Le gouvernement Marois a créé une direction identité et laïcité

Le ministre responsable des institutions démocratiques et de la participation citoyenne, Bernard Drainville, a reçu le mandat de la première ministre Pauline Marois d’élaborer une proposition relative à la laïcité et à la neutralité religieuse de l’État.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Le ministre responsable des institutions démocratiques et de la participation citoyenne, Bernard Drainville, a reçu le mandat de la première ministre Pauline Marois d’élaborer une proposition relative à la laïcité et à la neutralité religieuse de l’État.

Québec — Dès la prise de pouvoir, le gouvernement Marois a créé une direction en matière d’identité et de laïcité au sein du Secrétariat aux institutions démocratiques et à la participation citoyenne dont est responsable Bernard Drainville.

Le ministre a reçu le mandat de la première ministre Pauline Marois d’élaborer une proposition relative à la laïcité et à la neutralité religieuse de l’État, proposition qui doit être présentée d’ici le début de l’été et qui fera l’objet d’une consultation avant qu’elle ne se transforme en projet de loi. La direction en matière d’identité et de laïcité préparera les documents qui serviront à cette consultation.


Cette nouvelle direction est dotée d’un budget annuel de 850 000 $, a indiqué Bernard Drainville lors de l’étude des crédits de son secrétariat vendredi. Elle compte cinq personnes et c’est Jacques Gosselin, un sous-ministre qui dirigeait le Secrétariat à la politique linguistique au ministère de la Culture et des Communications, qui en a la responsabilité.


Le gouvernement Marois défend la laïcité « stricte », à l’instar du Parti québécois dont c’est la position officielle, a confirmé la première ministre la semaine dernière. Mais Bernard Drainville préfère ne pas utiliser l’expression. « Je ne veux pas rentrer dans cette catégorisation intellectuelle parce que je trouve que ç’a tendance à diviser. Il y a des chapelles dans ce débat-là. Moi, je pense qu’il est temps d’être un petit peu oecuménique, dans le sens qu’il faut trouver ce qui nous unit et ce qui nous rassemble », a-t-il affirmé au terme de l’étude des crédits.

 

Tolérance et ouverture


Chose certaine, le gouvernement Marois et l’opposition libérale ne sont pas sur la même longueur d’ondes à ce sujet. Le député libéral de Fabre, Gilles Ouimet, a défendu le projet de loi 94 qui est mort au feuilleton et qui tentait d’encadrer les demandes d’accommodement dans l’administration publique. Pour le critique libéral, « le terrain a été suffisamment déblayé » et la consultation envisagée par le gouvernement est « inutile ». Selon lui, « la tolérance et l’ouverture » ne font pas partie du discours du gouvernement péquiste. Bernard Drainville a qualifié cette accusation de « gratuite », tout en soutenant que les libéraux, dès qu’il était question d’identité, étaient « mal à l’aise ».


En revanche, la Coalition avenir Québec est favorable à une Charte de la laïcité. Elle souhaite notamment que « le patrimoine historique catholique » soit préservé, a rappelé la députée de Montarville, Nathalie Roy.


Le ministre s’est gardé de fournir des précisions sur le projet de laïcité à venir, sinon pour dire qu’il entend proposer des règles concrètes et claires, doublées d’une affirmation des valeurs québécoises dont, au premier plan, l’égalité entre les hommes et les femmes. Il estime qu’une vaste majorité de Québécois sont d’accord avec la neutralité religieuse des services publics, y compris bon nombre de néo-Québécois qui ont fui l’intolérance religieuse.

6 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 9 février 2013 07 h 02

    le patrimoine historique catholique

    Bon ok ! Là, faut remettre les horloges à l'heure. À part de se faire baptiser, marier et enterrer, les occupants de ce territoire ont fait autre chose. Ils ont ouvert le continent, de l'est à l'ouest et du nord au sud jusqu'au Mexique avec l'aide des premiers peuples. Il serait temps qu'on sorte d'en dessous des jupes des curés et se rendre compte qu'on occupait notre temps les autres jours de la semaine plus que le dimanche.

    Le vrais patrimoine historique se développe devant nos yeux dans tous nos paysages. Ces terres ouvertes à la culture qui étaient des forêts, ces villes que l'on a planté, ces cours d'eau que l'on a remonté; partout où l'on regarde on voit ce que nos ancêtres ont fait. C'est pas les curés qui ont fait ça, c'est les habitants !

    L'histoire de notre peuple ne commence pas en 1964 avec la révolution tranquille, elle commence en 1534 !

    Vous voulez savoir qui vous êtes ? Faites des recherches sur votre famille et regardez l'occupation de vos pères et mères jusqu'au début et vous trouverez que vous êtes des descendants de héros qui n'ont rien à voir avec la religion !

    Mon frère l'a fait et a découvert des travailleurs de la construction qui ont bâti nos villes, des cultivateurs qui ont fait reculer les forêts, des bûcherons qui ont dansé sur des billots dans le courant, des coureurs de bois qui ont trappé avec leurs frères indiens, des femmes enceinte qui ont remonté des rivières en canot pour ouvrir du territoire avec leur homme.

