Droits de scolarité - Pauline Marois ne voit pas de contradiction entre gel et indexation

Pauline Marois
Photo: Jacques Nadeau -Archives Le Devoir Pauline Marois

Drummondville — Les jeunes péquistes ont adouci une proposition réclamant le gel des droits de scolarité universitaires, dimanche, une ouverture qui permet à la première ministre Pauline Marois d'envisager plutôt l'indexation.

Le débat s'est prolongé sur le plancher du conseil national péquiste, où Mme Marois et une majorité de militants ont finalement voté en faveur d'un gel ou de toute autre option qui réduit l'endettement étudiant.
 
Dans un point de presse qui a suivi, Mme Marois a déclaré qu'elle ne voyait pas de contradiction entre gel et indexation au coût de la vie.
 
«Pour moi indexation égale gel, a-t-elle dit. Parce que indexation veut dire que, le coût de la vie augmentant d'une année à l'autre, si on gèle dans le sens de ne pas indexer, à ce moment-là on réduit les frais de scolarité.»
 
À deux semaines d'un sommet sur l'avenir des universités, Mme Marois a évoqué la possibilité de réduire autrement la facture des étudiants pour qu'elle demeure stable, notamment en réglant la question des frais afférents.
 
«N'oubliez pas qu'il y a d'autres composantes dans ce qu'on demande aux étudiants universitaires — aux étudiants des cégeps c'est un petit peu différent — et donc dans ces autres composantes, on pourrait trouver un équilibre qui permettrait d'atteindre les deux objectifs, réduire l'endettement et augmenter l'accessibilité», a-t-elle dit.
 
Proposition édulcorée

À l'ouverture du conseil national, le comité national des jeunes du Parti québécois a déposé un mémoire proposant «un gel complet» des droits de scolarité universitaires.
 
La proposition a été édulcorée durant la fin de semaine pour mettre l'accent sur la lutte à l'endettement, sans faire du gel une obligation.
 
La présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) Martine Desjardins a soutenu que Mme Marois joue sur les mots.
 
«On a l'impression que le PQ se détourne en fait des jeunes, la proposition de l'aile jeunesse était loin de l'interprétation qu'en fait la première ministre, a-t-elle dit. On dit que l'indexation est un gel alors qu'on sait très bien qu'une indexation c'est une augmentation.»
 
Marge de manœuvre

Le ministre de l'Enseignement supérieur Pierre Duchesne a estimé que la position votée par les militants lui laisse la marge de manœuvre nécessaire pour s'assoir à la table du sommet.
 
«Ça me permet surtout d'avoir la capacité de discuter pour voir quel type de réforme dans l'ensemble va nous permettre de limiter l'endettement étudiant et d'assurer que le financement se fasse de façon plus prévisible dans l'avenir», a-t-il dit.
 
Après le vote, le président du CNJ Frédéric St-Jean a affirmé qu'il garde l'espoir que la facture des étudiants diminue au terme du sommet.
 
Alors qu'il répondait aux questions des journalistes, M. St-Jean s'est bien gardé de dire s'il est opposé à l'indexation.
 
«Je ne peux pas vous dire ça présentement, la CNJ défend le gel, le gel complet, c'est la position qui est écrite dans le mémoire et c'est aussi la position qu'on a défendue sur le plancher aujourd'hui», a-t-il dit.
 
Souveraineté

Au cours de la fin de semaine, les militants ont adopté un plan de promotion de la souveraineté, qui vise notamment à fournir aux militants un argumentaire pour défendre leur option.
 
Dans son discours de clôture, Mme Marois s'est appliquée à mettre de l'avant les avantages économiques de la souveraineté.
 
Selon la première ministre, le Québec est désavantagé financièrement par Ottawa, qui favorise des investissements dans d'autres provinces, dont l'Ontario.
 
Mme Marois a affirmé que son gouvernement ne ménagera aucun effort pour faire valoir ses arguments.
 
«Je demande à chacun de nos ministres de parler de souveraineté et d'expliquer notre projet chaque fois que c'est possible», a-t-elle dit.
 
Mme Marois souhaite notamment convaincre les Québécois d'adhérer au projet souverainiste pour éliminer la bureaucratie. «La souveraineté, c'est payant, c'est emballant, c'est inspirant», a-t-elle dit.
 
Doublons administratifs

Mme Marois s'en est prise au fait que les juridictions fédérale et québécoise ont chacune un ministère de l'Environnement, de la Justice, de l'Agriculture, de l'Industrie et des Ressources naturelles.
 
Selon Mme Marois, éliminer ces «doublons administratifs» permettrait au Québec d'économiser davantage d'argent qu'il n'en reçoit d'Ottawa, notamment par la péréquation.
 
En avant-midi, un conseiller de Mme Marois, Stéphane Gobeil a expliqué aux militants qu'au net, le Québec reçoit 4 milliards $ en péréquation par année.
 
Son gouvernement doit encore dévoiler sa stratégie de gouvernance souverainiste, qui vise à obtenir plus de pouvoirs d'Ottawa.
 
Sa présentation avait été inscrite à l'horaire du conseil national, mais les organisateurs se sont ravisés, puisqu'il n'aurait pas franchi toutes les étapes d'approbation au sein de l'aile parlementaire.
 
Mme Marois a affirmé que cette stratégie sera présentée au cours «des semaines et les mois qui viennent».
 
