Assurance-emploi: Stephen Harper entend maintenir le cap

Malgré les critiques acerbes de Pauline Marois, le premier ministre Stephen Harper maintient la ligne dure avec sa réforme du programme de l'assurance-emploi.

Vendredi, lors d'un bref point de presse, en marge d'une annonce d'investissement dans une infrastructure à la traverse de Lévis, M. Harper a réaffirmé que l'assurance-emploi était «une compétence clairement fédérale selon la Constitution canadienne».

Pour sa part la première ministre Pauline Marois s'est montrée guère rassurée, à la suite de son entretien avec Stephen Harper.

En point de presse, à l'issue de la rencontre, Mme Marois a dit que M. Harper avait tenté de la convaincre que ses appréhensions n'étaient pas fondées et que la réforme adoptée à Ottawa ne pénaliserait pas les travailleurs saisonniers québécois, comme elle le prétend.

Mme Marois a dit qu'elle demeurait malgré tout très sceptique, convaincue, au contraire, que ces changements allaient faire en sorte que de nombreux travailleurs ne pourront plus se qualifier à l'assurance-emploi.

Malgré les demandes de la première ministre québécoise, M. Harper est demeuré ferme sur ses positions, écartant tout assouplissement à sa réforme.

La rencontre entre les deux premiers ministres, la première en sol québécois, a permis d'aborder d'autres sujets d'intérêt commun, comme l'accord de libre-échange Canada-Union européenne et la concertation fédérale-provinciale souhaitée dans le dossier de la construction du nouveau pont Champlain à Montréal.

Quelques heures avant sa rencontre avec M. Harper vendredi, la première ministre Pauline Marois avait jugé que la réforme adoptée récemment par Ottawa pénalisait particulièrement le Québec, dont l'économie repose en bonne partie sur les emplois saisonniers, notamment dans les domaines du tourisme, de la foresterie et de la pêche.

Mme Marois voulait intercéder auprès de M. Harper pour l'amener à assouplir ses positions, de manière à tenir compte de l'impact des changements apportés sur les milliers de travailleurs saisonniers qui risquent ainsi de ne plus pouvoir se qualifier pour l'assurance-emploi.

La réforme entrée en vigueur en janvier a pour effet, notamment, d'élargir le territoire de recherche d'emploi imposé aux chômeurs, un irritant majeur aux yeux des travailleurs saisonniers qui multiplient les manifestations depuis l'adoption de la réforme.

Dans ce dossier, le gouvernement du Québec craint qu'Ottawa ne lui refile la facture, étant donné que de nombreux travailleurs saisonniers ne pouvant plus se qualifier à l'assurance-emploi risquent de frapper à la porte du programme d'aide sociale, qui lui est du ressort de Québec.





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