L’assurance-emploi à l’ordre du jour de la rencontre Harper-Marois

Alexandre Cloutier
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Alexandre Cloutier

Estérel — La réforme de l’assurance-emploi sera au coeur des discussions entre Stephen Harper et Pauline Marois lors de leur première rencontre formelle, ce vendredi à Lévis.


C’est ce qu’a indiqué jeudi le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes et à la Gouvernance souverainiste, Alexandre Cloutier, en marge du caucus présessionnel des députés du Parti québécois. Selon lui, la réforme de l’assurance-emploi est « un incontournable » lors de cette rencontre puisque « ses impacts sont importants ». Quarante pour cent des travailleurs affectés - des travailleurs saisonniers - se retrouvent au Québec.


Le gouvernement Marois a demandé à Ottawa de lui fournir l’information sur les conséquences pour le Québec de cette réforme comprise dans le projet de loi « mammouth » adopté en décembre. « Ce n’est pas pour rien qu’on leur demande le nombre de travailleurs touchés, les industries qui sont touchées, le nombre de personnes qui vont se ramasser sur l’aide sociale, parce que plus on avance dans le dossier, plus il semble bien qu’Ottawa n’a même pas mesuré l’impact pour le Québec. En tout cas, on refuse de nous répondre », a déploré Alexandre Cloutier.


« Les travailleurs commencent à subir les conséquences » de la réforme, a-t-il signalé. La réforme aura des effets néfastes sur l’économie du Québec en général, sur celle des régions en particulier et pourrait entraîner le déplacement des populations, a fait valoir le ministre.


Le gouvernement Marois se fait l’écho d’une « mobilisation qui s’organise un peu partout à travers le Québec », que ce soit aux îles de la Madeleine, en Gaspésie, sur la Côte-Nord ou au Saguenay-Lac-Saint-Jean, a fait observer Alexandre Cloutier.


D’autres enjeux pourraient être abordés, comme la cession par le gouvernement fédéral de responsabilités en matière de culture et le transfert en bloc des sommes investies par Ottawa dans les infrastructures municipales. Alexandre Cloutier a eu un entretien à Davos avec le ministre fédéral de l’Industrie et ministre responsable du Québec, Christian Paradis. « Il m’a invité à lui faire des demandes concrètes », a dit le ministre québécois.


Pauline Marois a chargé Alexandre Cloutier de lui préparer un plan de gouvernance souverainiste qui porte sur le respect des compétences du Québec et les pouvoirs que le Québec pourrait réclamer. Ce plan est attendu ce printemps, mais le ministre s’est contenté de dire qu’il sera présenté « le moment venu ».


De son côté, le président du Conseil du trésor, Stéphane Bédard estime qu’un gouvernement souverainiste doit se poser en exemple de la rigueur budgétaire. « Ayons de la rigueur budgétaire. On croit à ça au Parti québécois. Pour des gens qui veulent faire un pays, c’est important de montrer aux Québécois qu’on est capables de se prendre en main. On n’a pas besoin des autres. Entre nous, on est capables de faire le travail. Je pense que c’est la moindre des choses, comme souverainistes, d’être un exemple », a-t-il dit.

 

Points de presse distincts


Par ailleurs, la rencontre entre Stephen Harper et Pauline Marois sera précédée d’une annonce conjointe. Mais lorsque viendra le temps de répondre aux questions des journalistes, les chemins des deux dirigeants se sépareront. Selon l’entourage de Mme Marois, l’équipe des communications de M. Harper a voulu obtenir une liste de quatre journalistes qui auraient été désignés à l’avance pour questionner le premier ministre, comme il est coutume de le faire du côté d’Ottawa. Or, comme les pratiques journalistiques sont fort différentes d’une colline parlementaire à l’autre, il a été décidé que les deux dirigeants tiendraient chacun leur point de presse à l’issue de leur déclaration commune.


Le premier ministre Harper entamera sa journée de vendredi avec le maire de Québec, Régis Labeaume, qui le recevra au palais de glace de Bonhomme Carnaval, sur les plaines d’Abraham.


 

Avec La Presse canadienne

***

Le NPD viole les lois québécoises, selon le PQ

Le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Gouvernance souverainiste, Alexandre Cloutier, juge que le projet de loi sur la clarté présenté par le Nouveau Parti démocratique viole les lois québécoises. « On est plutôt surpris qu’il ne respecte pas la Loi sur les consultations populaires ou la Loi sur les droits fondamentaux, a déclaré Alexandre Cloutier. Le NPD s’aventure sur un terrain glissant. Le Québec, par le passé, s’est doté de tous les outils pour décider seul de son avenir démocratique. Et il y a un consensus à Québec et à l’Assemblée nationale à l’effet que nous avons tous les pouvoirs de décider nous-mêmes de la question référendaire et de la majorité requise. » Le projet de loi néodémocrate prévoit que la majorité requise à un référendum sur la souveraineté sera de 50 % + 1, mais la question référendaire devra être approuvée par le gouvernement fédéral qui jugera si elle est claire ou non.