Sondage Léger Marketing-Le Devoir-The Gazette - Le gouvernement Marois «s’installe confortablement»

Le fait que 83 % des péquistes se disent satisfaits du gouvernement Marois est un « indicateur positif » pour le leadership de Pauline Marois, estime l’analyste et vice-président de la recherche de Léger Christian Bourque.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le fait que 83 % des péquistes se disent satisfaits du gouvernement Marois est un « indicateur positif » pour le leadership de Pauline Marois, estime l’analyste et vice-président de la recherche de Léger Christian Bourque.

Québec — Avec un taux de satisfaction supérieur aux intentions de vote, le gouvernement Marois « s’installe confortablement » aux commandes du Québec, observe Christian Bourque de Léger à la lumière du dernier sondage Léger Marketing-Le Devoir-The Gazette.

Et si les questions de souveraineté et de langue ne suscitent pas beaucoup d’intérêt dans la population, le gouvernement Marois peut se targuer d’être au diapason avec les Québécois sur les dossiers de l’énergie et de la laïcité.

« [Les péquistes] qui vont être en Conseil national ce week-end peuvent se dire que, malgré des conditions qui ne sont pas favorables, ça va relativement bien », résume l’analyste et vice-président de la recherche de Léger Christian Bourque.


Le taux de satisfaction de 36 % envers le gouvernement Marois peut paraître bien bas, concède Christian Bourque, mais c’est « trompeur » dans un système tripartite où il est de mise de déclencher des élections avec un taux de 40 % qui donne accès à la majorité. À titre comparatif, le gouvernement Charest oscillait, ces dernières années, entre 20 et 23 % de satisfaction.


Selon lui, le fait que 83 % des péquistes se disent satisfaits du gouvernement Marois est un « indicateur positif » pour le leadership de Pauline Marois, qui pourrait ainsi « aller chercher un vote péquiste similaire, voire supérieur, si on déclenchait des élections demain matin ».


Mais il met néanmoins en garde le gouvernement de se précipiter pour aller chercher une majorité. « Il n’y a pas indication claire pour le Parti québécois de se saborder lui-même comme gouvernement minoritaire, mais pour les partis d’opposition, qui vont voir ces résultats, je ne vois rien là-dedans qui leur indiquerait de se presser. »


En ce qui a trait aux intentions de vote, le Parti québécois de Pauline Marois est toujours premier avec l’appui de 33 % de la population. Il est talonné de près par le Parti libéral (31 %), alors que la CAQ (20 %) poursuit sa descente en dents de scie.

 

Pétrole et gaz de schiste


Les positions du gouvernement Marois en matière de développement énergétique obtiennent « un appui très large » dans la population québécoise, observe Christian Bourque.


Ce sont près des deux tiers de la population qui sont favorables à l’exploitation pétrolière. Dans l’est du Québec, cet appui grimpe à 76 %.


Ce sont les répondants d’allégeances libérale et caquiste qui sont les plus prompts à favoriser l’exploitation pétrolière, se disant, dans les deux cas, favorables à 74 %. L’appui reste très élevé chez les péquistes (63 %) et Option nationale (55 %). Seul Québec solidaire se positionne majoritairement contre, mais dans une proportion très serrée (49 % contre -44 % pour).


C’est tout l’inverse lorsqu’il est question de gaz de schiste. À peine 25 % des répondants se disent pour l’exploitation. Le gouvernement a donc visé juste, selon Christian Bourque, en décrétant un moratoire et en remettant l’étude du dossier entre les mains du BAPE.

 

Laïcité et villes bilingues


Sur la question de la laïcité, la vaste majorité des Québécois (81 %) estime que l’égalité des sexes doit primer la liberté de religion, une affirmation qui est supportée par 84 % des francophones et 70 % des anglophones et allophones.


Cette primauté du droit à l’égalité des sexes devra être « l’ancrage d’une politique ou d’une charte de la laïcité » sur laquelle les Québécois sont partagés mais ouverts. « Dans la population francophone surtout, on a un préjugé favorable à la Charte de la laïcité parce qu’on souhaite avant tout que notre espace soit laïque. Mais c’est un concept que les Québécois souhaitent mieux connaître et comprendre. »


La division selon la langue maternelle se fait réellement sentir sur la question des villes bilingues. De façon globale, plus de la moitié (54 %) des Québécois se sont prononcés contre l’idée de retirer le statut de ville bilingue aux municipalités dont moins de la moitié des citoyens ont comme langue maternelle l’anglais.


