Québec solidaire et la CAQ s'allient contre la minicentrale de Val-Jalbert

Lors d'une étonnante apparition conjointe, vendredi à Montréal, le chef de la CAQ, François Legault, et le député Amir Khadir, de Québec solidaire (ici en compagnie de Pierre Leclerc, de Fondation Rivières), ont tous deux dénoncé avec vigueur ce projet qu'ils qualifient de subvention déguisée qui sera nuisible à la fois à l'environnement et à l'économie.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Lors d'une étonnante apparition conjointe, vendredi à Montréal, le chef de la CAQ, François Legault, et le député Amir Khadir, de Québec solidaire (ici en compagnie de Pierre Leclerc, de Fondation Rivières), ont tous deux dénoncé avec vigueur ce projet qu'ils qualifient de subvention déguisée qui sera nuisible à la fois à l'environnement et à l'économie.

Fait rarissime, la Coalition avenir Québec (CAQ) et Québec solidaire ont décidé de faire front commun afin de réclamer la mise au rancart du projet de minicentrale à Val-Jalbert, au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Lors d'une étonnante apparition conjointe, vendredi à Montréal, le chef de la CAQ, François Legault, et le député Amir Khadir, de Québec solidaire, ont tous deux dénoncé avec vigueur ce projet qu'ils qualifient de subvention déguisée qui sera nuisible à la fois à l'environnement et à l'économie.

François Legault a fait valoir que ce projet engendrera des pertes annuelles de 3 millions $ à 4 millions $ et, même s'il créera 140 emplois durant sa phase de construction, il n'en nécessitera qu'un seul lorsque la centrale sera en opération.

Le chef caquiste a rappelé que la notion de développement durable impliquait normalement un développement économique au bénéfice de tous dans le respect de l'environnement, ce qui nécessite habituellement un compromis entre les deux. Selon lui, Val-Jalbert ne répond à aucun de ces critères.

«Dans le cas de Val-Jalbert, l'arbitrage est facile: c'est un projet qui est mauvais pour l'environnement et mauvais économiquement», a dit M. Legault.

Amir Khadir a pour sa part souligné que les bénéfices que doit en tirer la localité seront obtenus à gros prix et que seuls quelques promoteurs en profiteront.

«Pour chaque dollar qui, au cours des 20 prochaines années, va constituer une retombée pour la population locale, il va y avoir trois dollars qui vont être empochés par les promoteurs privés qui vont gérer cette minicentale», a-t-il dit.

«Appelons un chat un chat, a renchéri François Legault. C'est une façon déguisée avec un projet non rentable d'aller donner une subvention à des autorités municipales ou des MRC qui en ont peut-être besoin, mais pourquoi aller faire un projet qui va faire perdre à l'ensemble des Québécois des dizaines de millions de dollars?»

Les deux politiciens ont insisté sur l'impact environnemental négatif du projet, notant qu'il implique l'assèchement de la rivière et de la chute durant sept mois par année.

Ils s'interrogent d'ailleurs sur les raisons qui ont mené la première ministre Pauline Marois à aller de l'avant avec ce projet tout en mettant un terme aux six autres projets de minicentrales. Selon eux, des projets beaucoup plus porteurs sur les plans économique et environnemental peuvent être offerts à la localité, qui ne tirera que 1 million $ de revenus annuels de la minicentrale.

Tant Amir Khadir que François Legault exigent maintenant, en plus de l'arrêt de ce projet, un examen approfondi de la gestion et des pratiques d'Hydro-Québec, estimant qu'après les déboires dans le dossier de Gentilly-2, les coûts des surplus énergétiques et la visite de l'Unité permanente anticorruption dans les bureaux de la société d'État, il est temps d'y regarder de plus près.

«Je suis surpris de voir la que la direction est toujours en place chez Hydro-Québec, a déclaré François Legault. Les mauvaises décisions s'accumulent. [...] Qu'attend le Parti québécois pour faire le ménage chez Hydro-Québec?»

La CAQ voudrait que le vérificateur général se penche sur la gestion d'Hydro-Québec, une demande déjà faite par Québec solidaire, qui exige également que la Commission Charbonneau soit saisie des activités de la société d'État.




11 commentaires
  • Gilbert Talbot - Abonné 15 février 2013 13 h 43

    Qui est derrière ce projet ?

