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Chefferie du PLQ - Ressources naturelles : oui à plus d’exploitations… et de consultations

Pierre Moreau a notamment affirmé souhaiter revoir le monopole de l'UPA lors du cinquième débat de la course à la succession de Jean Charest.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Pierre Moreau a notamment affirmé souhaiter revoir le monopole de l'UPA lors du cinquième débat de la course à la succession de Jean Charest.

Les trois aspirants-chefs du Parti libéral ont reconnu les agissements précipités de l’industrie dans l’exploitation des ressources naturelles, en particulier des gaz de schiste. « Je pense que le gaz de schiste, c’est qu’on en connaissait très peu, les industriels ont “bulldozé” et les études auraient peut-être pu être commandées au départ », a admis Raymond Bachand, lors d’un point de presse suivant le cinquième et dernier débat de la course à la chefferie, qui portait sur le développement économique.

Cela n’a pas empêché les trois candidats d’ouvrir la porte à exploiter davantage les ressources naturelles, mais en faisant plus de place à la consultation citoyenne et au développement durable. « Le pendule revient dans la direction du développement durable, sans idéologie », a soutenu M. Bachand.


Il ne croit pas à l’unanimité sur la question de l’exploitation et dénonce les « opposants-idéologues ». « Quand vous avez du pétrole, du gaz naturel et du gaz de schiste, qu’en est-il du terrain et de l’endroit où on doit le faire ? Les idéologues disent non. Moi, je dis qu’on a mis des experts, qu’on va faire un rapport. […] si pour 80 % du territoire ça va “maganer” la nappe phréatique, je n’en veux pas, mais si c’est 20 % et que c’est acceptable je dis, allons-y, développons. L’opposant dit non, c’est zéro. »


M. Moreau prétend que les régions seraient plus ouvertes à l’exploitation du sous-sol québécois s’ils en comprenaient mieux les enjeux. « Lorsqu’on fait confiance aux gens des régions et qu’on leur dit “vous allez vous enrichir” […], les gens des régions sont capables de se prendre en main. »


« Personne ne veut un puits de gaz de schiste dans sa cour », a convenu pour sa part Philippe Couillard, en soulignant que l’adoption projet de loi 14 aurait laissé plus de place à la consultation.


Revoir la fermeture de Gentilly


Le Québec, qui a besoin d’énergie, doit exploiter lui-même ses propres ressources, ont-ils d’ailleurs tous laissé entendre. « On consomme de grandes quantités de gaz que l’on achète de l’étranger. Pourquoi aller acheter ailleurs des ressources alors que nous en possédons ? », a dit Pierre Moreau. « Dès que les pancartes se lèvent, on a l’impression que ça fait arrêter la société. »


Quand on lui a demandé s’il aurait fermé Gentilly, à la lumière des informations aujourd’hui connues, M. Bachand a laissé entendre qu’il « réexaminerait » la décision.


Quant à M. Moreau, il a parlé de « serrer la vis » à Hydro-Québec pour qu’elle dise publiquement de quelle façon elle établit ses projections. « Dans le dossier [de la centrale thermique] Suroît, le p.-d.g. d’Hydro-Québec avait dit qu’on allait manquer d’électricité, mais les réservoirs se sont refaits à l’automne suivant. »


Fin du monopole de l’UPA ?


Habitué à sortir du lot par ses formules plus incisives, Pierre Moreau n’a pas hésité à dire qu’il fallait revoir le monopole de l’UPA, qui n’est plus adapté à la production d’aujourd’hui. « On est le seul endroit au monde où on a un syndicat pour représenter l’ensemble de l’agriculture, c’est un modèle qui date de 40 ans », a dit le candidat qui a grandi dans une ferme laitière. « Avant, on avait des fermes de production laitière et céréalière et de la production porcine, on a beaucoup plus que ça maintenant au Québec. »


Plus prudent, son collègue Couillard lui a néanmoins emboîté le pas en disant que « le moment est venu d’en discuter ». Seul Raymond Bachand a semblé ne pas remettre en question le monopole de l’UPA.