    Fiez-vous pas aux historiens, ils ne racontent que l'histoire des Français et des Anglais. La vrai histoire s'est faite dans le bois avec une hache par du monde qui n'avait rien à faire des autorités. Vos ancêtres étaient des acharnés de liberté, l'œil toujours vers l'horizon. Et tous ceux qui ne vous racontent pas cette histoire cherchent à vous dénigrer pour mieux vous contrôler.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 9 février 2013 07 h 04

    le patrimoine historique catholique suite

    Tous ceux qui vous présentent vos ancêtres comme des pauvres gens ne connaissent pas la valeur du courage devant l'impossible, de la grandeur d'âme de nos aïeux, de leur joie de vivre à fond de train et de leur dédain de toute limite ! Vous marcherez la tête un peu plus haute sur la rue. Et vous saurez que vous n'êtes pas autre chose qu'un grand peuple créé de vos propres mains ! Et que ces curés n'étaient que tolérés comme ces poils à nos mentons qu'on doit trimer tous les printemps. C'est pas eux qui nous ont fait, c'est nous qui nous sommes fait malgré eux !

    • Yvon Giasson - Abonné 9 février 2013 10 h 53

      Je ne demanderais pas mieux que de vous croire monsieur Lefebvre à l'effet que les religieux ont fait plus de mal que de bien au Québec. Toutefois, pour m'en convaincre, auriez-vous un ouvrage sérieux à me suggérer?
      J'étais plutôt sur l'impression qu'au delà du bourrage de crâne sur la religion qu'ils nous ont imposée, on leur devait d'avoir éduqué et soigné nos parents et arrière grand-parents durant plusieurs décennies.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 10 février 2013 03 h 01

      M.Giasson, des ouvrages sérieux ou pas sur ce sujet n'existent pas. Ceux qui parlent de nos religieux sont évidemment axés sur leur point de vue et leurs réussites, ce qui est normal, mais le sujet de mon truc n'est pas là. Je ne veux pas nécessairement leur enlever leurs bonnes oeuvres, je ne parle que d'autre chose. Des choses de la semaine du monde ordinaire qui sont loin d'être ordinaire.

      Ceux qui parlent de l'histoire de la nouvelle France parlent exactement de ça : la France et son ennemis l'Angleterre. Et ceux qui vont plus loin, tombent directement aux treize colonies des États-unis; des fois avec leur problème avec les royalistes qui devinrent les autres canadians. Pour nous... Des fois ceux qui nous racontent parle de quelques rameurs, en entre ligne, accompagnant les grands découvreurs dont tout le monde a entendu le nom; il faut lire très attentivement. Sauf que, souvent, ceux-ci servent de «guide» et là est le détail important. Ces Canayens qui servent de guide sont obligatoirement déjà allé où ils emmènent le petit nouveau touriste; personne n'engage un guide qui ne sais pas où il va ! En plus, la plupart du temps, ceux-ci sont des «voyageurs», nom donné aux trappeurs de fourrures ou coureurs de bois, c'est selon. Autre détail succulent, ces explorateurs rencontrent toujours sur leur chemin des hommes blancs déjà sur place. Trouvez pas ça curieux que ces grands découvreurs arrivent deuxième sur place ?

      Pour faire une histoire courte, si vous voulez lire quelque chose sur les Canayens, le premier se nomme Étienne Brûlé. Vous trouverez toutes sortes de choses à son sujet sur le web et de là vous n'avez qu'à suivre les noms. Ils vous feront voyager à la grandeur du continent. Les américains parlent souvent de nous parce qu'ils s'y sont frottés à leur grand désespoir. Bonne recherche.

  • Sylvain Auclair - Abonné 9 février 2013 11 h 10

    Attention aux mots

    Que le PQ n'aille surtout pas dire qu'il est pour la laïcité «stricte» ou, pire encore, «fermée» (par opposition à la laïcité ouverte de Bouchard et Taylor). Qu'on parle simplement de laïcité tout court et qu'on laisse ses opposants essayer de se définir.
    Strict, fermé etc sont des mots négatifs.

    Quant à la CAQ, qu'elle se calme: personne ne pense à dynamiter les églises. Et ceux qui, comme moi, veulent le retrait du crucifix du Salon bleu ne veulent pas le jeter aux ordures, mais le faire exposer quelque part.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 10 février 2013 03 h 13

      M.Auclair, je constate que vous êtes un modéré, ce que j'apprécie. Alors, je vais vous demander ceci : Vue qu'un symbole est porteur d'unité, un lien de rassemblement, ex. notre drapeau; que mettriez-vous derrière le grand siège pour décorer ce large pan de mur pour faire un peu moins tout nu ?

      Je n'ai rien contre le crucifix et rien pour non plus, je ne pose que la question.
      Merci à l'avance.