Du côté des francophones, on est divisé, avec 45 % des répondants qui se disent contre, 37 % pour et 18 % qui refusent de se prononcer. Mais du côté des répondants dont la langue maternelle n’est pas le français, le refus est catégorique avec un positionnement contre à 80 %.

 

Vote à 16 ans


Adoptée au Conseil national du PQ de 2012 et relancée par la première ministre Pauline Marois lors de son voyage en Angleterre, l’idée d’abaisser l’âge du vote à 16 ans semble déplaire aux Québécois, tous partis confondus.


Quatre Québécois sur cinq se disent défavorables à l’idée de faire voter les jeunes. C’est parmi les partisans du Parti libéral (93 %) et de la Coalition avenir Québec (91 %) que l’on est le plus farouchement opposé à cette mesure. Mais même à gauche, on est réfractaire à l’idée. Les partisans de Québec solidaire sont contre à 72 %, ceux du Parti québécois à 65 %, et ceux d’Option nationale, qui mise pourtant beaucoup sur la jeunesse, se prononcent contre à 53 %.


Enfin, sur la question de la souveraineté, c’est le statu quo, avec un appui à 37 %, ce qui est dans la fourchette inférieure des résultats observés ces dernières années.


« Cela semble indiquer que les Québécois souhaitent avant tout un bon gouvernement avant de parler de la question de souveraineté et d’un certain nombre d’autres enjeux », conclut Christian Bourque.


Le sondage Léger Marketing -Le Devoir -The Gazette a été réalisé par Internet auprès de 1024 personnes âgées de 18 ans et plus, réparties dans toutes les régions du Québec, les 5 et 6 février. La marge d’erreur est de plus ou moins 3,1 %, et ce, dans 19 cas sur 20.

44 commentaires
  • Normand Carrier - Abonné 9 février 2013 06 h 47

    Un gouvernement majoritaire du PQ ...

    Avec un résultat de vote de 43% de francophones qui voteraient pour le parti de madame Marois contre 23% pour le PLQ et 23% pour la CAQ , il faut prévoir une nette majorité de sièges au PQ dans les environs de 75 députés si une élection était déclenchée maintenant ....
    Le PLQ conserve sa grande majorité d'électeurs chez les anglophones et allophones alors que la CAQ perd son attrait dans son chateau fort de la région de Québec qui montre une chute surprenante pour ce parti qui a dominé cette région les dernières années ......

    • Jean Goulet - Abonné 9 février 2013 10 h 57

      Vous n'avez pas lu les mêmes résultats que moi de ce sondate. Recommencez lentement s.v.p.
      Gilles Goulet

    • Mathieu Bouchard - Abonné 9 février 2013 12 h 44

      En utilisant la feuille de calcul de Bryan Breguet (mise à jour après la dernière élection), on trouve plutôt un PQ majoritaire à 63 sièges, suivi de PLQ 51 sièges, CAQ 8 sièges, QS 2 sièges, ON 1 siège.

      Les sondages sousestiment souvent le PLQ et surestiment souvent le PVQ, alors mettons que je donne tous les votes du PVQ au PLQ, je trouve (avec la même feuille de calcul) que le PQ rentre minoritaire à 60 sièges, suivi de PLQ 55, CAQ 7, QS 2, ON 1, et alors les partis souverainistes sont majoritaires de justesse avec 63 sièges.

      La grosse différence avec la dernière élection, c'est que la CAQ a généralement beaucoup baissé, ce qui la ferait perdre dans beaucoup de cas de lutte à trois où elle a gagné récemment.

      Les anciennes formules d'estimés de nombre de sièges selon le vote francophone, elles marchent beaucoup moins de nos jours, parce que beaucoup de circonscriptions francophones le sont moins qu'avant, en partie à cause que plusieurs circonscriptions nonfrancophones le sont moins qu'avant.