Contrairement aux autres affrontements qui ont été ponctués d’attaques, le débat de Rimouski sur le développement économique a été très consensuel. L’intervention des libéraux pour protéger le quincaillier Rona d’une offre hostile d’achat par l’américain Lowe’s, pourtant évoquée dans les autres débats également, a provoqué l’échange le plus musclé entre M. Couillard et M. Bachand, lui qui semble en avoir contre son adversaire, qui s’est prononcé contre le geste interventionniste effectué par le Parti libéral.


Comme lors des autres débats, l’aspirant-chef Pierre Moreau s’est encore une fois plus imposé, sans jamais trop s’engager. Pour se différencier, il a beaucoup misé sur le fait qu’il allait rallier les jeunes et amener des idées nouvelles. Philippe Couillard a fait le pari d’être la personne la plus rassembleuse et a insisté sur sa réforme fiscale. Quant à Raymond Bachand, il a mis davantage l’accent sur son expérience.

 

Maintenant que les débats entre les trois candidats à la direction du PLQ sont terminés, l’étape de l’élection des 3000 délégués débute ce lundi. Dans chacune des 125 circonscriptions, 12 hommes et 12 femmes devront être désignés, et le tiers d’entre eux devront être âgés de moins de 26 ans. Le vote se poursuivra jusqu’au 10 mars. Le successeur de Jean Charest à la tête du PLQ sera connu le 17 mars, dans le cadre d’un congrès au leadership à Montréal.

5 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 4 février 2013 09 h 52

    Développement durable

    J'aimerais bien qu'on m'explique comment un puits de pétrole qui ne dure que quelques dizaines d'années peut bien constituer un développement durable?

    • Michel Richard - Inscrit 4 février 2013 13 h 05

      Vous suggérez qu'on mette la clef dans tout le secteur minier ? C'est bien beau penser "long terme" mais il faut aussi s'occuper du court et du moyen terme. Et faire quelque chose qui durera "quelques dizaines d'années" me semble que ce n'est pas méchant.

  • Robert Henri - Inscrit 4 février 2013 11 h 20

    Consultations

    Plus de consultation, oui mais quand les partis au pouvoir ne tiennent plus compte de l'opinion des citoyens sous prétexte qu'il les a consulté comme il en a consulté d'autres ? Je propose des référendums décisionnels pour permettre la réalisation de grands projets.

  • Danielle - Inscrit 4 février 2013 14 h 35

    Les manipulateurs sont parmi nous!


    Dites la vérité! Je suis absolument certaine que vous ne voudriez pas d'un puits de gaz de schiste et beaucoup d'autres autour de vous! Vous êtes prêts à nous les imposer en tentant de manipuler l'opinion publique, en tentant de leur faire croire que la lutte est idéologique. Il ne s'agit pas d'idéologie, il s'agit de protection de nos santés et territoires et c'est pour cette raison qu'on défend nos terres becs et ongles!

  • Jocelyn Boily - Inscrit 5 février 2013 16 h 59

    Du réchauffé

    5 Février 2013

    Du réchauffé

    Depuis le début de la course à la chefferie du Parti libéral du Québec (PLQ) le 22 octobre dernier il n'y a pas eu de débats de fond entre les trois prétendants qui ne proposent rien de nouveau. C’est plutôt l’inverse car les trois candidats ont endossé et renchérit sur les décisions prises par le gouvernement libéral défaits aux dernières élections.

    En effet après neuf années de règne de Jean Charest, le PLQ est à la recherche d'un chef qui lui permettrait de reconquérir les Québécois avec de nouvelles idées et une vision d’avenir. On constate cependant que c’est de la continuité et du réchauffé.

    De ce fait comment se comporterait l’ancien ministre des finances Raymond Bachand comme premier ministre lorsque sous son règne la dette est passée de 133 à 191 milliards de $. Que fera l’ex ministre de la santé Philippe Couillard comme premier ministre lui qui n’a pas réglé les problèmes en santé et a choisit d’aller travailler au privé.

    Quand au plus jeune candidat Pierre Moreau il fait du surf sur du réchauffé libéral et endosse fortement la hausse des droits de scolarité.