«La dernière grande concession de ce ministre carré rouge»

Le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation, Gerry Sklavounos
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation, Gerry Sklavounos

L’opposition libérale s’est insurgée contre l’idée de « syndicaliser le mouvement étudiant », tel que proposé par la clinique Juripop au ministre Duchesne pour encadrer la démocratie étudiante.

« Est-ce que le droit de grève sera la dernière grande concession de ce ministre carré rouge ? », a clamé, d’un ton accusateur, le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation, Gerry Sklavounos, lors de la période de questions.


« Aujourd’hui, nous apprenons que le ministre [de l’Enseignement supérieur] recevra une étude qui lui soumet trois scénarios allant de la clause de grève inscrite au contrat d’inscription jusqu’à la convention nationale étudiante, fulminait M. Sklavounos, se référant à un article du Devoir. Dans ce dernier scénario, le gouvernement serait pris à négocier une convention collective avec les associations étudiantes tous les cinq ans, exactement comme cela se fait avec les syndicats du secteur public. »


Affirmant qu’il ne se laisserait pas « endormir », le porte-parole de l’opposition officielle a exigé des explications du ministre Pierre Duchesne, qui n’avait pas encore pris connaissance de l’étude et qui s’est contenté de renvoyer la balle dans le camp adverse.


Selon lui, « la seule solution » mise en avant par l’ancien gouvernement a été de « judiciariser », de « multiplier les injonctions », de « faire intervenir les juges » et de « pelleter dans la cour des recteurs la solution aux problèmes ».


Gerry Sklavounos est revenu à la charge, fustigeant le gouvernement pour son ouverture aux modifications législatives en matière de démocratie étudiante.


« Le ministre permettrait à ceux qui veulent bloquer l’accès aux salles de classe de le faire légalement et en toute impunité. Pendant ce temps-là les classes seraient éclairées, chauffées ou climatisées, et les profs chargés de cours et autres employés seraient payés. Les Québécois assumeront la note, mais nos étudiants ne recevront pas d’enseignement. »

11 commentaires
  • Djosef Bouteu - Inscrit 14 février 2013 03 h 21

    Pourquoi cette codification est-elle nécessaire?

    Ce sont les libéraux qui ont imposé un virage pseudo-légaliste en essayant de nier le concept même de grève étudiante et en inventant le néologisme style novlangue orwellienne «boycot des cours», puis en incitant des individus mécontant des décisions démocratiques de leur assemblée à poursuivre devant les tribunaux pour placer leurs droits individuels au-dessus des droits collectifs et individuels de la majorité de leur AG.

    Cela donna lieu à un cafouillage juridique comme on a rarement vu, où le bord duquel le juge pencha dépendit largement du post-it à son dossier de candidature.

    À cause de la propagande libérale, il est désormais requis de codifier dans la loi ce qui faisait consensus jusqu'au printemps 2012.

    Ceux qui ont à tout prix tenté de déplacer un enjeu social et collectif en litige privé devant un tribunal ne veulent pas de cette codification légale qu'ils ont eux-même rendu nécessaire. Sans doute pour pouvoir encore éventuellement faire diversion en ignorant l'enjeu social pour recentrer le débat sur des expressions inventées comme «boycot des cours».

    • Gabriel Auclair - Inscrit 14 février 2013 08 h 29

      Ils n'ont pas inventé le néologisme «boycott des cours», ils l'ont traduit.

    • Franklin Bernard - Inscrit 14 février 2013 09 h 20

      Excellent.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 14 février 2013 06 h 54

    Yapeux

    C'est hier à propos des propos disgracieux de la p'tite madame que je disais que les libéraux étaient devenu irrationels (pour rester poli), en v'là un autre. Peu importe ce qu'il dit, il faut qu'il gueule. Un autre Yapeux. C'est quoi un yapeux, c'est une bibite qui fait yap yap yap ! Madame Marois les a nommé des «fléaux» en fin de semaine, à les regarder faire, elle ne s'est pas trompé.

    Vous rappelez-vous quand JJ accusait Pauline de mettre un peu trop d'enphase et d'émotion dans la lecture de ses questions écrites ? On assiste à quoi ici ? Yap yap yap.

  • Céline A. Massicotte - Inscrite 14 février 2013 07 h 37

    Un autre avantage...

    Toute médaille a deux côtés: on a repproché à ce mouvement que certaines des assemblées avaient été tenues avec un nombre très restreint de participants et n'étaient donc pas représentatives. J'espère qu'une mesure visant à rectifier cette situation fait partie de l'encadrement en question. Cela aurait peut-être aussi l'avantage de ralier un peu l'opposition, sinon ce ne sera qu'un autre ballon inutile qui se dégonflera rapidement.

  • Marc Blanchard - Inscrit 14 février 2013 08 h 53

    Sklavounos, député archi-libéral de Laurier-Dorion, a été ré-élu trois fois grâce à QS.

    • Bernard Gervais - Inscrit 14 février 2013 13 h 38

      Vous faites bien de le rappeler, même si QS n'a jamais voulu l'admettre !

  • Franklin Bernard - Inscrit 14 février 2013 09 h 19

    Prévisible de la part de ces réactionnaires

    Peut-on s'attendre à autre chose de la part de la troupe jadis dirigée par John James, le matraqueur, que de s'opposer à tout projet qui viserait à protéger les citoyens en général, et les étudiants en particulier, contre les comportements abusifs d'un gouvernement brutal et anti-social comme celui qu'ils ont formé pendant dix ans? Surtout si ce projet porte le nom de «syndicat»? Bachand doit s'en étrangler dans sa cravate.