé ou de pôle, cela se traduit nécessairement par des subventions ciblées par projet. Seul le nom change. Pas surprenant que les gens d'affaires applaudissent à tout rompre. Ils concevront rapidement des "montages" de projets alléchants, avec les buzz-words appropriés.
    Et moi qui croyais que les tarifs d'électricité très compétitifs de notre vaisseau-amiral étaient suffisants pour générer du développement économique... N'avons-nous pas des surplus d'électricité?

    • Raymond Labelle - Abonné 15 février 2013 15 h 30

      Justement une bonne façon d'utiliser ce qui sont maintenant des surplus.

  • Michel Chevalier - Inscrit 15 février 2013 15 h 48

    Demandez à Régis

    Demandez à Régis Labeaume ce qu'il pense de l'électrification des autobus...

    L'écobus qui dessert le Vieux-Québec depuis quelques années, au demeurant une idée géniale, a connu plus que son lot de déboires, avec une longue suite de problèmes de surchauffe des batteries auxquels on n'a pas, à ma connaissance, encore trouvé de solution probante. Les accus au lithium-ion n'ont pas connu beaucoup plus de succès à bord des Boeing 787...

    J'espère que la recherche permettra "un jour" à Mme Marois de réaliser son rêve.

    En attendant ce jour, un projet réaliste peut être mis en branle immédiatement: pourquoi ne pas utiliser le surplus énergétique pour nous rapprocher de l'autonomie alimentaire, tout en créant de l'emploi et de l'activité économique en région? Nous avons là de quoi faire fonctionner des hectares de serres presque toute l'année. Les Québécois n'en n'ont-ils pas assez de consommer des légumes importés 9 mois par année? Combien de milliards sont expédiés aux États-Unis, année après année? La ministre Ouellet s'émouvait des 12 milliards annuels en importation de pétrole. Qu'en est-il de la nourriture?

    Si on fait de généreux cadeaux d'électricité à l'industrie de l'aluminium et aux entreprises minières, pourquoi ne peut-on pas faire de même avec les producteurs maraîchers? Étant donné que cette énergie est gaspillée de toute manière, autant l'utiliser intelligemment.

    Depuis que le gouvernement Bouchard a mis les agriculteurs, littéralement, "dans la merde", en voulant trop pousser sur la filière porcine maintenant moribonde, on parle trop peu des enjeux agricoles, si ce n'est pour apprendre aux producteurs que le marché sera bientôt innondé de fromages industriels européens. Qu'attend le gouvernement pour leur annoncer une bonne nouvelle?

    Je souligne que Mme Marois avait justement parlé de souveraineté alimentaire, lors de la dernière campagne électorale. Comme disent nos voisins: "How about putting your shoes where your mouth is?"

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 16 février 2013 08 h 26

      Dernière nouvelle ! Suite à la réaction de Régis, il ne sera plus dans les plans du gouvernement de mettre des autobus électriques dans les villes avec trop de côtes. Ça laisse... toutes les autres !

      Tant qu'a aider les producteurs d'aliments, c'est bon ça.

      Tant qu'à "How about putting your shoes where your mouth is?", moi j'aime mieux les mettre sur mes pieds ! Juste comme ça !

    • Daniel Bérubé - Abonné 18 février 2013 16 h 31

      Il est peut-être un peu normal que les autobus électriques de Québec connaissent quelques problèmes, même les automobiles à essence ne sont pas encore "parfaites", alors reconnaissons que si d'autres autobus électriques pour Québec étaient commandé, les problèmes actuels seraient corigés. Montréal avait aussi eu des problèmes d'autobus, avec celles à planchers bas... les problèmes ont sans doute été corrigés, ou ces autobus ont été enlevés de leurs fonctions, car ont en entend plus parler...
      Alors, attendons nous a avoir certains problèmes dans les premiers temps de changements semblables, mais dites-vous que ça fait partie de la game: on ne fait pas d'omelette sans casser des oeuf; et par la suite, nous pouvons profiter de ces nouvelles technologies et de faire d'une pierre plusieurs coups ! Car l'autobus électrique coûte beaucoup moins cher au niveau énergitique (ex: 8 hrs. de fonctionnement au diésel vs électrique : incomparable !. Coût d'entretien extrêmement moins élevés: plus aucun filtre, huiles = moteur, transmission, différentiel, freins, graissage (tous des produits venant ou dérivé du pétrole...), sans doute plus de freins (disques, sabots, plaquettes, drum) car le freinage se fera sans doute par inversion sur les moteurs (si moteur-roue).
      Et... n'oubliez pas que GM et... une compagnie connue de fabrication de pneus ont fait disparaître les tramways électrique dans les villes d'amérique du nord, pour les remplacer par les autobus diésel et à pneus... beaucoup plus rentable pour eux (GM et compagnie connue de pneus -- je ne suis pas assez sûr entre deux compagnies...

      Alors, pour moi, oui à l'électrique. Dommage simplement que le Québec devra sans doute "racheter" un droit d'utilisation du moteur qu'il a lui même inventé...

  • Michel Bédard - Inscrit 15 février 2013 16 h 00

    Voyons voir...

    Par n'importe quelle photo de Mme Marois, croquée par Nadeau. La première ministre a une vision, une illumination... Retour aux autobus et tramways sur rails avec fils électriques aériens ? Avec nos poteaux, fils électriques et de téléphonie, ça ne sera que plus beau à Montréal... Tant qu'à faire un gros chantier, enfouissons donc nos fils existants qui enlaidissent Montréal, une recommandation de la commission Nicolet sur l'hécatombe de la pluie verglassante (janvier 1988).

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 16 février 2013 08 h 29

      'Z'avez pas remarqué que le pouvoir électrique s'installe aussi en dedans des machines depuis quelque temps ? Des fois !

  • André Champagne - Abonné 15 février 2013 16 h 03

    Une solution très intéressante!

    En effet, les surplus d'électricité pourraient servir et ainsi diminuer notre dépendance au pétrole. C'est un projet qui mérite notre encouragement.