Chefferie du PLQ : la course manque d’envergure, estime Jean David

Le trois candidats, Raymond Bachand, Pierre Moreau et Philippe Couillard (de gauche à droite) lors du débat anglophone de la course à la chefferie du PLQ
Photo: La Presse canadienne (photo) Graham Hughes Le trois candidats, Raymond Bachand, Pierre Moreau et Philippe Couillard (de gauche à droite) lors du débat anglophone de la course à la chefferie du PLQ

« Je pense que les trois [candidats] auraient intérêt à, disons, avoir plus d’envergure », a récemment soutenu Jean David en entrevue au Devoir, ajoutant qu’on « pourrait aller plus loin dans les débats et être un peu plus coriace », précisant que ça valait tant pour le fond que pour la forme.


« Il faut qu’on sente plus les différences et que les candidats démontrent qu’ils veulent vraiment gagner, parce qu’on n’a pas l’impression qu’ils veulent vraiment gagner. » Il affirme que les aspirants-chefs « font du surf », n’osant pas brusquer les membres au point où, ultimement, « il ne se passe rien ».


N’ayant pas réussi à obtenir les 500 signatures nécessaires pour officialiser sa candidature, Jean David joue aujourd’hui au gérant d’estrade. « Si j’étais à la place de Raymond Bachand, je frapperais fort, je me fâcherais : montre-nous que tu es capable d’être un vrai chef ! Pierre Moreau, c’est la même chose. Et Philippe Couillard, si tu veux être le premier ministre, mon gars, allez, un peu plus d’envergure ! Montrez-nous que vous avez la passion ! »


Est-ce que Raymond Bachand a entendu les appels de Jean David lorsqu’il a attaqué Philippe Couillard sur ses liens avec Arthur Porter samedi dernier ? « Je pense que ça fait longtemps qu’il sait qu’il faut qu’il le fasse, a soutenu Jean David à l’issue de la rencontre. Et le fait que ce soit dans un contexte anglophone, ça a du sens aussi, les gens connaissent mieux l’histoire [de Porter et du CUSM] ici, alors peut-être que ça a joué. »


Les récentes attaques de Raymond Bachand contre Philippe Couillard ont fait dire à celui-ci, en entrevue à La Presse canadienne, qu’il était victime d’une « campagne de dénigrement ». Mardi, l’actuel chef du parti, Jean-Marc Fournier, s’est même senti obligé de ramener ses collègues à l’ordre. « Tout le monde sait - les candidats et les membres - que ce qui est le plus porteur, c’est les visions d’avenir, et je suis pas mal convaincu que l’orientation que va prendre la campagne jusqu’au vote du 17 mars sera sur les visions d’avenir. »


Mais Jean David, qui avait quitté le parti il y a dix ans en qualifiant Jean Charest de « coquille vide », n’est pas d’accord avec cette vision d’harmonie supposément réclamée par les militants. « Ce sont de vieilles histoires, ça », lance-t-il avant d’inciter les candidats à se fâcher un peu plus pour montrer qu’ils « ont ce qu’il faut pour faire le travail ».

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