Conseil national du PQ: Marois veut mettre le cap sur la souveraineté

Avec le plan d'action 2013 pour la souveraineté, le parti de Pauline Marois compte produire de nouveaux argumentaires, notamment sur l'identité et la question économique pour donner des outils aux organisations sur le terrain qui les transmettront à leur tour à la base militante du parti.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Avec le plan d'action 2013 pour la souveraineté, le parti de Pauline Marois compte produire de nouveaux argumentaires, notamment sur l'identité et la question économique pour donner des outils aux organisations sur le terrain qui les transmettront à leur tour à la base militante du parti.

Drummondville — Pauline Marois tente de galvaniser ses troupes réunies pour le Conseil national en ramenant à l'avant-scène la question de la souveraineté, liant toutes les actions de son gouvernement à cet ultime objectif.

«À chaque geste que nous posons, nous avons toujours cette même idée en tête, a lancé Pauline Marois devant les 400 délégués réunis à Drummondville, samedi matin. Tout notre travail vise à ce que le Québec retrouve la confiance, la fierté et l'ambition; trois ingrédients nécessaires pour que notre peuple ait envie d'aller au bout de lui-même et de devenir un pays.»

Pour convaincre les Québécois de suivre le Parti québécois dans son désir de faire du Québec un pays, elle croit qu'il faut, dans un premier temps, «que nous ayons confiance en nos moyens et en nos institutions», rappelant au passage les projets de loi que le gouvernement a entrepris pour ce faire.

«Malheureusement, les libéraux font de l'obstruction sur cette question […] Je dis ceci aux élus libéraux: vous avez bloqué assez longtemps la commission d'enquête, maintenant laissez-nous faire le ménage!»

La solidarité, la prospérité et l'identité sont d'autres piliers des actions du gouvernement péquiste qui, selon la première ministre, sous-tendent à la réalisation de la souveraineté.

Elle a abordé très brièvement le thème de l'éducation, qui avait été largement discuté la veille, réitérant son invitation à trouver des «compromis» pour que l'on puisse passer à une autre étape plus radieuse après le sommet. «Oui, les débats sont vifs, mais les gens se parlent, les étudiants sont en classe et j'ai confiance pour la suite des choses.»

Laïcité

Mais c'est sur la question de la laïcité qu'elle a causé le plus d'émoi parmi les délégués qui se sont spontanément levés pour l'applaudir chaudement. «Nous ne laisserons pas les professeurs, les directeurs d'école et les cuisiniers de cafétéria s'organiser avec d'épineuses questions d'accommodements religieux[...] Nous allons trancher une bonne fois pour toutes. Les valeurs des Québécois devront être respectées.»

Elle n'a pas manqué les occasions d'attaquer le Parti libéral, s'en prenant notamment aux candidats de la course à la chefferie.«On dirait un concours pour savoir lequel des trois [candidats] est prêt à avaler le plus de couleuvres fédérales». Elle les a même attaqués sur l'économie, les accusant d'être «un fléau» sur le plan financier, faisant référence à la décision du précédent gouvernement de garder Gentilly-2 malgré les avis d'Hydro-Québec qui démontraient que ce n'était pas rentable.

Quant à la CAQ de l'ancien péquiste François Legault, c'est un parti qui «essaie de faire passer l'ambiguïté pour une position constitutionnelle».

Plan d'action

Le fameux plan d'action sur la souveraineté du Parti québécois, annoncé en grande pompe par le gouvernement Marois il y a quelques semaines, a été voté à l'unanimité en après-midi samedi par les présidents des circonscriptions. Et bien que le président de l'exécutif, Raymond Archambault, assure que le plan ait suscité un réel enthousiasme auprès des délégués, ce qui a été présenté en point de presse est plutôt mince. «Le plan d'action 2013 pour la souveraineté, ça veut dire que toutes les actions du Parti québécois – et non pas du gouvernement – vont être orientées sur la promotion de la souveraineté.»

Avec ce plan, le Parti québécois compte produire de nouveaux argumentaires notamment sur l'identité et la question économique pour donner des outils aux organisations sur le terrain qui les transmettront à leur tour à la base militante du parti. Il sera financé à l'intérieur même des budgets déjà existants du parti, à l'exception de la campagne de publicité qui nécessitera de nouveaux budgets pour le lancement à la fin de l'année.

À la question des journalistes sur la pertinence de lancer une telle offensive en ce moment, Raymond Archambault répond l'inverse de ce qui est généralement véhiculé par le parti. «Nous avons l'intention de nous servir de la souveraineté pour convaincre les Québécois d'abord de voter pour nous aux prochaines élections et puis d'aller plus loin après les prochaines élections.»

Et bien qu'un sondage Léger Marketing – Le Devoir-The Gazette démontre que la souveraineté ne suscite pas d'intérêt dans la population en ce moment, stagnant à 37%, le président de l'exécutif du parti affirme avec un brin d'humour: «je dirais que ce sondage a été fait avant la présentation du plan de la promotion de la souveraineté.»

Changement de programme

Le parti a alimenté les spéculations samedi matin en procédant en douce à des changements au programme de la journée. 

Le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes et à la gouvernance souverainiste devait faire une allocution en après-midi suivant le dévoilement du plan de souveraineté du Parti québécois. Mais ce discours a été remplacé par une présentation de Diane de Courcy et de Jean-François Lisée. Il semble que les stratèges péquistes aient voulu éviter de créer la confusion en jumelant une campagne de publicité sur la souveraineté payée par le Parti québécois et un plan d'action gouvernemental.

Quelques centaines de manifestants ont profité de l'occasion pour réclamer un plus grand financement des groupes communautaires en santé du Québec. Plusieurs familles étaient au rendez-vous dans une ambiance festive avec clowns, musique et chapeaux de fête. Des membres du gouvernement, dont le ministre de la Santé, Réjean Hébert, et la ministre déléguée aux services sociaux, Véronique Hivon, sont sortis quelques minutes pour rencontrer les manifestants et entendre leurs doléances.

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