Les militants ont aussi voté dimanche en faveur d'une proposition demandant à la ministre des Ressources naturelles Martine Ouellet d'exiger une renégociation de l'entente d'achat des surplus d'électricité de Rio Tinto par Hydro-Québec.
17 commentaires
  • Éric Alvarez - Inscrit 10 février 2013 16 h 32

    Bureaucratie ou démocratie?

    Ce n'est pas tant un commentaire qu'une question sur l'article...

    Il est cité que Mme Marois associe une diminution de la "démocratie" à la souveraineté. Soit elle voulait dire "bureaucratie" ou il y a eu une erreur de transcription?

    • Jérémie Bourdages-Duclot - Inscrit 10 février 2013 19 h 23

      Je me posais la même question ! J'ai l'impression qu'il y a bel et bien eu une erreur de frappe...Sinon, haha c'est un méchant lapsus !

    • Francis Lévesque - Inscrit 10 février 2013 21 h 44

      Moi aussi j'ai accroché, j'imagine qu'elle ne voulait pas parler de diminution de la démocratie par la souveraineté, sinon elle n'est pas une bonne porte-parole de la souveraineté.

    • Louka Paradis - Inscrit 10 février 2013 22 h 37

      Je fais la même lecture que vous : dans le contexte, il est évidemment question de «bureaucratie».
      Louka Paradis, Gatineau

  • Jean Lapointe - Abonné 10 février 2013 16 h 43

    Ce n'est pas faux

    «Pour moi indexation égale gel, a dit madame Marois. Parce que indexation veut dire que, le coût de la vie augmentant d'une année à l'autre, si on gèle dans le sens de ne pas indexer, à ce moment-là on réduit les frais de scolarité.»

    A bien y penser, il me semble que ce n'est pas faux.

    Si les droits sont gelés, cela veut dire qu'ils ne seront pas augmentés.

    Par contre, si le montant à payer lui-même est augmenté ce sera à cause de l' indexation c'est-à-dire du fait que les prix montent constamment, du fait que le coût de la vie augmente régulièrement.

    Si le montant à payer n'était pas augmenté à différents intervalles, cela voudrait dire que les droits de scolarité ne serait pas gelés mais qu'ils diminueraient parce qu'ils ne seraient pas indexés au coût de la vie.

    Ça se tient il me semble.

    • Francis Lévesque - Inscrit 10 février 2013 21 h 51

      Le gel reste une augmentation. Le gel (et la gratuité) est pour permettre une meilleure accessibilité aux études. Lorsque le coût de la vie augmente, tout augmente: épicerie, loyer, chauffage, électricité, etc. L'augmentation au coût de la vie reste une augmentation par rapport à ta capacité de payer. L'étudiant qui doit payer l'ensemble des augmentations avec sa petite augmentation de salaire ne verra pas dans cette indexation un gel.

    • Simon White - Inscrit 10 février 2013 22 h 05

      Vraiment Monsieur Lapointe?

      Répéter le tout les yeux fermés et concentrez-vous sur la signification de vos paroles ...

      Y croyez-vous toujours?

  • Stanislas Vézina - Inscrit 10 février 2013 17 h 21

    Et le carré rouge

    Mais quelle est la différence entre le carré rouge et l'indexation?

    • Patrick Papineau - Abonné 10 février 2013 18 h 51

      Le carré rouge était essentiellement lié au mouvement de contestation de la loi du Gouvernement précédent qui augmentait les frais unversitaires de 1625$ en 5 ans. L'indexation représenterait une augmentation nettement moindre.

      Je peux vivre en paix avec l'indexation mais la gratuité représente pour moi l'idéal démocratique. Un jour, peut-être, s'inspirera-t-on des pays européens qui l'appliquent...

  • Michel Lebel - Abonné 10 février 2013 18 h 00

    Un peu de clarté, de grâce!!

    Indexation et gel, la même chose! Il n'y a rien à comprendre! Seule Mme Marois s'y comprend! Avec pareille clarté, on peut s'attendre à tout un Sommet sur l'enseignement supérieur!

    • Gilles Théberge - Abonné 10 février 2013 21 h 35

      Serait-il juste de dire que parfois feindre de ne pas comprendre, peut signifier en réalité, que dans les faits on a parfaitement compris?

    • Louka Paradis - Inscrit 10 février 2013 22 h 43

      Comme le dit le proverbe, «il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.» Il suffit d'un peu de raisonnement et de logique pour comprendre. Toute personne qui a fait un tant soit peu de mathématique (en particulier, géométrie et algèbre) ou qui peut remplir sa déclaration d'impôt peut aisément analyser ce raisonnement. Les gens ne sont pas des simples d'esprit. Mais évidemment, comme le dit le proverbe, «il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.»
      Louka Paradis, Gatineau

  • Michel Fontaine - Abonné 10 février 2013 18 h 43

    Indextion n'égale pas gel

    Quelle malhonnêteté intellectuelle, Madame Marois, que de prétendre que ces 2 mots ont le même sens; il ne faut pas de longues études en économie pour le saisir. L'indexation maintiendrait le sous-financement de nos universités alors que le gel l'accroîtrait d'année en année.
    La meilleure solution pour l'avenir est une hausse substantielle des frais de scolarité, étalée sur quelques années s'il le faut, assortie d'une indexation annuelle pour ne pas revivre le même problème plus tard. Et, afin de garantir l'accessibilité pour les étudiants à faible revenu, servons-nous, quitte à le bonifier, du régime de prêts-bourse.
    Cependant une telle solution demande du courage politique ....