    Il est de plus en plus évident que ce projet ne vise ni l'économie d'énergie - puisque cela créera encore plus de surplus à l'Hydro-Québec, ni la protection de l'environnement : même si on parle d'une centrale au fil de l'eau, ce projet s'attaque plutôt à la beauté majestueuse du paysage et surtout on détruit un site patrimonial essentiel dans l'évolution de l'industrie régionale et son impact sur un petit village, devenu fantôme, suite à la faillite de la compagnie de pulpe qui exploitait la forêt environnante.

    En fait ,les seules raisons qui demeurent c'est que le gouvernement Charest puis le gouvernemant Marois veut encourager la production d'électricité par le secteur privé, ce qui s'inscrit en droite ligne avec la privatisation du secteur énergétique, qui était, on s'en souviendra, le joyau de la Révolution tranquille, obtenu de haute lutte par René Lévesque
    au moment où il faisait partie de l'équipe du tonnerre de Jean Lesage.

    Un nom connu ressort derrière ce projet : Daniel Giguère, un ancien maire de Jonquière, aussi partie du projet des éoliennes de Charlevoix, avec EDF. À ma connaissance, Daniel Giguère est un ancien porte-parole d'Hydro-Québec. Le PQ aurait-il lui aussi des «tizamis» à protéger, au détriment de la santé économique et environnementale du Lac St-Jean et du Québec.

  • François Ricard - Inscrit 15 février 2013 13 h 53

    À l'absurde nul n'est tenu

    Investir dans ce barrage dont nous n'avons aucunement besoin est totalement absurde.
    De plus, pendant de nombreuses années, nous devrons acheter une énergie au gros prix, énergie dont nous n'avons pas besoin.
    Nous allons défigurer une de nos belles rivières juste pour un petit nombre de privilégiés.
    Si nous voulons aider Val-Jalbert, et en même temps toute la région, pourquoi ne pas investir une faible portion de l'argent en cause pour des structures touristiques?
    Le gouvernement doit reculer. Quand Mme Ouellet nous a dit qu'il était trop tard pour reculer, elle nous a un peu menti. L'approbation pour ce projet a été donnée par Mme Marois le 5 décembre dernier. Il est temps d'y mettre fin avant le commencement des travaux.
    Il est à souhaiter qu'il se trouvera des membres au sein de ce gouvernement et au sein de ce parti pour s'opposer à ce projet. Ou sont-ils, comme au PLQ, de simples béni-oui-oui?

    • Louise Lefebvre - Inscrite 15 février 2013 20 h 35

      Effectivement les rivières ne vont pas disparaître, si jamais les besoins d'énergie réapparaissent alors à ce moment, on pourra revenir vers ce type de développement.
      Pour l'instant on en a pas besoin et personne n'en veut; les américains préfèrent détruire leur sous-sol et leur environnement avec la fracturation hydraulique pour récupérer des bulles de gaz et ils fracturent tellement que le prix du gaz naturel a chuté...
      Développer un centre touristique de plein air sur ce site est sûrement plus intelligent!

  • Gilbert Talbot - Abonné 15 février 2013 14 h 10

    Erreur dans un commentaire précédent.

    Je dois corriger une erreur importante dans mon commentaire précédent. Après vérification auprès de la personne concernée, je dois confirmer que non Daniel Giguère n'est pas impliqué dans ce projet. Il est toutefois impliqué dans EDF Charlevoix. Nonobsant cette correction ,ma question concernant les tizamis demeure pertinente. Faut juste mieux connaître qui ils sont.

    Désolé !

  • Michel Chevalier - Inscrit 15 février 2013 15 h 16

    Rarissime!

    François Legault chantant à l'unisson avec docteur Khadir. Comme dirait Charles Tissère: "Stupéfiant!"

    Et que j'abonde dans le même sens que Legault - pour une fois- c'est encore plus étonnant!

    Saurons-nous, un jour, ce qui se trame derrière cette décision apparemment incongrue du PQ? Mme Marois et M. Charest auraient-ils des amis communs? Sinon, comment expliquer cette absurdité?

  • Patrick Papineau - Abonné 15 février 2013 16 h 02

    On n'en a pas besoin !

    Qui peut prendre la défense de ce projet dans un contexte de surplus énergétique, à part quelqu'un qui y a un intérêt économique direct ?. Le PQ prend tellement des décisions bizarres, des fois... Payez le prix politique maintenant !