    • Normand Carrier - Abonné 9 février 2013 15 h 23

      Si le PQ aurait eu cette différence chez les francophones a la dernière élection , on aurait pas a spéculer aujourd'hui car ils seraient majoritaires car la CAQ aurait perdu plus de la moitié des comtés et le PLQ aurait perdu Mégantic , Trois-Rivières , Orford , Asbestos et j'en oubli .... Comme Bryan Bréguet s'est largement fourvoyé , il faudra attendre a la prochaine élection si son modèle mathématique fonctionne mieux .....

  • Gilles Théberge - Abonné 9 février 2013 08 h 05

    Mieux vaut attendre

    Pour introduire les projets de loi substantiels en rapport avec l'identité, mieux vaut attendre une majorité, parce que c'est certain que dans les conditions acrtuelles l'opposition fera de la démagogie là-dessus.

  • Daniel Theriault - Inscrit 9 février 2013 08 h 06

    Québec solidaire

    43 % de ceux qui appuient québec solidaire sont contre la souveraineté. Mhmmmm...

    • Normand Carrier - Abonné 9 février 2013 11 h 39

      Cela donne une idée des priorités de QS ! Toute voile a gauche et vive les dogmes ......

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 9 février 2013 08 h 24

    Entre-temps, bravo !

    « Il (PQ avec 33 % d’appui) est talonné de près par le Parti libéral (31 %), alors que la CAQ (20 %) poursuit sa descente en dents de scie. » (Jessica Nadeau, Le Devoir)

    De ce Sondage, il est de notoriété publique de saluer la Gouvernance du PQ-Marois qui, devant ou derrière des défis-enjeux de société (Laïcité, Scolarité … .) inusités, assume un leadership dit responsable et intègre !

    Cependant, de ce leadership, plusieurs dossiers demeurent comme épineux à développer, notamment ceux de la Présentation du budget, de l’Enseignement-Recherche (frais de scolarité, ponction, restructuration … .), des Ressources communautaires (hausse de financement, équité salariale … .), de la Santé et Services sociaux (technologie médicale, liste d’attente, hébergement de longue durée … .), et de la Lutte à la pauvreté !

    Des dossiers susceptibles d’améliorer ou non tout autant le sort du Québec que celui du sondage !

    Entre-temps, bravo ! - 9 fév 2013 -

  • Simon White - Inscrit 9 février 2013 08 h 47

    Madame Marois devra faire beaucoup mieux ...

    Seulement 33% contre 31% pour les Libéraux ... Un parti politique sans chef dans le moment ...

    Je serais bien inquiet si j'étais Premier Ministre ...

    N'est-ce pas un peu comme jouer au hockey contre une équipe sans "coach", non?

    • Paolo Mitriou - Inscrit 9 février 2013 13 h 18

      Les Canadiens de Montréal n'ont pas gagné la Coupe Stanley depuis belle lurette et ne la gagneront pas de sitôt et pourtant ils avaient et ont encore de bons "coachs". Le prochain coach libéral ne me fait pas peur. Aucun des trois candidats n'a le charisme nécessaire pour assurer une victoire. Philippe est beaucoup trop cérébral pour envouter les québécois. Raymond est endormant et endormi. Quand à Pierre Moreau il est au mieux une très pâle copie de Jean Charest. Et puis je n'ai jamais vu un coach marquer un but.

    • Bernard Moffett - Inscrit 9 février 2013 14 h 54

      Sans chef le score du parti libéral ne change pratiquement pas. Surprenant. C'est à se demander combien de postes devraient être laissés vacants pour que le score de ce parti ne baisse que de 1%.

      Restons en politique mais changeons de continent. Que dire qu'en 2010 et 2011 la Belgique aura été 541 jours sans gouvernement et que le tricolore Belge a toujours flotté et flotte toujours sur Bruxelles? La Belgique n'aurait-elle pas dûe être davantage touchée par la crise européenne, plus que la Grèce, le Portugal et l'Espagne, ces pays ayant pourtant tous été dûment, eux, gouvernés sans discontinuité? Par extension, allez donc savoir si le truc des Belges n'aiderait pas à conserver plus facilement l'intégrité de certains programme, comme celui de l'assurance-emploi par exemple?

      C'est à se demander si parfois certaines équipes ne devraient pas à l'occasion jouer sans 'coach'. Juste pour voir.