Duchesneau propose que l’UPAC relève de l’Assemblée nationale

Québec — Pour éviter toute apparence d’ingérence, Jacques Duchesneau propose que l’UPAC relève de l’Assemblée nationale plutôt que du ministère de la Sécurité publique.


« J’ai raconté devant la commission Charbonneau [que j’avais] eu la nette impression, quand j’étais le dirigeant de l’Unité anticorruption, que finalement, on n’en voulait pas, de rapport, a lancé le député caquiste en point de presse jeudi. Puis, quand j’en ai donné un, on a tout fait pour tenter de l’éviter. C’est ça qu’on doit éviter. »


Reprenant une des idées maîtresses de son projet de loi 1 présenté en campagne électorale, la CAQ propose de regrouper sous un même chapeau l’Unité permanente anticorruption (UPAC), le Commissaire à l’intégrité et le Commissaire à l’éthique pour créer un nouveau poste de Commissaire à l’intégrité politique et administrative (CIPA), qui veillerait à une meilleure coordination des opérations de lutte contre la corruption et la collusion.


Le CIPA ne serait redevable qu’à l’Assemblée nationale, afin de garantir « une totale indépendance ».


Selon Jacques Duchesneau, il peut y avoir « apparence » d’ingérence. « Il y a un conflit d’intérêts qui peut se pointer », a-t-il ajouté, incapable néanmoins de donner des cas précis.


Ce nouveau Commissaire à l’intégrité politique et administrative pourrait également intervenir sur des dossiers en cours. « Actuellement, autant la police que l’UPAC, que la commission Charbonneau, [on] est toujours en train de regarder dans le rétroviseur. Ce qu‘on propose, c’est de regarder en avant. Il y a de grands chantiers qui s’en viennent. Prenez l’échangeur Turcot ; on parle de milliards de dollars. Est-ce qu’on doit attendre de se faire voler avant de pouvoir réagir ? »


L’ancien policier, qui a notamment enquêté sur les pratiques d’appel d’offres au ministère des Transports du Québec (MTQ), a par ailleurs avoué avoir « très hâte » que la commission Charbonneau entre dans le vif du sujet en abordant la question du financement des partis politiques à l’Assemblée nationale.


Au bureau du ministre de la Sécurité publique, on s’est contenté de répondre qu’il fallait prendre le temps d’examiner la proposition dans le détail avant de la commenter.

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