Maltais s’engage à revoir l’aide aux personnes seules

« On a un devoir, on a une responsabilité. C’est de ne pas les laisser dans le dénuement », a livré Agnès Maltais au Devoir. « Est-ce qu’il faut repenser notre solidarité ? C’est la question qui est véritablement posée par cette étude. » Comme ministre, elle a dit prendre la responsabilité d’y apporter une réponse.


Créé en 2005, le Centre d’étude sur la pauvreté et l’exclusion (CEPE), présidé par Alain Noël, professeur au Département de sciences politiques de l’Université de Montréal, vient de rendre public l’état de situation 2012 portant sur la pauvreté, les inégalités et l’exclusion sociale au Québec.


Ainsi, on constate que le taux de faible revenu, selon la mesure du panier de consommation, est passé de 11,6 % à 9,4 % de 2000 à 2010. Ces sont les familles monoparentales qui ont connu la baisse la plus marquée de leur taux de faible revenu : il a chuté du tiers pour s’établir à 23 %. Le pourcentage des personnes de moins de 18 ans dans la pauvreté a aussi fortement diminué, passant de 13,7 % en 2000 à 7,5 % dix ans plus tard.


Or, la proportion de personnes seules de moins de 65 ans qui se retrouvent sous le seuil de la pauvreté a grimpé de 28,5 % à 31,4 % de 2002 à 2010, a souligné Alain Noël.

 

Politique familiale


L’universitaire a signalé que c’est la politique familiale implantée à compter des années 90 au Québec qui explique la baisse marquée du nombre de familles avec enfants, monoparentales ou non, qui vivent avec un faible revenu. Ce n’est pas un phénomène propre au Québec puisque d’autres pays de l’OCDE, constatant que beaucoup d’enfants vivaient dans la pauvreté, ont adopté des politiques de soutien des familles. À cet égard, le Québec a connu une « évolution remarquable », mais il partait cependant de plus loin que le reste du Canada.


« Beaucoup de femmes au Québec ont quitté l’aide sociale », a souligné Alain Noël. Le taux de faible revenu chez les femmes a diminué de près du tiers pour atteindre 9 %. Elles ont même aujourd’hui supplanté les hommes, dont le taux de faible revenu est passé de 10,5 % à 9,7 % en dix ans.

 

Disparités régionales


On observe d’importantes différences entre les régions : le taux de faible revenu à Montréal est plus du double de celui de la région de Québec. C’est en Chaudière-Appalaches que le taux est le plus bas.


À l’échelle canadienne, le Québec est au quatrième rang des provinces pour le plus bas taux de faible revenu, devançant légèrement l’Ontario. L’Alberta compte le moins de personnes sous le seuil de la pauvreté.


Parmi les régions métropolitaines, Québec est au deuxième rang des grandes villes pour son faible taux de pauvreté, coiffée par Regina. Montréal est à égalité avec Toronto, deux régions métropolitaines qui font mieux que Vancouver et London, qui sont à la traîne.


Sur le plan international, le Québec est au milieu du peloton des pays développés. Il ratera l’objectif, fixé en 2002, de se situer, d’ici mars 2013, parmi les nations où on compte le moins de pauvres.

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